Presse du 17 & 18 janvier 2016

Mots clés : Visite du MAEDI à Riyad – Iran – Arabie / Etats-Unis - Arabie / Chine – Arabie / Pakistan – Arabie / Mexique – France / Islam – Arabie / Yémen – Arabie / Culture / Archéologie – Arabie / Aéroports / Economie.

Titres Généraux :

Sharq Al Awsat : * Des « sanctions balistiques » pourrissent la joie de l’Iran à la perspective de tourner la page du nucléaire.

Okaz  : * L’Occident récompense le terrorisme iranien avec 50 milliards de dollars, des avions et du caviar.

Al Hayat : * Sanctions américaines à l’encontre du programme balistique iranien. Les relations sont reportées.

AL Riyadh : * Le Roi passe en revue avec le Président mexicain les évènements internationaux.

Al Jazirah : * Le Roi reçoit le Président du parlement kirghize et envoie un message à l’Emir du Qatar.

I - INFORMATIONS PRIORITAIRES

* Visite du MAEDI à Riyad  : Al-Hayat relaie des extraits du communiqué de presse de l’ambassade de France à Riyad, annonçant la visite de M. Laurent Fabius. « Cette visite intervient dans le cadre du dialogue étroit et permanent que la France entretient avec l’Arabie saoudite sur les grands sujets d’intérêts communs. Les dossiers régionaux (Syrie, Yémen, Iran), ainsi que la lutte contre le contre le terrorisme seront abordés. Parallèlement, ces entretiens seront l’occasion de renforcer les liens politiques et économiques bilatéraux, et de préparer la troisième réunion de la commission conjointe franco-saoudienne, qui doit se tenir à Paris en mars prochain ».

* Al-Iqtissadiah reprend des extraits du communiqué sous forme de citation de l’ambassadeur de France auprès du Royaume qui indique que la France est résolue à augmenter le volume des échanges commerciaux entre les deux pays. Ce dossier sera l’un des principaux sujet dont débattra le ministre Fabius à l’occasion de sa visite en Arabie et de l’audience que lui accordera le Roi et de ses entretiens avec les personnalités saoudiennes.

* Iran  : Les titres de la presse des deux jours sont consacrés à la levée des sanctions et aux répercussions prévues.

* Al-Riyadh du 17 janvier intitule son éditorial « quid dans 15 ans », lorsque l’accord nucléaire fera partie des archives des Nations unies et que l’Iran sera totalement libre dans son programme nucléaire. La majeure partie des conditions prévues dans l’accord nucléaire seront obsolètes dans 15 ans.

Le Président Obama compte sur ce délai pour obtenir un changement dans l’attitude iranienne nuisible à ses voisins. Or, il ne réalise pas qu’il a offert une bouée de sauvetage à la pérennité du régime iranien. Quoi qu’il en soit, il est désormais impératif de bâtir notre propre philosophie. Il est important, dès aujourd’hui, d’enclencher un programme nucléaire à des fins pacifiques qui nous confère la connaissance nécessaire du cycle de l’énergie nucléaire, afin de bâtir des réacteurs qui produiront de l’électricité, le dessalement de l’eau et permettront une diversification des sources énergétiques.

L’Arabie est en droit d’enrichir de l’uranium dans les limites des taux autorisés internationalement, soit 3,75%. Elle est en droit d’accéder au club nucléaire qui était jusque-là réservé à une lite, abstraction faite des membres dont certains sont qualifiés de voyous, de suppôts du terrorisme et de membres de l’axe du mal. Elle est parfaitement capable de bâtir sa centrale nucléaire avant 2031, à l’instar du programme émirien, et même égyptien. La Kacare est apte à assumer ses responsabilités à cet égard.

* Dans sa tribune dans Al-Charq Al-Awsat, Mishari Al-Zayiidi évoque l’accord nucléaire iranien qu’il juge déséquilibré. En effet, cet accord réduit le problème avec l’Iran au seul dossier nucléaire et non pas à l’approche iranienne destructrice dans la région. Or, tel est là le fond du problème. D’ailleurs, l’Iran est restée fidèle à cette approche avant l’entrée en vigueur et continuera à l’être après.
Par ailleurs, est-ce le bon timing pour la libération du pétrole iranien en ce moment critique pour les cours du pétrole sur la scène internationale ?

