Presse des 6 & 7 décembre 2015

Mots clés : Arabie / Syrie – France / Syrie – Sommet du C.C.E.A.G. – Arabie / Conseil de la Choura – Arabie / Forum économique – Europe – Arabie / Intérieur / Société – Islam / Occident.

Titres Généraux :

Al Hayat : * 15 factions de combattants participeront à la conférence de Riyad.

AL Riyadh : * L’Arabie convie toutes les factions de l’opposition syrienne à une réunion demain à Riyad.

Al Jazirah : * Le Roi présidera le sommet du C.C.G. qui débute mercredi.

Sharq Al Awsat : * Aden en état d’ébullition après l’assassinat de son gouverneur. L’Arabie condamne et confirme la poursuite du soutien à la coalition légitime.

I - INFORMATIONS PRIORITAIRES

* Arabie saoudite / Syrie : La presse du 6 relaie les déclarations d’opposants syriens qui indiquent que la conférence élargie à laquelle participera plus d’une centaine de personnalités politiques et militaires, prévue mercredi et jeudi à Riyad, a pour but de « former une délégation de négociations unifiée et une vision commune », sans pour autant que cela ne signifie la constitution d’un nouveau corps politique, se substituant à la coalition.

Entre-temps, le MAEDI français, M. Laurent Fabius, a emboîté le pas à son homologue américain en déclarant que le départ de Bachar n’est plus une condition prérequise pour former un pacte de l’opposition et du régime pour combattre Daech.

* France / Syrie : Dans Al-Charq Al-Awsat du 6 décembre, Michel Bounajem considère que « l’interprétation » des propos du ministre signifie l’acceptation du maintien d’Assad tout au long de la période de transition, assortie de promesses russes et peut-être iraniennes, garantissant son départ du pouvoir « à un moment ou à un autre », moment que nul n’est susceptible aujourd’hui de fixer.

Il est évident que Paris, qui imposait un « calendrier précis » pour le départ d’Assad, a fait marche arrière s’agissant des délais, en raison de quatre éléments que détaille une source diplomatique européenne à Paris, de la façon qui suit : 1/ la France cherche à accélérer le rapprochement avec Moscou qui refuse, pour l’heure, tout propos public au sujet du départ d’Assad, dont le sort est tributaire de la décision des Syriens, lors des élections prévues, selon la feuille de route adoptée à Vienne, 18 mois plus tard ; 2/ la France a écouté les appels et les « pressions » de l’opposition française qui prône un rapprochement avec le régime syrien et considère que les précédentes politiques françaises ont conduit le gouvernement dans une impasse ; 3/ la France doit consacrer ses efforts à la lutte contre le terrorisme sur la scène interne, ce qui implique une coopération entre les services concernés à Paris et à Damas et par conséquent une ouverture vers le régime syrien ; 4/ enfin, la « cohérence » des changements dans les positions américaines et occidentales vis-à-vis du régime syrien, d’autant que les Occidentaux se contentent désormais d’un départ « ultérieur » d’Assad et affichent une certaine « souplesse » quant au calendrier de départ.

D’éminents analystes à Paris considèrent que les efforts de Paris risquent d’être voués à l’échec dans deux démarches qu’elle essaie d’entreprendre : 1/ mettre en place une coalition large ou unifiée incluant les deux actuelles coalitions rivales, l’une menée par les Etats-Unis avec une soixantaine d’Etats et l’autre conduite par la Russie incluant l’Iran, l’Irak, le régime syrien ; 2/ Paris souhaite également que les forces de l’opposition et du régime opèrent ensemble dans la lutte contre Daech. Or, les premières estiment que quatre années de guerres violentes et d’exactions barbares ne peuvent être oubliées aisément.

La meilleure preuve de l’échec de démarches de la sorte est incontestablement l’expérience américaine qui n’a pas réussi à enrôler et à former des milliers d’opposants à qui elle a imposé de lutter contre Daech uniquement et non contre le régime. Or, il est ostensible qu’il est difficile de dissocier Assad et son régime des forces armées. Le ministre Fabius a conscience de ces difficultés et c’est ainsi que se pose le problème axial, à savoir les prérogatives du gouvernement de transition et le rôle politique et militaire d’Assad. Tout cela fera l’objet de négociations à New York le 18 décembre prochain à l’occasion de la réunion convoquée par le Secrétaire général des Nations unies dans une ville américaine plutôt qu’à Vienne. Ban Ki-Moon souhaite lancer des négociations politiques entre l’opposition et le régime et parvenir à un cessez-le-feu global sur tout le territoire syrien, alors que Moscou et Washington tentent de promouvoir deux projets de résolution pour étouffer Daech financièrement.

