Presse du 13 décembre 2015

Mots clés : Arabie / Elections municipales – France / Arabie – France / Liban / Iran – Arabie / Intérieur / Décrets royaux – Fanatisme / Elections (Le Pen, Trump ) – Arabie / Terrorisme.

Titres Généraux :

AL Riyadh  : * Le Président Hollande : La conférence de l’opposition syrienne à Riyad est un pas en avant.

Al Jazirah : * Le Roi Salman informe le Président Hollande des résultats de la conférence de l’opposition syrienne.

Al Watan  : * 24% des électeurs des conseils municipaux sont des femmes.

Al Hayat : * Elections municipales : Participation timide sans infractions. La femme est victorieuse.

Sharq Al Awsat : * Elections historiques hier en Arabie avec la participation des femmes.

Okaz  : * Prorogation de six mois des titres de séjour des Yéménites « visiteurs » en Arabie.

I - INFORMATIONS PRIORITAIRES

* Arabie saoudite / Elections municipales  : Selon la presse, la première journée électorale « ne fut pas longue » hier. Dans certains centres électoraux, on notait l’entrée d’un électeur toutes les demi-heures.

Les gouvernorats et les mairies se sont abstenues de préciser le nombre des électeurs. La présence féminine était très faible dans certains bureaux et intense dans d’autres. Le dépouillement des votes a révélé l’élection de deux femmes, l’une dans l’Ihsa et l’autre à Tabouk.

Le taux de participation n’ayant pas dépassé 20% dans certains endroits, un responsable de la C.C.I. de Djedda a envoyé des messages à sa sortie d’un bureau de vote pour encourager ses connaissances à se rendre aux urnes.

Après l’achèvement du dépouillement, les listes des vainqueurs seront proclamées et l’élection sera achevée, hormis les cas d’invalidation.

Le porte-parole de la commission exécutive des élections, Jodeih Al-Qahtani, a révélé, lors d’une conférence de presse donnée au ministère hier matin, que 235 candidats ont été écartés, dont 9 femmes, au cours de la campagne électorale qui a duré 12 jours et qui s’est achevée jeudi dernier. Le nombre total des électeurs et électrices est considéré comme naturel, d’autant que la majorité des Saoudiens a moins que 18 ans et qu’il est interdit à de nombreuses catégories de voter, tels que les militaires, les maires, les chefs des tribus, les notaires, et d’autres.

Les femmes ont représenté 24% du total des nouveaux électeurs inscrits sur les listes. Les résultats seront annoncés aujourd’hui sur le site des élections municipales. L’annonce des membres désignés suivra dès l’achèvement de la phase actuelle, de façon à compléter les compétences nécessaires aux conseils municipaux.

* France / Arabie saoudite : Le Roi Salman s’est entretenu au téléphone avec le Président Hollande et l’a informé des résultats de la conférence de l’opposition syrienne qui s’est tenue à Riyad. Le Président Hollande a exprimé sa satisfaction quant aux résultats de la réunion, jugeant qu’il s’agit d’un pas encourageant vers l’avant.

Le Président Hollande a également remercié l’Arabie pour ses positions à l’occasion de la COP21 qui s’est tenue à Paris.

* France / Liban / Iran  : Michel Bounajem consacre un article au mécontentement français envers le rôle négatif de l’Iran pour sortir le Liban de la crise du vide présidentiel. Paris considère que la balle des élections présidentielles libanaises se trouve actuellement dans le camp iranien. Les leaders iraniens, qui avaient promis à l’Occident de parvenir à un accord international sur le programme nucléaire en « facilitant » le règlement des crises et des guerres au Moyen-Orient ne jouent pas le jeu et l’Occident attend toujours.

Une source française officielle indique que lorsque l’Arabie saoudite a donné le feu vert à Saad Hariri pour proposer le nom de Sleiman Frangieh au poste de Président, en dépit de l’amitié personnelle qui le lie au Président syrien et son appartenance au 8 mars, « elle a entrepris une démarche importante et a franchi la moitié du chemin pour trouver une solution au vide constitutionnel au Liban ». L’Iran, ajoute la source, n’a pas rendu la pareille et ne l’a pas retrouvé à mi-chemin. Il est évident donc que Téhéran n’est pas concernée par un règlement de la crise institutionnelle au Liban. Si tel était le cas, elle aurait demandé au Hezbollah de soutenir la candidature de Frangieh et d’en persuader son allié, Michel Aoun. Paris est en contact, via les canaux diplomatiques, avec Téhéran. A une question sur ce dossier, Téhéran a réagi en indiquant « que la réponse se trouve auprès du Hezbollah ».

La source française « déplore » le fait que Téhéran ne « facilite » absolument pas les solutions au Moyen-Orient, particulièrement en Syrie et au Liban. Paris comptait beaucoup sur la normalisation de ses relations politiques, économiques et commerciales avec l’Iran avec la visite du Président Rohani le mois dernier afin d’évoquer en profondeur, le dossier libanais.