Quoi qu’il en soit, il ne faut pas se hâter de se réjouir. Obama et sa bande ont bâti cet accord sur des sables mouvements. Les vagues de la réalité risquent de rapidement l’emporter. L’Iran khomeyniste est immuable. Les rêves de Kerry ne pourront changer la réalité géographique et démographique et l’histoire du Moyen-Orient.

* Al-Riyadh consacre son éditorial à l’entrée en vigueur de l’accord nucléaire. Le Président Obama n’a jamais été aussi déterminé que pour la conclusion de l’accord nucléaire iranien. Le maître de la maison blanche a réalisé prématurément qu’il lui serait impossible d’instaurer la paix dans cette région du monde. Il a cru que cet accord lui apporterait le prestige qu’il recherchait. Il a donc occulté les données régionales et leurs complexités.

Le Président américain avait deux choix : soit exercer des pressions sur les Israéliens et obtenir des concessions ; soit exercer des pressions sur les Arabes et la région pour obtenir l’accord nucléaire. Il a opté pour le second.

Abstraction faite du Président et du parti qu’il représente, c’est la doctrine des intérêts qui a toujours prévalu sur les administrations américaines successives, y compris celles des Républicains.

L’histoire étant un perpétuel recommencement, la Maison blanche exempte aujourd’hui le régime iranien des sanctions afin qu’il puisse parachever son programme sectaire et exercer ses activités hostiles à la région. Le comportement américain encourage et incite tous les régimes nocifs à travers le monde à poursuivre leurs activités.

La politique de levée des sanctions place les Etats-Unis face à une responsabilité internationale, eu égard à ce que pourra faire le régime de Téhéran qui financera ses programmes destructeurs dans la région, poursuivra ses menaces et ses provocations envers les voisins, grâce aux fonds qui seront libérés et aux opérations de vente de pétrole et de commerce en général.

Le Président Obama est qualifié, à bon escient, d’indécis. Compte tenu de la primauté des intérêts dans la politique américaine, « nous sommes désormais certains qu’il y a des intérêts particuliers dans ce funeste accord nucléaire. Le prix n’est certes pas la libération des prisonniers américains ».

L’administration Reagan avait prétendu financer les mouvements « Contra » pour combattre le communisme au Nicaragua. Quel sera l’argument de l’administration Obama pour justifier cet accord ?

* Dans sa tribune dans Al-jazirah, intitulée « Danse avec les mollahs d’Iran », Jasser Al-Jasser fustige l’accord nucléaire qui est dans l’intérêt des Iraniens et des mollahs. Les services de relations publiques aux Etats-Unis et en Occident se sont hâtés de le promouvoir et de le protéger contre le veto du Congrès américain et des parlements européens.

Les chefs du régime iranien laissent exploser leur liesse pour son entrée en vigueur, d’autant que les revenus iront leur remplir les poches, en priorité celles de la garde révolutionnaire qui a annoncé la signature de contrats d’armements avec la Russie, la France et la Grande-Bretagne, d’une valeur supérieure à 21 milliards de dollars. Le tiers donc des fonds ira à l’acquisition d’armes et au versement de pots-de-vin aux chefs de la garde révolutionnaire. Les 9 milliards restant, s’ils échappent à la corruption, serviront à nourrir les Iraniens.

* De nombreux commentaires sont également consacrés à la levée des sanctions : « le grand Satan devenu l’ami » ; « la levée des sanctions du visage hideux » ; « l’Occident et le régime des mollahs : l’art de l’inimitié suave » ;

* Dans Al-Charq Al-Awsat du 17 janvier, Hussein Shobokshi évoque les agressions contre l’ambassade et le consulat d’Arabie en Iran. Celle-ci tente de convaincre le monde que ces attaques sont le résultat d’une colère populaire. Or c’est une explication pour le moins ridicule et naïve. Le pouvoir sécuritaire en Iran relève directement du guide suprême qui a la haute main sur tous les services de l’Etat, en dépit des illusions de prérogatives octroyées à chaque service.

