Presse du 12 novembre 2015

Mots clés : Clôture du sommet ASPA – France / Iran.

Titres Généraux :

Al Watan : * Le Roi : Nous espérons un lancement réel de la coopération.

Al Hayat  : * La déclaration de Riyad définit les cadres de règlement des crises.

AL Riyadh : * La déclaration de Riyad : Coordination stratégique pour une coopération latino-arabe. Convergence totale au sujet des dossiers politiques.

Al Jazirah : * Le sommet ASPA clôture ses travaux à Riyad : Instauration d’une paix équitable pour la cause palestinienne et règlement pacifique de la crise syrienne.

Sharq Al Awsat : * Le sommet de Riyad établit un « partenariat stratégique » arabo-latin.

Okaz  : * Le sommet de Riyad : Une déclaration exhaustive sans précédent.

I - INFORMATIONS PRIORITAIRES

* Clôture du sommet ASPA : Toute la presse évoque, à l’envi, la publication de la Déclaration de Riyad, adoptée à l’issue du sommet ASPA. La crise syrienne, le Yémen, la cause palestinienne, la condamnation du terrorisme sous toutes ses formes, le refus des ingérences étrangères dans les affaires internes des Etats membres, l’appel à l’Iran à réagir positivement à un règlement pacifique de la crise des îles émiriennes, ont été les principaux sujets figurant dans cette déclaration.

* Principaux points contenus dans la déclaration :

- Confirmer la nécessité de parvenir à une paix équitable et globale dans la cause palestinienne.

- Trouver une solution à la crise yéménite, par la mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité, en particulier la 2216.

- Refuser les ingérences dans les affaires internes des pays de la région.

- Insister sur la nécessité de parvenir à un règlement pacifique de la crise syrienne, conformément à Genève 1et à la conférence de Vienne.

- Soutenir le processus de dialogue politique en Libye sous l’égide des Nations unies.

- Appeler l’Iran à répondre positivement à la demande émirienne de trouver une solution pacifique à la crise des trois îles.

- Confirmer l’importance de l’instauration d’un monde stable, dépourvu des risques induits par la prolifération nucléaire.

- Respecter l’unité, la souveraineté, l’indépendance des Etats, leur sûreté régionale et régler les conflits par les voies pacifiques.

- Confirmer que l’investissement est l’un des piliers du développement socio-économique.

- Apporter un soutien politique total à l’adoption des principes fondamentaux du processus de restructuration des dettes souveraines.

- Condamner le terrorisme sous toutes ses formes et refuser de le lier à une religion, une culture ou une ethnie.

- Se féliciter des résultats des réunions sectorielles, afin de mettre en œuvre les conclusions de la Déclaration de Lima.

- Saluer le succès des pays membres de l’accord-cadre des Nations unies relatif au changement climatique.

- Qualifier la déclaration de Riyad de déclaration inédite dans son exhaustivité et dans l’absence de toute réserve à son sujet.

- Saluer l’organisation du 5ème sommet ASAP au Venezuela.

- Remercier le Roi et le Royaume pour le bon déroulement de la conférence.

* Conférence de presse : Lors d’une conférence de presse donnée conjointement avec son homologue brésilien, coordinateur pour les pays d’Amérique latine, et avec le Secrétaire général de la Ligue arabe, à l’issue du 4ème sommet ASPA, le ministre saoudien des Affaires étrangères, M. Adel Al-Jubaïr, a jugé qu’il s’agissait d’un sommet exhaustif inédit, compte tenu notamment du volume et de la qualité des sujets qui ont été abordés. Aucun Etat n’a émis de réserves sur les articles de la Déclaration de Riyad, lue à l’issue du sommet, ce qui est un fait réellement inédit et qui reflète les relations solides et le souci des pays participants de renforcer ces relations dans tous les domaines. Parmi les points importants de cette déclaration, selon le ministre, les remerciements adressés aux pays d’Amérique latine qui ont reconnu l’Etat palestinien avec les frontières de 1967, ayant pour capitale Jérusalem, le refus des ingérences dans les affaires internes, ingérences qui contreviennent à la Charte des Nations unies et aux principes de bon voisinage. On relève également le consensus autour de l’importance de lutter contre le terrorisme et l’idéologie extrémiste ainsi que de la nécessité de parvenir à une coopération et à un dialogue entre les religions et les civilisations. La réunion, ajoute le ministre, a été très positive et a permis de faire avancer les relations entre les deux blocs.

