Presse du 1er avril 2014

Mots clés  : Conseil des ministres – Arabie / Etats-Unis – Arabie / Grande-Bretagne –Arabie / Justice / Terrorisme – Arabie / Islam / Frères musulmans – Turquie - Processus de paix.

Titres Généraux :

Sharq Al Awsat  : * Démission du gouvernement français … Le Président Hollande charge Manuel Valls.

Al Hayat : * Un membre du haut comité des oulémas, Al-Lehaidan : Je prie Dieu que les Frères musulmans ne s’emparent pas du pouvoir dans nos pays.

AL Riyadh : * Le Prince Muqren reçoit les félicitations des femmes du Conseil de la Choura et du corps diplomatique.

Al Jazirah : * Le Conseil des ministres félicite le Prince Muqren désigné Prince héritier du Prince héritier.

I - INFORMATIONS PRIORITAIRES

* Conseil des ministres : Le Prince héritier Salman a présidé la réunion du Conseil des ministres qui s’est déroulée hier au palais Al-YAmama à Riyad. Il a adressé ses félicitations chaleureuses au Prince Muqren, désigné par décret royal Prince héritier du Prince héritier et deuxième vice-président du Conseil des ministres.
Il a informé les ministres des résultats de la visite du Président Obama et de ses entretiens avec le Roi, en confirmant les relations profondes qui lient les deux pays.

Les ministres ont évoqué la situation régionale et ont salué la déclaration du Koweït et les résolutions adoptées par le sommet arabe. Ils ont insisté sur la teneur dudit communiqué pour renforcer la solidarité arabe et la dynamiser. Ils ont également fait l’éloge de la sagesse de l’Emir du Koweït lors de la gestion des travaux du sommet.

Ils se sont félicités de la signature d’un accord de paix entre le gouvernement philippin et le front moro islamique de libération : il faut espérer que cet accord favorisera la poursuite des efforts en vue de l’instauration de la paix au sud des Philippines.

D’autre part, le Royaume souhaite que le troisième sommet de sûreté nucléaire qui s’est tenu à La Haye ainsi que les recommandations adoptées à cette occasion, soient une démarche constructive vers des avancées supplémentaires pour protéger la sécurité et la stabilité mondiales. L’Arabie a été l’un des premiers pays à adopter les résolutions internationales pertinentes et a soutenu l’initiative de lutte contre le terrorisme nucléaire. Elle est présente et active dans plus d’une vingtaine d’activités nucléaires liées à la sûreté nucléaire depuis le sommet de Séoul. Elle plaide en faveur de l’élimination des armes nucléaires de la région.

S’agissant de la scène locale, le Conseil des ministres a confirmé que la cérémonie de remise des prix du Roi Faysal consacre l’estime que voue le Royaume aux sciences et aux scientifiques. Il a également fait l’éloge du prix du Roi Salman et de la bourse accordée pour les études et les recherches sur l’histoire de la Péninsule arabique : il s’agit d’un soutien et d’un encouragement au mouvement des recherches et des études sur l’histoire de la Péninsule arabique en général et de l’Arabie en particulier.

Par ailleurs, les ministres ont donné leur accord à l’amendement de l’article 15 des statuts des académies militaires.

II - AUTRES INFORMATIONS

* Arabie saoudite / Etats-Unis : Tareq Al-Homaid se demande dans sa tribune dans Al-Charq Al-Awsat si la visite d’Obama en Arabie a réussi ? « Je pense que oui, d’autant que l’objectif de la visite était de confirmer l’alliance stratégique avec l’Arabie, alliée importante et fiable, suite en particulier aux doutes qu’ont fait planer les négociations avec l’Iran ou la position américaine vis-à-vis des crises régionales ».

La réunion ne s’étant pas prolongée au-delà de deux heures, elle avait pour but de confirmer les grandes lignes de la gestion du dossier nucléaire iranien et de l’expansion de Téhéran dans la région ainsi que l’intensification des efforts de soutien à l’opposition syrienne et les craintes que les armes ne parviennent aux extrémistes.

Ce fut donc un sommet réussi puisque le message saoudien est bien parvenu aux Américains, à savoir que les vues de Riyad sont différentes et imposées par la nature des évènements dans la région. Riyad ne tolèrera aucune atteinte à la sécurité de la région ou des initiatives vaines qui pourraient induire un surcroît de crises.
Les appels saoudiens seront entendus à Washington d’autant que cette visite a été précédée par des décisions importantes prises par Riyad, dont celles condamnant la participation aux combats à l’étranger et l’inscription des Frères musulmans sur la liste des groupes terroristes. A cela s’ajoutent la crise avec le Qatar et le rappel des ambassadeurs.