Le guide suprême en Iran, contrairement à ce que l’on laisse croire, n’a pas tant un poste spirituel et religieux que politique par excellence. Il confère une couverture religieuse à toute décision politique contestable et une sacralité qui interdit toute opposition populaire. L’Iran a promu, longtemps durant, la théorie selon laquelle ses institutions sont autonomes et prennent les décisions conformes à l’intérêt national.
Mais en fait, il ne s’agit que d’ornementer la « vitrine » politique de la boutique iranienne afin qu’elle puisse promouvoir sa marchandise révolutionnaire dans la région. Toute décision en Iran est directement et étroitement liée au guide suprême, y compris les attaques contre les missions diplomatiques.

(…) En Iran, ne blâmez ni le Président, ni la garde révolutionnaire, ni qui que ce soit. Blâmez uniquement le Guide qui, s’il avait voulu autre chose, aurait été immédiatement écouté.

* Arabie saoudite / Etats-Unis : AL-Hayat du 17 janvier relaie l’annonce du Département d’Etat américain selon laquelle John Kerry arrivera samedi prochain en Arabie pour sa première visite depuis la rupture des relations diplomatiques avec l’Iran. La visite, au cours de laquelle une réunion élargie avec les ministres des Affaires étrangères du C.C.G. est prévue, sera consacrée à la « sécurité de la région et la coordination en matière de sécurité et de défense avec Washington, à la lumière des récentes violations iraniennes dans les eaux du Golfe ».

Au cours de sa visite à Riyad, Kerry tentera de « transmettre les assurances et les garanties sécuritaires, politiques et défensives ». Il s’emploiera à apaiser les craintes des pays du Golfe relatives aux agissements iraniens dans la région, à accélérer les mécanismes de travail convenus lors du sommet de Camp David, en particulier s’agissant de la sécurité de la navigation dans le Golfe. Il tentera également d’apaiser les impacts négatifs sur les pourparlers syriens, bien que d’anciens responsables, dont Robert Ford, jugent que la polarisation irano-régionale minimise les chances d’une percée prochaine dans la crise syrienne.

* Arabie saoudite / Chine : La presse du 17 janvier relaie les déclarations de l’ambassadeur de Chine à Riyad, à l’occasion de la visite qu’entreprend le Président chinois. La Chine est particulièrement soucieuse du succès de cette visite historique et amicale qui permettra de renforcer les relations bilatérales. Pékin souhaite un renforcement des relations dans les domaines technique et scientifique et le développement de la coopération dans les secteurs du pétrole et de l’énergie.
5 accords seront signés à l’occasion de cette visite afin de renforcer la coopération stratégique.

Selon Okaz, le Roi Salman et le Président chinois assisteront à la signature d’accords dans le domaine de la technologie spatiale, de l’énergie atomique, de l’énergie renouvelable et des sciences humaines.

* Par ailleurs, le Roi devrait inaugurer mercredi une centrale dans la région de Yasraf à Yunbu, qui est un projet mixte avec China Petrochemical chinois, ainsi que le centre du Roi Abdallah pour les études et les recherches pétrolières qu’Aramco a construit.

La capacité de raffinage de la raffinerie de Yasraf est évaluée à 400 mille barils/jour.

* Arabie saoudite / Pakistan : Le Premier ministre pakistanais, NAwaz Charif doit rencontrer aujourd’hui le Roi et les hauts responsables saoudiens afin d’examiner avec eux le renforcement des relations bilatérales ainsi que les dossiers régionaux et internationaux d’intérêt commun.

M. CHarif arrive aujourd’hui en Arabie en visite officielle, en compagnie du Commandant de l’armée pakistanaise et de certains hauts responsables.
Cette visite intervient quelques jours après celle effectuée par le vice-Prince héritier à Islamabad.