A la question de savoir pourquoi le nom de l’Irak n’a pas été évoqué dans le communiqué, compte tenu des ingérences iraniennes dans les affaires irakiennes, M. Al-Jubaïr a rappelé que la déclaration comporte un paragraphe sur l’Irak et ne l’a pas occulté. Il ne se passe pas un évènement ou une occasion ou ne réaffirmons pas notre refus de l’ingérence iranienne en Irak. L’Arabie est l’un des principaux pays à défendre l’Irak et à tenter de le soustraire aux ingérences étrangères. Nous confirmons l’arabité de l’Irak, tout en insistant sur la mise en œuvre des réformes convenues l’été dernier, la protection des droits de toutes les composantes irakiennes. En Arabie, nous considérons l’Irak comme un Etat frère et voisin et non comme des Sunnites, des Chiites ou des Chrétiens. Le pays appartient à toutes ses communautés. Toute personne qui mettrait en doute les intentions de l’Arabie ou ses positions a pour but de nuire et de créer un climat malsain.

Evoquant les relations avec l’Amérique latine, le ministre a indiqué que « l’Arabie cherche à nouer les meilleures relations avec tous les pays du monde, en particulier ceux d’Amérique du Sud. Il existe une coopération militaire avec le Brésil. Nous cherchons à intensifier ces relations tant dans les secteurs économiques, politiques que sécuritaires, ainsi que sur les moyens de lutter contre le terrorisme.

S’agissant de la crise yéménite, Al-Jubaïr a insisté sur la nécessité de parvenir à une solution pacifique au Yémen, conformément à la résolution du Conseil de sécurité pertinente, qui rejette le putsch des Houthis et de Saleh. C’est une démarche positive. Il s’est dit optimiste quant à un succès des négociations au cours des prochaines jours.

* Le Roi a reçu, en marge du sommet ASPA, de nombreux chefs d’Etats arabes et sud-américains, avec qui il a examiné les efforts déployés afin de renforcer la coopération commune ainsi que les sujets d’intérêt commun.

D’autre part, il a assisté à la cérémonie de signature, avec le Président Sissi, du procès-verbal de la constitution d’un conseil de coordination saoudo-égyptien pour la mise en œuvre de la déclaration du Caire.

* Le rédacteur en chef d’Al-Charq Al-Awsat, Salman Al-Dossary, intitule sa tribune : « D’Arabie au Brésil ». L’article se veut louangeur sur les résultats du sommet de l’ASPA qui vient de s’achever à Riyad, et dont le point d’orgue serait l’intensification de la coopération entre les deux mondes et son élargissement de façon à servir les intérêts de tous.

(…) Riyad n’a pas seulement réussi à donner une impulsion politique et diplomatique à ses actions en tant que capitale bénéficiant d’une importance régionale incontestable, mais aussi à assumer la responsabilité des dossiers de la région et ses intérêts. La nouvelle équation des relations internationales ne change pas que l’on soit en Arabie ou au Brésil : ouvrir les portes fermées grâce à de nouvelles alliances qualitatives, tout en préservant les alliances traditionnelles et en les renforçant.

* Al-Riyadh intitule son éditorial : « Une feuille de route vers l’Amérique du Sud ». La clôture du sommet ASPA doit être le début d’une nouvelle étape entre les deux mondes, dont les piliers sont la confiance et la volonté d’entreprendre des actions communes.

L’Arabie est résolue à tirer profit de la présence et du progrès des pays d’Amérique du Sud au niveau du pouvoir décisionnel politique international, ainsi qu’économique. La présence forte et marquante de l’Amérique du Sud sur la scène internationale est inéluctable. Les pays membres ont réussi à bâtir des Etats stables et modernes.
Le Royaume met particulièrement l’accent dans ses relations sur le volet économique. Il faut donc élaborer une feuille de route sur ce que nous voulons et comment y parvenir. Ce sont des tâches qui incombent aux principaux organes gouvernementaux.

De leur côté, les pays d’Amérique latin désireux de coopérer avec l’Arabie, doivent savoir faire leur propre promotion et celle de leurs sociétés, en ne se contentant pas des chemins bureaucratiques traditionnels. Le succès de la coopération est une responsabilité bilatérale.

