Presse du 12 & 13 décembre 2015

Mots clés  : France - Conseil des ministres – Arabie / Irak – Arabie / Elections municipales – Arabie / Terrorisme – Arabie / Islam / Société.

Titres Généraux :

Sharq Al Awsat  : * Paris envisage l’isolement des extrémistes dans les prisons et le contrôle du cyber-terrorisme.

Al Hayat : * Mobilisation sécuritaire en France ; plus de 50 actes islamophobes.

AL Riyadh : * Réouverture de l’ambassade d’Arabie à Bagdad au cours des deux prochains mois.

I - INFORMATIONS PRIORITAIRES

* France  : Al-Charq Al-Awsat, AL-Hayat, rendent compte à la une de leurs éditions du 12 janvier de la marche contre le terrorisme à Paris. Selon l’agence saoudienne de presse, l’Arabie y était représentée par le ministre d’Etat pour les Affaires étrangères, Dr Nizar Obaid Madani.

Ont notamment pris part à la manifestation le Président Mahmoud Abbas et le Roi de Jordanie.

Les titres de la presse du 12 janvier relevaient « la manifestation du million à Paris » ; « trois millions de participants à la journée de la mobilisation en France » ; « la marche historique du million à Paris en signe de refus du terrorisme » ; « Paris capitale du monde contre le terrorisme ».

L’Occident envisage actuellement une série de nouvelles mesures de lutte contre le terrorisme, notamment de nouvelles restrictions contre les voyageurs et Internet et un échange d’informations au sujet des recherchés.

Une conférence internationale sur le terrorisme s’est tenue en urgence à l’occasion de laquelle les ministres européens de l’Intérieur ont appelé leur homologue américain à renforcer le contrôle des mouvements aux frontières hors U.E.
Le Secrétaire américain à la Justice a annoncé qu’un sommet de lutte contre le terrorisme aura lieu le 18 février prochain à Washington pour envisager de nouvelles mesures.

* Selon Al-Charq Al-Awsat, les autorités françaises réfléchissent à « l’isolement » des détenus extrémistes dans des cellules. Elles cherchent également à faire adopter des lois autorisant la fermeture des sites Internet suspectés de propager une idéologie terroriste ou de faire l’apologie du terrorisme. Elles comptent également sur les références musulmanes en France pour encadrer les Imams et la prédication en prônant un Islam tolérant et en mettant un terme aux « prêches incendiaires » du vendredi.

* Tareq AL-Homaid intitule sa tribune dans Al-Charq Al-Awsat du 12 janvier : « La France et les allégations de Hassan Nasrallah ». Comme de coutume, Nasrallah tente d’exploiter l’attentat en France pour redorer le blason de son parti, en déclarant que les groupes terroristes takfiristes ont plus nui à l’Islam et au Prophète que leurs ennemis. Or, il est de notoriété publique que Nasrallah et son parti font peu cas des libertés et du respect des religions : ce sont les alliés de l’Iran qui attisent les haines confessionnelles dans la région. Son but est de leurrer l’opinion publique et la communauté internationale pour apparaître comme un homme tolérant et dissimuler ses crimes en Irak, en Syrie et au Liban.

* Abdul Rahman AL-Rached consacre sa tribune du 12 janvier au twitt de Robert Murdoch qui indique que « les Musulmans, bien que majoritairement pacifiques, sont tous responsables des évènements tant qu’ils n’éradiquent pas le cancer du terrorisme ». Les propos de Murdoch, bien que sévères, ne sont que l’écho de ceux de tous les responsables à travers le monde, las des excuses et des justifications, alors que les crimes terroristes se multiplient. La France est l’un des derniers bastions occidentaux à défendre les causes arabes et à leur manifester de la sympathie. C’est le seul Etat qui a voté, récemment, en faveur de la formation de l’Etat palestinien au Conseil de sécurité. C’est elle qui a fait face au régime de Bachar Assad et du Hezbollah lors de l’assassinat de Hariri. Elle a été la première à soutenir la révolution syrienne. Rien ne justifie, contrairement aux allégations de certains journalistes arabes, le crime perpétré. D’ailleurs, ces journalistes qui le justifient, sont aussi criminels que les auteurs de l’attentat.