Selon des sources pakistanaises citées par Okaz, cette visite serait l’occasion d’écouter directement les vues politiques du Roi au sujet des développements dangereux dans la région qu’il s’agisse des crises yéménite et syrienne ou des objectifs stratégiques de la coalition islamique de lutte contre le terrorisme.
La source n’a pu confirmer la visite de Charif en Iran, qui devrait avoir lieu après celle de l’Arabie : « Nous menons des concertations stratégiques importantes avec notre alliée l’Arabie. Nous sommes soucieux de maintenir la communication et de soutenir ses positions politiques ».

* Arabie saoudite / Pétrole / Energie / Mexique : Le Roi a reçu hier le Président mexicain et la délégation qui l’accompagne. Ils ont évoqué les relations bilatérales et les derniers développements régionaux et internationaux, ainsi que certains dossiers d’intérêt commun.

Le Roi a décerné à son hôte mexicain le cordon du Roi Abdul Aziz et celui-ci lui a remis une décoration mexicaine.

A l’issue des entretiens, le Roi et le Président mexicain ont assisté à la signature de neuf accords, mémorandums d’entente et programmes de coopération technique.

* Par ailleurs, Al-Hayat relaie une dépêche de Reuters citant le ministre saoudien du Pétrole, Ali Al-Nouaimy, qui indique que le rétablissement de la stabilité sur les marchés pétroliers mondiaux nécessitera un certain temps. Mais il s’est toutefois déclaré optimiste quant à l’avenir.

La presse relaie également des extraits de l’allocution du ministre à l’occasion d’une conférence à Riyad à laquelle ont assisté le Président mexicain et son ministre de l’Energie, conférence organisée par le Forum international de l’énergie à Riyad. A cette occasion, le Président mexicain a confirmé que les relations de son pays avec l’Arabie sont des relations stratégiques globales, aux niveaux politique et économique. Il a réaffirmé l’intention de son pays d’œuvrer avec l’Arabie en faveur d’une rectification de la situation des marchés pétroliers mondiaux et d’une équation qui permette de rétablir la stabilité des cours sur la scène internationale.

* Lors d’une rencontre organisée par le conseil des C.C.I. saoudiennes, le Président, Abdul Rahman AL-Zamil a indiqué qu’une usine mexicaine de services pétroliers commencera très prochainement la production à Riyad et dans la région Est. La visite du Président mexicain s’inscrit dans le cadre de cette dynamique que connait actuellement l’Arabie.

II - AUTRES INFORMATIONS

* France / Islam : Al-Watan publie un article de sa correspondante à paris, Ola Abbas, au sujet de la dissolution de trois associations islamiques françaises accusées de promouvoir le terrorisme sous couvert de culture. Ces associations auraient œuvré à l’enrôlement de jeunes français pour le djihad en Syrie et en Irak. Certains de ses membres ont des liens avec les terroristes qui ont récemment perpétré les attentats de Paris.

* Arabie saoudite / Yémen : Le vice-Prince héritier a successivement reçu hier l’envoyé onusien pour le Yémen et le maire de Ma’reb. Il a évoqué avec eux les derniers développements au Yémen.

* Arabie saoudite / Culture / Archéologie : Une équipe technique saoudo-polonaise a découvert un site archéologique datant du 4ème siècle avant J.C. au Nord-ouest de l’Arabie dans la région de Tabouk (Al-Hayat, Al-Charq Al-Awsat).

* Arabie saoudite / Aéroports  : Al-Iqtissadiyah indique qu’une commission formée de sept ministères et organismes publics, sur instructions du conseil des affaires économiques et de développement, planche actuellement sur une étude pour la construction de deux cités économiques, dans l’espace géographique des aéroports du Roi Abdul Aziz à Djedda et Khaled à Riyad.

La commission étudie la rentabilité économique et le modèle de fonctionnement de ces deux cités (Al-Iqtissadiyah).

Traduction & mise en page : Zéna GEDAY

Dernière modification : 18/01/2016

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