Quant aux media des deux bords, les élites économiques, culturelles et éducatives, ils assument un lourd fardeau pour paver la voie à une coopération fructueuse pérenne. Tant les pays arabes que sud-américains traversent actuellement une crise de revenus financiers. Il faut donc qu’ils adoptent les mesures nécessaires à la diversification et au développement de leurs sources de revenus. L’opportunité existe aujourd’hui et la voie est claire et bien tracée. A bon entendeur salut !

* Okaz consacre également son éditorial au sommet de Riyad et met l’accent sur la volonté unanime de contenir l’Iran. Ce sommet a apporté son soutien aux causes arabes et a reflété la volonté bilatérale de renforcer le partenariat stratégique dans les domaines économique, politique, d’investissement. Il a consacré l’esprit de concorde et l’unanimité sur tous les dossiers qui ont été abordés, notamment le Yémen, la Syrie, et le refus des ingérences iraniennes dans les affaires arabes.

Dans son discours, le Roi a élaboré une feuille de route sur les relations idéales entre les pays arabes d’une part et l’Amérique du Sud d’autre part. Cette feuille de route se base sur deux principes : le respect politique qui se fonde sur le soutien des pays d’Amérique latine à la cause palestinienne et aux causes arabes ; le deuxième est économique et garantit les intérêts économiques et d’investissements des deux mondes.

Il est incontestable que la coopération arabo-latine se renforcera à la lumière du succès de ce sommet, dont les résultats apparaîtront très prochainement.

* L’éditorialiste d’Al-Iqtissadiyah juge également que le sommet de Riyad a adressé un message très clair vis-à-vis de la politique iranienne malveillante : le communiqué a appelé l’Iran, à cesser ses actes provocateurs qui menacent la sécurité et la stabilité de la région. Ils ont également évoqué l’importance de la coopération entre les pays arabes et l’Iran. Or, l’Arabie prône cette coopération depuis des décennies et a toujours tendu les mains à ce pays, dont les agendas sont réellement destructeurs. Le régime iranien n’est pas seulement l’ennemi de la région, mais aussi son propre ennemi, en raison de ses agendas malades et néfastes.

* France / Iran : Le correspondant d’Al-Charq Al-Awsat à Paris, Michel Bounajem, consacre un article à la visite de Rohani lundi et mardi prochain à Paris. Le premier jour sera consacré à l’Unesco et au dialogue des civilisations et des cultures et au discours qu’il prononcera. Le deuxième jour sera consacré aux relations franco-iraniennes que les deux parties cherchent à normaliser, ainsi qu’aux dossiers régionaux, notamment la Syrie, l’Irak, la guerre contre le terrorisme, le Yémen, la situation au Liban.

ROhani devrait rencontrer des responsables français et sera l’hôte de l’IFRI.
Des rencontres sont également prévues entre le patronat français et les hommes d’affaires iraniens portant sur la coopération industrielle, commerciale et scientifique.
(…) Au plan politique, la France a anticipé la visite du Président iranien en renonçant à ses réserves au sujet de la participation de Téhéran aux réunions de Vienne sur la crise syrienne.

Bien que Paris souhaite que Téhéran soit partie aux solutions et non aux problèmes, elle ne compte pas beaucoup sur un changement de position iranienne vis-à-vis de la crise syrienne. Selon une source française, Téhéran a trop investi dans la personne de Bachar Assad pour accepter de l’abandonner, contrairement à Moscou qui pourrait le laisser tomber si elle obtient les garanties sur ses intérêts en Syrie et dans la région d’une part et d’autre part sur la forme de la solution et les positions des diverses parties.

Par ailleurs, la source s’attend à ce que le Président Hollande évoque avec Rohani la situation au Liban et le vide présidentiel. Paris a conscience de la capacité de Téhéran à influer sur le dossier libanais via ses alliés forts. La France a déjà tenté par le passé d’obtenir de Téhéran un assouplissement des positions et le feu vert à l’élection d’un Président. Mais ses efforts se sont soldés par un échec et Téhéran prétend qu’il appartient aux Libanais de décider de leurs affaires (Al-Charq Al-Awsat).

Traduction & mise en page : Zéna GEDAY

Dernière modification : 12/11/2015

Haut de page