Mais la visite a été reportée en raison des attentats terroristes. Toutefois, précise la source, Paris a renoué les contacts avec Téhéran afin de fixer une nouvelle date, sachant que Téhéran tente d’organiser, simultanément la visite de son Président en Italie et au Vatican. Pour l’heure, aucune date n’a pu être retenue, bien que des propositions soient avancées pour la mi-janvier ou le mois d’avril, soit à l’issue des élections législatives iraniennes.

Paris affirme que sa position vis-à-vis de l’échéance présidentielle libanaise est « ferme. Ce qui compte c’est l’entente des Libanais ». Paris n’a plus de lignes rouges, selon la source, et est donc ouverte à tous, y compris Frangieh. L’essentiel est de combler le vide présidentiel. C’est dans ce contexte que le Président Hollande s’est entretenu durant plus de 15 minutes avec le candidat Frangieh, lequel a marqué son attachement à l’indépendance du Liban.

Paris exhorte les Chrétiens libanais à l’entente et salue les progrès réalisés entre Hariri et Frangieh, tout en ayant conscience des « difficultés » qui pourraient entraver le succès de l’initiative « haririenne » et la nécessité d’obtenir un « panier complet » de solutions à des problèmes complexes. En effet, il est impensable de dissocier l’élection présidentielle de la loi électorale notamment.

Quant à la position américaine, Paris, considère que le dossier libanais n’est pas une priorité pour Washington, qui se concentre actuellement sur la lutte contre Daech.
Quoi qu’il en soit, le nœud du problème se trouve dans le giron iranien que Paris appelle à faciliter le règlement au Liban, en Syrie, au Yémen et ailleurs.

* Arabie saoudite / Intérieur / Décrets royaux  : Le Roi a promulgué, le 11 novembre, 12 décrets royaux. Le ministre de l’Education, Dr Azzam AL-Dakhil, a été remplacé par Dr Ahmed bin Mohamed bin Ahmed Al-Issa. M. Abdallah Bin Ali bin Mohammed Melfi, a été nommé vice-ministre de la Fonction publique, Dr Tawfiq Al-Sudairy, vice-ministre des Affaires religieuses, Dr Ahmed bin Fahd bin Ibrahim Al-Feheid, Gouverneur de l’organisme de formation, Dr Abdul Aziz bin Salem Al-Rweiss, Gouverneur du comité des télécoms et de la technique des Informations, Dr Roumeih bin Mohamed Al-Roumeih, Président de la compagnie des chemins de fer.

De nouveaux membres ont été nommés au Conseil de la Choura : Dr Ali bin Nasser Al-Ghafid, Abdallah bin Abdul Aziz Al-Darrab et Dr Saleh bin Abdul Rahman Al-Cheheib.

Dr Jomaan bin Rachid bin Roqouch est nommé Président de l’Université Nayef.

II - AUTRES INFORMATIONS

* Fanatisme / Elections (France et Etats-Unis)  : Abdul Rahman Al-Rached intitule sa tribune dans Al-Charq Al-Awsat : « Le Pen et Trump sont les meilleurs amis de Daech ». Nous sommes aujourd’hui face à deux personnalités politiques opportunistes qui occupent leurs pays respectifs : Donald Trump aux Etats-Unis et Marie Le Pen en France. Ils augmentent leurs pressions au sein de la société, pressions dont les dommages vont au-delà des frontières de leur pays. Ceux qui s’imaginent que seuls les Musulmans sont les victimes de l’incitation à la haine raciale font fausse route, car les dégâts sont bien plus vastes. Force est d’admettre que des groupes qui se nourrissent de la haine et du fanatisme, tels que Daech, s’alimentent également des discours racistes de Le Pen et de Trump.

Il ne faut pas oublier qu’avant de s’en prendre aux Musulmans, Trump avait ouvert sa campagne électorale en attaquant les immigrés d’origine espagnole. En Floride, où ces derniers sont nombreux, les blessures n’ont pu être pansées en dépit de l’arrêt des critiques. Pour lui, seuls comptent les résultats des élections, abstraction faite de la méthode. Dans l’hypothèse où il est élu, il ne respectera pas ses promesses électorales et ne saura pas distinguer les Musulmans américains des autres. Même s’il fait marche arrière, il a promu un discours de haine qui prône la confrontation et qui restera longtemps ancré dans les esprits.

Quant à Marine Le Pen, elle suit les traces de son père, l’un des plus célèbres chantres de la discrimination raciale en France. En dépit de tous ses discours et propos, il n’a jamais réussi à être élu à la Présidence, ayant été rejeté par la majorité des Français. Il faut espérer que le rejet des racistes se poursuive en dépit de l’augmentation du nombre d’extrémistes en France et des opérations terroristes perpétrés par des individus se prévalant d’appartenir à l’Islam. Nous avons confiance dans l’éthique des Français qui ne permettront pas une telle victoire.