Force est d’admettre que la patience de la communauté internationale à l’égard des Musulmans aura des limites. Jusqu’à quand tolèrera-t-elle que des gens soient massacrés au nom de l’Islam, que des enfants soient pris en otage au Nigéria, que des femmes soient violées au Nord de l’Irak au nom de cette religion ? Elle réagira lorsque les crimes seront commis à Paris, à New York, à Londres ou à Moscou.

L’opinion publique mondiale déteste les Musulmans et ne fait plus la distinction entre un Musulman pacifique et un extrémiste. « Je m’attends à ce que le Président français actuel paie le prix de sa sympathie à l’égard des Arabes et que lui succède le plus islamophobe des dirigeants ». Ce sont dès lors les régimes politiques qui devront en assumer la responsabilité, en raison de cette idéologie terroriste qui prolifère et est financée jusqu’à ce jour dans la majeure partie des Etats musulmans.
Les politiciens ne réagissent pas suffisamment de crainte de susciter la colère de la minorité extrémiste dans leurs sociétés et font peu cas de voir le monde s’embraser en raison de leur laxisme. Le 11 septembre et l’attaque contre les journalistes ne sont que des étapes sur la voie de la grande confrontation.

* Dans sa tribune de ce jour, Tareq Al-Homaid s’en prend à tous ceux qui tentent de justifier le terrorisme tant dans les media, que dans leurs prêches religieux ou sur twitter. La justification signifie le leurre de l’opinion publique, le parasitage de la majorité silencieuse et la provocation des sentiments des jeunes. Or c’est là le cœur du danger. Suite à ces justifications et à ces disculpations, des générations de jeunes deviennent des terroristes et des kamikazes. (…) Il est important d’expliquer aux générations montantes les dangers de l’Islam politique et de ses incidences sur les sociétés et les pays arabes et sur la réputation de l’Islam en particulier. Il a transformé les jeunes arabes en combustibles de batailles illusoires et mensongères. La justification est plus dangereuse que le takfir.

* Mishari Al-Zayidi articule sa tribune dans Al-Charq Al-Awsat autour du même thème et fustige ceux qui ont critiqué la marche en France par une approche fourbe en se demandant pourquoi se mobilisent-ils contre les assassins de Français et ne le font-ils pas contre ceux qui tuent en Syrie, au Yémen, en Palestine et en Somalie ? Or, ce sont là des discours stériles.

La France en particulier est l’Etat précurseur qui a soutenu la révolution syrienne et exercé des pressions sur les Etats-Unis et l’Occident pour éliminer Assad. C’est la France qui a été pionnière et a reconnu l’Etat palestinien.

* Al-Watan publie la tribune libre de M. Moujahid Abdul Moutaali qui commence ainsi : « En toute indépendance, sans avoir été commandité par qui que ce soit, je présente mes condoléances aux familles des victimes de la revue française, toutes appartenances religieuses ou ethniques confondues. Je remercie le Président français pour son sens de la responsabilité, pour sa largesse d’esprit, pour sa tolérance et sa noblesse, qui a innocenté l’Islam, afin de protéger la minorité musulmane contre des actes de représailles isolés. (…) La revue française s’est également moquée des autres religions, y compris chrétienne. La question essentielle qu’il faut poser est celle de savoir pourquoi ce sont uniquement les Musulmans qui sont si susceptibles au point de tuer et de terroriser ? Pourquoi ce n’est pas un obsédé chrétien qui a perpétré l’attentat ? Pourquoi les Musulmans ont-ils été les seuls à ne pas ressentir de la sympathie à l’égard des victimes de ce crime odieux ? (…) Nous voyons tous ce que fait Daech avec les Chrétiens et les églises en Irak et en Syrie. Pourquoi les gouvernements chrétiens en Occident et en Orient ne se sont-ils pas abaissés à la barbarie de Daech et n’ont-ils pas détruit les mosquées en Europe ou vendu les femmes des minorités musulmanes ? Comment se fait-il que la liberté de culte des Musulmans soit si garantie et protégée ? »

* Tout en saluant la marche du million à Paris, l’éditorialiste d’Al-Riyadh se demande pourquoi l’Occident n’a jamais fait cas des appels du Roi Abdallah à la lutte contre le terrorisme, d’autant qu’il avait mis en garde contre des attentats qui pourraient frapper l’Europe. (…) Comment se fait-il que la Syrie, l’Irak, la Libye et le Yémen aient été autorisés à accueillir ces cellules cancéreuses sans aucune action internationale ?