* Arabie saoudite / Grande-Bretagne : Le vice-ministre de la Défense, le Prince Salman bin Sultan, a reçu hier le CEMA britannique et la délégation qui l’accompagne. Ils ont évoqué les sujets d’intérêt commun.

* Arabie saoudite / Justice / International : Seul Al-Iqtissadiyah cite des sources fiables, selon lesquelles le parquet a traduit trois Saoudiens devant le tribunal pénal spécialisé. Ils sont accusés d’avoir provoqué la discorde et désobéi au Roi, par une série de twitts publiés sur twitter.

Ces trois individus seront les premiers contre lesquels s’appliquent les nouveaux règlements du ministère de l’Intérieur en matière de terrorisme, adoptés récemment.

* Arabie saoudite / Islam / Frères musulmans  : Un membre du Haut comité des oulémas en Arabie, ancien Président du Conseil suprême de la magistrature, Cheikh Saleh Mohamed Al-Lehaidane, a indiqué lors d’une conférence donnée récemment dans une mosquée en Libye « que les Frères musulmans ne suivent pas le véritable Islam. Ils prétendent que les Musulmans n’ont pas compris l’Islam comme eux l’ont compris. Il est important de recommander aux Musulmans de s’éloigner du chemin des Frères musulmans ». Avant qu’il ne soit interdit d’apparition sur la chaîne « al-majd », Al-Lehaidan « priait Dieu que les Frères musulmans ne s’emparent pas du pouvoir dans les pays islamiques » (Al-Hayat).

* Turquie  : Abdul Rahman Al-RAched consacre sa tribune quotidienne dans Al-Charq Al-Awsat à la Turquie et à Erdogan, désormais atteint de mégalomanie et transformé en despote. Certains de ses proches collaborateurs l’ont également renié et critiqué ses décisions d’interdiction de twitter et de Utube.

(…) Erdogan était un exemple, y compris en Occident : un leader turc musulman moderne, à la tête d’un Etat civil réussi, jusqu’à la fuite d’informations relatives à des réunions secrètes, de malversations et de corruption du régime.

(…) Son complexe d’invincibilité l’a poussé à confronter tout le monde. Ses critiques contre Sissi en Egypte, le qualifiant de despote, s’appliquent à lui. Sissi, au moins, n’a pas empêché les Frères musulmans de manifester et n’a pas interdit Twitter et Utube.

Erdogan a mené de nombreuses batailles verbales qui, au début, ont conforté sa popularité mais qui, finalement, ont élargi le cercle de ses adversaires. Il s’est avéré que l’homme n’était pas aussi intègre qu’il le prétendait.

Erdogan a désormais trop d’ennemis. La Turquie doit être en paix avec elle-même et ses voisins. Il lui faudra déployer des efforts considérables pour tenter de restaurer ses relations étrangères.

* Okaz consacre également son éditorial à Erdogan, qui est un homme fort. En dépit de toutes les rumeurs propagées par l’opposition, les résultats des élections municipales lui permettront d’aller de l’avant dans la construction d’une Turquie puissante et solide, qui ne cédera pas devant les tentatives de déstabilisation.
En dépit de quelques divergences d’opinion politiques, l’homme est fort. Or pour diriger un pays, il faut de la puissance pour imposer le prestige et éviter les inconvénients de la faiblesse.

Ceux qui ont des revendications ou des doléances doivent les présenter à un pouvoir puissant, sans recourir à des actes de violences qui ont généré tant de maux dans la région récemment.

* Processus de paix : Al-Watan consacre son éditorial au processus de paix et l’intitule : « Israël négocie pour gagner du temps uniquement ». Kerry s’est précipité à Amman pour rencontrer le Président Abbas, suite au refus du sommet du Koweït de reconnaître la judéité d’Israël. Bien qu’aucune information n’ait filtré de la rencontre, il semble quasiment impossible de réussir la moindre percée dans le processus de paix. Le problème concerne Israël qui négocie pour gagner du temps uniquement. Les grandes puissances le savent mais ne sont pas pour autant prêtes à juguler l’outrecuidance israélienne. Elles cherchent, au contraire, à obtenir davantage de concessions des Palestiniens.

(…) Il est évident que les Etats-Unis, parrains du processus de paix, n’entreprennent aucune démarche sérieuse pour assurer son succès.
La prolongation des négociations profitera à Israël uniquement, tant que l’accord-cadre prévu ne garantit pas un calendrier maximal clair, un seuil minimum de conditions acceptables et de véritables sanctions pour la partie qui ne respecte pas ses engagements.

Traduction & mise en page : Zéna GEDAY

Dernière modification : 07/04/2014

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