* Selon Al-Hayat du 6 décembre, trois ministères saoudiens mettent actuellement les dernières touches à des mécanismes qui permettront aux Syriens arrivant dans le pays avec des visas de « visites » d’obtenir des permis de travail. Or, normalement, les règlements interdisent le travail avec de tels visas, mais l’Arabie a décrété des dérogations au profit de cinq nationalités (dont des Syriens), compte tenu de la situation politique particulière dans leur pays.

* La presse relaie les déclarations d’un responsable du MAE saoudien qui indique que « compte tenu du soutien du Royaume au règlement politique de la crise syrienne, et conformément au communiqué publié lors de la conférence de Vienne 2 du groupe international de soutien à la Syrie, stipulant la mobilisation de la plus vaste frange de l’opposition syrienne en vue d’unifier ses rangs, de choisir ses représentants aux négociations, de définir ses positions aux négociations du processus de transition conformément au communiqué de Genève 1 de 2010, et en réponse à la majorité des membres du groupe Vienne 2, l’Arabie accueillera la conférence de l’opposition syrienne. Elle a adressé des invitations à toutes les composantes de l’opposition syrienne modérée, dans toutes ses catégories, tendances, et représentations ethniques, religieuses et politiques, en Syrie et à l’étranger, à participer à une réunion élargie de l’opposition syrienne à Riyad du 8 au 10 décembre 2015.

L’Arabie, ajoute la source, garantira toutes les facilités nécessaires afin que l’opposition puisse mener ses négociations de façon indépendante et parvienne à adopter une position unifiée, conformément aux principes convenus dans le communiqué de Genève 1.

Les représentants des divers blocs politiques commencent à arriver à Riyad en vue de la conférence, à laquelle n’assisteront pas officiellement les représentants des Etats amis de la Syrie, mais dont un certain nombre se trouvera dans les coulisses de la salle de réunion.

L’un des facteurs importants de la conférence de Riyad est incontestablement la participation de factions islamistes et de l’ASL, à l’exception de DAech et d’Al-Nosra.

* Al-Jazirah publie la tribune de Dr Mohamed Abdallah Al-Owein, qui fustige les déclarations du vice-ministre iranien, Abdul Lahyan, relatives à la conférence de l’opposition syrienne à Riyad, jugeant que cette conférence fera échouer celle de Vienne. Or, il semble que ce vice-ministre ignore les résolutions adoptées à Vienne au sujet de l’organisation d’une telle conférence au cours des six prochains mois. Il devient impératif et urgent de résoudre la crise syrienne qui menace de s’étendre à toute la région.

L’auteur critique violemment Abdul Lahyan et rappelle toutes ses récentes déclarations virulentes, notamment sur l’Irak.

« Ce rustre perse espère probablement que l’Iran sera un partenaire de la conférence de Riyad. Or Téhéran ne pourra en aucun cas bénéficier d’un tel honneur. Qu’ont à faire les Perses en terres arabes ? Pour quelles raisons l’Iran s’ingère-t-elle à 2000 kilomètres de distance au Liban, en Syrie et au Yémen ? La guerre libanaise s’est achevée par l’accord de Taef, la crise d’Afghanistan par la conférence de la Mecque. Nous sommes confiants que la réunion de Riyad sera le début d’une ère de paix pour la Syrie. Riyad demeurera l’espoir de chaque arabe et de chaque musulman ».

II - AUTRES INFORMATIONS

* Sommet du C.C.E.A.G.  : Le Roi présidera le 36ème sommet du C.C.G. qui débute mercredi prochain et qui se tient dans des circonstances exceptionnelles et complexes. Les ministres des Affaires étrangères tiendront leur 137ème réunion pour préparer le sommet et établir l’ordre du jour qui comprend de nombreux dossiers importants, sécuritaires, économiques, politiques et militaires, ainsi que le Yémen, la Syrie, les ingérences iraniennes et la cause palestinienne.

* Arabie saoudite / Conseil de la Choura : La presse du 6 annonce que le Roi Salman prononcera son discours annuel devant le Conseil de la Choura, le mercredi 23 décembre. Il ouvrira à cette occasion la quatrième année de la 6ème législature du conseil. Il abordera dans son discours les politiques étrangère et intérieure de l’Etat et adressera un message important aux membres et aux citoyens.

* Arabie saoudite / Forum économique : Le Roi parrainera demain l’ouverture de la 7ème édition du forum économique de Riyad au Centre international des conférences. D’importants économistes, responsables gouvernementaux et hommes et femmes d’affaires y participeront.