On assiste à une résurgence du climat qui régnait au lendemain du 11 septembre mais bien plus terrifiant envers les Musulmans, bien que ce ne soit pas la solution.

* Al-Jazirah publie un article de Dr Mohamed bin Abdallah Al Abdul-Latif intitulé : « Je ne suis pas Charlie ». « Certes, nous condamnons tous le massacre de Charlie Hebdo, de même que nous condamnons tout acte similaire. Mais je ne sympathise pas avec cette revue qui a nui à mes sacralités. Je ne suis pas Charlie et les journalistes de Charlie ont pratiqué un terrorisme d’une autre nature, un terrorisme moral. Le terrorisme n’est pas uniquement physique. Il peut être moral et spirituel ».

* Conseil des ministres : Le Prince héritier Salman a présidé la réunion du Conseil des ministres qui s’est tenue hier au palais AL-Yamama à Riyad. Il a remercié les responsables du monde entier qui ont appelé pour s’enquérir de la santé du Roi. Il a informé les ministres des résultats de ses entretiens avec le Président vénézuélien.

Par la suite, les ministres ont fait l’éloge du discours du Roi Abdallah devant le Conseil de la Choura, qui a confirmé que le Royaume continuerait à défendre ses intérêts économiques et sa place mondiale, dans le cadre d’une perspective nationale qui prend en compte le bien-être du citoyen et les intérêts des générations actuelles et futures. Ils ont salué les réalisations du Conseil de la Choura et ses contributions à la prospérité du pays.

Ils ont présenté leurs condoléances aux familles des victimes de l’attentat contre le poste frontalier et ont salué les efforts que déploient les forces de sécurité pour lutter contre les actes terroristes. Ils ont exprimé leur profonde inquiétude vis-à-vis de la situation des réfugiés syriens induite par la vague de froid et l’aggravation de leurs souffrance.

Le Conseil des ministres et le Royaume ont également dénoncé et condamné l’acte terroriste odieux contre la revue Charlie Hebdo en France : l’islam refuse de tels actes lâches et les rejette.

Il a adopté les mesures exécutoires du code des procédures pénales.

II - AUTRES INFORMATIONS

* Arabie saoudite / Irak : Le vice-Premier ministre irakien, Baha’a Al-Aaraji, a révélé que « le gouvernement irakien a remis à la délégation saoudienne le bâtiment qui abritera les locaux de l’ambassade ainsi que les résidences des diplomates. L’Irak offrira toutes les facilités et le soutien nécessaires au cadre de l’ambassade. Celle-ci sera située dans la zone verte et la réouverture pourrait avoir lieu au cours des deux prochains mois » (Al-Riyadh).

* Arabie saoudite / Elections municipales : Le ministre des Affaires rurales et municipales, le Prince Dr Mansour bin Mitab a émis des instructions à tous les services du ministère, enjoignant d’offrir toutes les facilités nécessaires et les informations utiles à la commission générale des élections, laquelle comprend des responsables de divers secteurs publics ainsi que trois femmes.

Un haut responsable du ministère a ajouté que les candidatures et le vote incluent les Saoudiens et les naturalisés (presse du 12/01).

* Arabie saoudite / Terrorisme  : Le porte-parole du ministère de l’Intérieur, le Général Al-Turki, a révélé le nom du quatrième auteur de l’attentat contre le poste frontalier. Il s’agit du Saoudien Feheid Al-chamri.

Par ailleurs, il semblerait que Daech ait décidé, après l’échec de son attentat contre le poste frontalier irako-saoudien, de s’essayer à la « guerre psychologique », menaçant que l’attaque de A’arar ne sera pas la dernière (presse du 12/01).

* Arabie saoudite / Islam / Société  : Un religieux saoudien, Cheikh Mohamed Al-Mounajjed, a émis hier une fatwa prohibant la fabrication de bonhommes de neige. Sa fatwa a provoqué un tel tollé sur la toile qu’il été contraint de faire marche arrière.

Sa fatwa répondait à la question d’un père de famille sur un site religieux, à savoir s’il était licite de fabriquer des bonhommes de neige suite à la tempête qui a frappé le nord du pays.

Traduction & mise en page : Zéna GEDAY

Dernière modification : 13/01/2015

Haut de page