Presse du 16 mars 2016

Mots clés : Syrie – Arabie / Militaire – Arabie / Irak – C.C.E.A.G. / Liban – Arabie / Liban / Hezbollah – Arabie / Finances / Ministères – Arabie / Logements.

Titres Généraux :

Al Watan : * Le Président du Parlement irakien : Nous avons examiné le retour de l’Irak au sein du monde arabe.

Al Hayat : * La « surprise de Poutine » met la pression sur le processus de Genève, l’Iran et le Hezbollah.

Sharq Al Awsat  : * Assad est isolé ; Lavrov fait l’éloge des efforts déployés par l’Arabie pour unifier l’opposition.

AL Riyadh : * Le vice-Prince héritier : Le Roi est soucieux de développer les capacités des forces armées.

Al Jazirah : * Le Président soudanais félicite le Roi pour le succès du tonnerre du nord et les victoires au Yémen.

Okaz  : * L’Arabie commence à confisquer les avoirs des partisans du Hezbollah.

I - INFORMATIONS PRIORITAIRES

* Syrie  : La presse relaie les déclarations du ministre russe des Affaires étrangères, à la suite de la décision inopinée de la Russie de retirer ses troupes de Syrie. Lavrov exprime la reconnaissance de la Russie à l’opposition syrienne formée lors de la rencontre de Riyad, « car elle cherche sérieusement des solutions à la crise syrienne. Nous exprimons également notre reconnaissance à nos collègues saoudiens, car ce groupe, contrairement à celui formé en janvier, cherche sérieusement à se joindre au processus politique ».

Entre-temps, une source bien informée indique que le développement inopiné dans la position russe a entraîné l’isolement du régime de Bachar et intervient à la suite d’une crise survenue entre ce régime et Moscou, suite aux récentes déclarations du ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Moallem refusant tout partage du pouvoir.

* Dans sa tribune dans Al-Charq Al-Awsat, Tareq Al-Homaid se demande si Assad a pu fermer l’œil la nuit où Poutine a décidé de retirer ses troupes, d’autant que les communiqués russe et syrien n’abordent pas ce retrait de la même manière. Alors que les Russes évoquent une « décision », Assad parle « d’accord ». Il est évident que ce dernier cherche à interpréter la décision russe à sa façon afin de rassurer ses partisans et de dissimuler son inquiétude.

Force est d’admettre que cette décision n’inquiète pas uniquement Assad mais aussi le Hezbollah et l’Iran. De nouveaux détails seront révélés au cours des prochains jours et permettront de savoir s’il s’agit d’un véritable retrait ou d’une simple manœuvre. La seule certitude pour l’heure est qu’Assad est terrifié. Attendons les jours prochains pour en savoir davantage.

* Quant à Mishari Al-Zayidi, il se demande dans Al-Charq Al-Awsat si l’aventure russe est bel et bien achevée. En retirant ses troupes de Syrie, Poutine anticipe-t-il une défaite ?

Le danger de la position russe découle des idées qu’elle induit, à savoir que Moscou s’est engagée dans cette guerre dans l’intérêt de l’axe Iran / Assad, donc de l’axe chiite contre les Sunnites. Supportera-t-elle le coût de cet alignement dans le monde ?

Par ailleurs, Poutine a décidé de réduire le budget de la défense russe. A cela s’ajoutent, l’effondrement des cours du pétrole, la baisse des investissements dans l’économie russe, et l’impact croissant des sanctions occidentales. La Russie a peut-être voulu afficher ses bonnes intentions à l’égard de l’Arabie, avant la visite prévue du Roi.

Quoi qu’il en soit, et quelles que soient les interprétations et les rumeurs, ce retrait est un signe positif pour l’avenir de la Syrie, confirme que le droit et la vérité sont toujours vainqueurs et que Bachar représente un danger pour la paix et l’humanité.

* Al-Riyadh intitule son éditorial : « Poutine, le passionné par les surprises ». Une fois de plus, Vladimir Poutine mélange les cartes de la crise syrienne. Nul ne peut prédire ce qui se passe dans la tête de Poutine. Toutefois, il est possible de déduire certaines raisons qui auraient poussé le Kremlin à retirer ses forces et à ce geste inopiné. Il est certain que les objectifs déclarés de la présence russe en Syrie, à savoir la lutte contre le terrorisme et l’éradication de Daech, n’ont pas été atteints.
Il est désormais certain que le but de la campagne de Poutine était de permettre au régime d’Assad de réorganiser ses rangs et de le sauver afin qu’il mène les négociations d’une position de force et non de faiblesse et préserve ainsi certains intérêts stratégiques de Moscou au Moyen-Orient. Assad est le garant desdits intérêts et son maintien était une priorité tactique et non stratégique.

Dans quel panier Moscou déposera-t-elle désormais ses œufs ? Elle n’est guère appréciée par le peuple syrien, compte tenu de son parti-pris pro-Assad et va donc chercher un allié fiable.