* Europe  : Al-Riyadh intitule son éditorial : « L’Europe, des politiques confuses ». Au cours de cette année, la Grande-Bretagne a entrepris deux démarches importantes dans le cadre des bouleversements internationaux dans le Golfe arabe et dans la région. Au lendemain de la signature de l’accord nucléaire avec l’Iran, elle a rouvert son ambassade à Téhéran. Elle a également commencé à bâtir une base militaire permanente à Bahreïn qui lui permettra, avec ses alliés, de renforcer la sécurité dans le Golfe, à croire que celle-ci est la sécurité de la Grande-Bretagne.

Par ailleurs, les services secrets allemands ont critiqué le rôle saoudien dans la région, mais le gouvernement s’est démarqué desdits services en affirmant que leurs déclarations ne reflètent pas sa position.

Ces prises de position européennes contradictoires induisent une floraison d’interprétations entre les pays du Golfe et les Etats européens, eu égard à ces politiques paradoxales. Comment comprendre les propos du ministre britannique de Grande-Bretagne qui qualifie l’Iran de pays voyou soutenant le terrorisme et qui se rend le mois d’après à l’ouverture de l’ambassade de son pays à Téhéran ? Il en va de même pour l’Allemagne, dont les services de renseignements occultent l’élément déstabilisateur de la région.

Certes, la tempête de la fermeté a surpris plus d’un Etat dont les services n’avaient absolument pas prévu la formation d’une alliance militaire arabe conduite par l’Arabie afin de rétablir la légitimité au Yémen et écarter le danger régional du renversement soutenu par l’Iran. Toutefois, il faut que ces évènements soient lus comme un indice pour les services allemands et les autres, qui devraient rechercher les mobiles de la démarche saoudienne. Il s’agissait de l’ultime solution. L’Arabie est un Etat pacifiste qui encourage les solutions politiques plutôt que militaires. Comment expliquer sinon l’étonnement européen provoqué par la tempête de la fermeté ?

* Arabie saoudite / Société / Intérieur : Selon Al-Hayat du 6 décembre, de hautes autorités ont demandé au ministère de l’Intérieur de confirmer à tous les services gouvernementaux qu’il faut qu’ils s’abstiennent d’interdire les activités qui ont été officiellement autorisées, conformément aux règlements et aux instructions.
Cette demande intervient suite à l’interdiction des massages et des hammams dans les instituts de beauté féminins et dans les hôtels.

Il faut rappeler que dans son édition du 3 janvier 2015, Al-Hayat avait déjà fait état de demandes présentées par des femmes d’affaires aux gouvernorats des régions de renoncer à la décision d’interdire les centres de massages et les clubs de sports féminins.

Les femmes d’affaires saoudiennes ont exprimé leur colère face à ces décisions, alors que les municipalités avaient autorisées l’ouverture de ces centres auparavant, puis ont décidé de les fermer. Or, de telles décisions induisent des pertes considérables et contraindront les centres à offrir leurs services à domicile pour couvrir les frais de leurs employées.

* Islam / Occident : AL-Jazirah publie la tribune de Dr Abdul Wahad Al-Homaid, intitulée : « Le drame des Musulmans en Occident ». Le journaliste brosse un tableau de la crise que vivent désormais les Musulmans en Europe et aux Etats-Unis, où ils sont pointés du doigt, évités comme la peste partout. Chaque Musulman est considéré comme un terroriste potentiel, d’autant que les auteurs des récents attentats (perpétrés en France et aux Etats-Unis), semblaient, aux yeux de leurs voisins, des individus normaux dont les agissements ne laissaient rien suspecter.

Certes, certains ennemis n’hésitent pas à pêcher en eaux troubles et à diaboliser l’Islam et les Musulmans. Pourtant, les terroristes ne représentent qu’une poignée de mains, en comparaison des millions de Musulmans qui vivent en Occident et mènent leur vie normalement. Pour autant, peut-on blâmer les citoyens lambda qui écoutent les nouvelles, craignent pour leurs vies et affichent une sensibilité aiguisée vis-à-vis des prénoms arabo-musulmans ?

Il ne suffit pas de rappeler aux Occidentaux les agissements de la France en Algérie, des Etats-Unis au Vietnam, ou le passé colonialiste de certains pays européens et leurs pratiques barbares. Ce passé n’intéresse aucunement l’homme lambda qui craint pour sa survie en se rendant à son travail ou à ses courses. Il n’aspire qu’à la sécurité, quitte s’il le faut à expulser tous les citoyens et résidents d’origine musulmane.

C’est un drame que vivent désormais les Musulmans en Occident. Nous ne pouvons que prier pour eux, en se souvenant que ce fléau n’a pas épargné les pays musulmans. Il est affligeant de constater que rien ne laisse prévoir une détente imminente. D’aucuns continuent à défendre Daech et à lui trouver des excuses.

Traduction & mise en page : Zéna GEDAY

Dernière modification : 07/12/2015

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