(…) Il est évident que les discours de haine sur toutes les chaines de télévision à travers le monde, ne profitent qu’aux extrémistes de tous bords. Les Musulmans sont les premières victimes des actes des terroristes, tels que Daech.

* Al-Riyadh stigmatise également dans son éditorial les propos de Donald Trump. Toutefois, il déplore la réaction de la Maison blanche et du Congrès suite à de telles déclarations provocatrices envers les trois millions de Musulmans américains et le milliard et demi à travers le monde.

Il est déplorable de voir les élites américaines tenir un discours raciste et les institutions être si permissives. Il est à craindre que ce ne soit le début d’un tournant dangereux qui pourrait renforcer le sentiment d’isolement des Musulmans aux Etats-Unis et exacerber l’anti-américanisme au niveau mondial. Une telle tendance ne profitera, in fine, qu’aux vrais ennemis des Etats-Unis, les terroristes, qui considèrent que de telles déclarations sont une opportunité qu’il ne faut pas laisser échapper.

* La presse publie de nombreux commentaires qui stigmatisent les propos de Trump, s’inquiètent de voir un tel homme à la Maison blanche, et qui notent également que l’ampleur de l’islamophobie dans le onde augmente, grâce notamment aux fanatiques, aux terroristes, aux Musulmans qui justifient leurs actes et à ceux qui gardent le silence.

* Dans Al-Jazirah, Mohamed Abdul Latif Al AL-Cheikh évoque « le danger de l’extrême droite ». Les négociants de haine et de racisme, quel que soit le pays dans lequel ils se trouvent, et qui sont fort bien représentés en France par l’extrême-droite, sont comme des mouches qui se nourrissent des souffrances des autres. Quelle différence entre un prédicateur de haine qui enveloppe ses discours de « Dieu a dit » et de citations du Prophète, et une Française venimeuse qui exploite les élections pour attiser la haine envers les Arabes et les Musulmans ? C’est l’humanité, qui vit aujourd’hui dans un petit village, qui paie in fine le prix de tels appels qui enracinent la haine et le racisme.

(…) Les récents attentats de Paris ont changé l’humeur et ont entraîné l’extrême-droite au haut du podium électoral. Ceci signifie clairement que Daech a atteint ses objectifs, à savoir attiser l’inimitié entre les Occidentaux d’une part et les Arabes et les Musulmans d’autre part. Marie Le Pen vit aujourd’hui à l’apogée de sa gloire et se vante de la réalisation de ses prophéties. Elle est aujourd’hui l’incarnation de Hitler en femme, dont les discours exacerbent la xénophobie. Elle tente de terroriser les citoyens lambda en les persuadant que les Musulmans de France cherchent à remplacer la Constitution par la Charia islamique.

Certes, sept millions de Français ne toléreront pas que l’extrême-droite s’empare du pouvoir en France et réagiront par tous les moyens disponibles. Il faut craindre désormais une contamination de cette montée à d’autres pays européens, au point que la culture islamique se transformera en menace contre la sécurité et la stabilité.
Toutefois, les conséquences d’une telle situation seront forcément transfrontalières et porteront atteinte aux relations avec les pays arabes. Le fossé risque de devenir abyssal et affectera les programmes de développement et de modernisation dans les pays qui ont besoin d’un tel développement.

* Okaz publie la tribune de M. Khaled Al-Sulaiman, intitulée : « Le sifflement du serpent français ». Marine Le Pen est né du cœur du racisme et s’est alimentée au fanatisme et à la haine. Il n’était donc pas surprenant que le serpent darde cette haine vers l’Arabie, elle la fille d’un Général dont les mains sont entachées du sang des Algériens et qui a toujours voué une haine féroce à tout ce qui est Arabe ou Musulman.

Bien qu’elle ait encore ses deux yeux, contrairement à son père, elle manque totalement de discernement, lorsque ses yeux se couvrent du voile de la haine et du racisme.

Il est vain d’expliquer à la prêtresse du racisme les méthodes de lutte contre le terrorisme que mène l’Arabie, le nombre de vies sacrifiées sur l’autel des actes terroristes. Il est inutile de lui préciser que l’Arabie a été la première victime du terrorisme. De telles personnes sont incapables de discerner la réalité du terrorisme et du fanatisme car elles font partie intégrante de sa culture et de ses moyens d’alimentation.

Les sifflements des serpents, les aboiement des chiens ne porteront pas préjudice à l’Arabie. Marine Le Pen ne sera pas la dernière à lui lancer la pierre. La caravane passe et la « haine » aboie !

* Arabie saoudite / Terrorisme : Selon Al-Hayat, Daech a élargi hier le champ de ses opérations, par une voiture piégée qui a explosé aux frontières irako-saoudiennes.

Traduction & mise en page : Zéna GEDAY

Dernière modification : 13/12/2015

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