Pour la Russie, la Syrie bénéficie d’une importance géopolitique, bien qu’étant éloignée géographiquement. Le conflit qui y fait rage est complexe et induit des coûts faramineux pour le budget russe, incapable de les supporter à long terme. C’est ce qui pourrait expliquer les frappes menées contre certaines zones contrôlées par l’opposition, dans le but d’imposer le fait accompli et de nouvelles mesures sur le terrain. Cet agissement s’inscrit au crédit de Poutine qui d’une part, exerce des pressions accrues sur le régime de Bachar, et d’autre part, encourage le processus politico-diplomatique souhaité par Washington. Il épargne l’hémorragie à Moscou. Il transforme ainsi le « jeu de roulette russe » en « jeu de matriochkas » qui entraîne à chaque coup la surprise.

* Dans une tribune publiée dans Al-Riyadh, Dr Motlaq Saoud Al-Metairi considère que l’annonce du retrait de Moscou confirme que la Russie a préféré protéger Bachar politiquement plutôt que militairement, selon ses propres conditions. Il s’agit de mettre en place une période de transition dans laquelle Bachar n’aura pas de rôle à jouer mais au cours de laquelle le régime sera maintenu, jusqu’au moment où émergera une bonne solution favorable à Moscou, après l’annonce de son retrait militaire de Syrie.

* Quant à Dr Ahmed Al-Jomaiha, dans une tribune dans Al-Riyadh, il considère que quels que soient les motifs invoqués par les Russes, il n’en demeure pas moins qu’ils restent en Syrie et continueront à bombarder certains objectifs militaires précis. En outre, la carte du partage se trouve toujours aux mains des Américains, et pourrait être une solution convenue avec les Russes. Quant au criminel Bachar Assad, son sort sera réglé « en-dessous de la table des négociations de Genève » et non au-dessus.

L’annonce du retrait russe ne réglera pas pour autant la crise syrienne. Il est possible d’assister à un rééquilibrage des forces sur le terrain, en faveur de l’opposition si elle décide de s’unir et d’aller de l’avant dans son projet d’unité de destin. L’Iran et son parti terroriste, avilis, retourneront dans leur coin, et Daech disparaitra petit-à-petit de la scène. Rien ne sera aisé. Le plus dur reste à venir mais in fine, la Syrie sera sans Bachar et sans wali el-faquih.

II - AUTRES INFORMATIONS

* Arabie saoudite / Militaire : Le vice-Prince héritier et ministre de la Défense a parrainé hier la cérémonie de remise de diplôme à la 89ème promotion d’étudiants de l’Académie aérienne du Roi Faysal à Riyad. A cette occasion, il a confirmé que le Roi est soucieux de poursuivre son soutien aux plans de modernisation des forces armées et au développement de leurs capacités dans tous les secteurs, afin qu’elles soient au plus niveau de préparation et puissent accomplir leur devoir national en toute compétence et toute aptitude.

* Arabie saoudite / Irak : Le Roi a reçu hier le Président du parlement irakien, Dr Salim bin Abadallah Al-Jabbouri, et la délégation qui l’accompagne. Ils ont examiné les sujets d’intérêt commun et la coopération bilatérale.

La délégation irakienne a également été reçue par le vice-Prince héritier, en présence du Président du Conseil de la Choura, du ministre des Affaires étrangères et de Fahd Al-Issa, Conseiller au Cabinet royal.

Dr Al-Jabbouri a confirmé que son pays a besoin de bâtir des relations étroites avec l’Arabie, étant soucieux de faire partie de la communauté arabe et de pouvoir faire face aux grands défis.

* C.C.E.A.G. / Liban : La Jordanie, le Soudan, la Turquie et d’autres pays envisagent de substituer leur main d’œuvre aux salariés libanais, suite à la décision des autorités des pays du Golfe d’expulser tout membre ou sympathisant du Hezbollah et de mettre un frein au recrutement des Libanais dans divers secteurs. Le nombre de visas de travail accordés aux Libanais était illimité, compte tenu du fait que l’Arabie avait accordé un privilège au Liban qui ne faisait pas partie des pays à quota, contrairement à d’autres pays. Il faut désormais craindre une baisse progressive dans l’octroi des visas, voire leur disparition totale (Al-Hayat).

* Arabie saoudite / Liban / Hezbollah : Dans le cadre des mesures prises contre le Hezbollah, Okaz indique que l’Arabie commence à confisquer les avoirs de tout citoyen ou résident suspecté d’appartenir ou de soutenir cette organisation. Des enquêtes vont être diligentées en cas de suspicion. Le suspect sera alors traduit en justice et extradé (Okaz).

* Arabie saoudite / Finances / Ministères : Selon Okaz, l’agence Reuters aurait pris connaissance d’un document officiel selon lequel l’Arabie aurait demandé aux ministères et aux autorités publiques de minorer les contrats d’au moins 5%, conformément aux recommandations du ministre de l’Economie et du Plan afin de rationaliser les dépenses.

* Arabie saoudite / Logements  : Le ministère de l’Habitat a l’intention de signer des contrats avec des sociétés de construction étrangères afin de satisfaire les besoins urgents du marché saoudien en logements supplémentaires. Le ministère de l’Habitat a mené des consultations avec une dizaine de sociétés turques, égyptiennes et internationales avec qui il est sur le point de signer des contrats pour la construction de plus de 50 mille logements (Al-Hayat).

Traduction & mise en page : Zéna GEDAY

Dernière modification : 16/03/2016

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