Presse du 21 juin 2015

Mots clés  : Nucléaire iranien / France / U.E. – Fin de la visite du Prince héritier en Russie – Arabie / Conseil de la Choura.


Titres Généraux
 :

AL Riyadh : * L’Arabie et la Russie signent un mémorandum d’entente pour des investissements de dix milliards de dollars.

Al Watan : * La Russie refuse d’accueillir les rebelles yéménites.

Al Hayat : * La coalition intensifie ses frappes contre les Houthis.

Sharq Al Awsat : * Explosions à Sana.

I - INFORMATIONS PRIORITAIRES

* Nucléaire iranien / France / U.E. : Le correspondant d’Al-Charq Al-Awsat, Michel BOunajem, consacre un article à la visite du MAE iranien, Zarif, au Luxembourg afin de dialoguer avec les principaux acteurs des négociations nucléaires, en présence du Secrétaire général des Nations unies.

M. Fabius sera « l’axe des contacts ». Le Secrétaire général l’informera des résultats de sa tournée au Moyen-Orient et examinera avec lui la nouvelle approche de Paris pour relancer les négociations de paix et une formule de remplacement du Quartet dont l’échec est désormais prouvé, en envisageant la formation d’un nouveau comité englobant le P5, l’U.E. et certaines parties influentes, dont l’Arabie et l’Egypte et peut-être la Ligue arabe.

Quant à la rencontre entre M. Fabius et son homologue iranien, elle s’articulera comme prévu, autour du dossier nucléaire iranien. Il faut noter que M. Zarif s’entretiendra en tête-à-tête avec le ministre Fabius et ultérieurement avec les autres parties européennes concernées par les négociations nucléaires.

M. Fabius achèvera mardi ses consultations par des entretiens avec son homologue russe sur le dossier syrien.

Une source française estime que la rencontre Fabius / Zarif est le fruit d’une « démarche » iranienne vis-à-vis de la France, en signe de reconnaissance pour sa « position » et ses « prises de position » dans le dossier nucléaire dont l’échéance approche.

Les Européens se sont à maintes reprises plaints du monopole américain sur le dossier nucléaire, lorsque les négociations se déroulaient entre Kerry et Zarif, qui exposaient par la suite, aux autres, les résultats. Ce comportement suscitait la colère de Paris dont le MAE s’est employé, à l’automne 2013, à faire échouer un accord transitoire américano-iranien.

Il est de notoriété publique que Paris adopte les positions les plus intransigeantes à l’égard du nucléaire iranien. De nombreux responsables français avaient exprimé leurs « craintes » quant à une précipitation américaine afin de marquer un succès diplomatique au Moyen-Orient, qui serait le seul des deux mandats Obama. Le tête-à-tête entre Fabius et Zarif serait « une démarche iranienne visant à anticiper toute opposition française » qui pourrait se manifester ultérieurement.

Alors que les sources françaises indiquent que les obstacles qui entravent la conclusion d’un accord « sont nombreux et difficiles », le négociateur russe confirme le contraire, indiquant « que les négociations progressent de façon satisfaisante compte tenu de l’échéance et les sujets conflictuels se comptent sur les doigts d’une main ». Or, le seul point d’entente entre Paris et Téhéran est qu’aucune des deux ne considère que le dépassement du délai du 30 juin soit un obstacle, contrairement aux Américains résolus à achever les négociations à cette date. Paris marque son attachement au principe de la « transparence » et à celui du rétablissement des sanctions si Téhéran ne respecte pas ses engagements.

Pour Paris, la transparence signifie autoriser l’AIEA à entrer sur les sites militaires et non-militaires pour vérifier l’aspect pacifique du programme et à garantir la ratification par le parlement iranien du protocole additionnel, qui autorise l’AIEA à accéder aux sites sans préavis.

(…) Zarif apportera-t-il de nouveaux éléments au Luxembourg ? La réponse est encore inconnue. Les ministres des six n’ont toujours pas décidé de se rendre à Vienne ou à Genève pour parachever les dernières phases avant l’accord. Le ministre iranien mise sur l’incapacité de Paris à faire face à la volonté américaine si celle-ci veut conclure. Paris sera dès lors dans une position embarrassante vis-à-vis de son grand partenaire. La politique de Paris est-elle indépendante, comme l’a affirmé maintes fois M. Fabius, au point de faire échouer un accord final béni par Washington ? De nombreux diplomates à Paris en doutent. Il faut désormais attendre ce que réservent les jours à venir.

II - AUTRES INFORMATIONS

* Visite du vice-Prince héritier en Russie : La presse relaie le message adressé par le vice-Prince héritier, le Prince Mohammed bin Salman, au président russe, confirmant la volonté commune de renforcer la coopération bilatérale dans tous les domaines.

La presse du 21 juin indique qu’au cours de la visite du vice-Prince héritier à St Pétersbourg, le PIF saoudien et le Fonds saoudien d’investissements directs ont signé un mémorandum d’entente pour l’investissement de 10 milliards de dollars.

* Arabie saoudite / Conseil de la Choura : Dans Al-Hayat du 21 juin, Daoud Al-Charayan s’en prend au Conseil de la Choura qui, lors d’un débat houleux en présence du ministre de l’Economie et du Plan, a constaté avoir débattu du plan de développement quinquennal vieux de 4 ans remis par le ministère éponyme. Le Président de la séance, Mohamed Al-Jefri, a dévoilé la chose en révélant que le rapport avait été remis par l’ancien ministre. Les membres ont fustigé l’affaire, d’autant qu’elle entrave le rôle de contrôle du Conseil de la Choura.

Le rapport a-t-il été envoyé délibérément par l’actuel ministre ou a-t-il été retardé en raison des procédures bureaucratiques ? Quoi qu’il en soit, il semble que les autorités exécutives au sein du gouvernement fassent très peu cas du Conseil de la Choura, dont les membres en ont parfaitement conscience et s’y rendent en simple visiteurs. Lorsqu’ils sont interrogés à ce sujet, ils avouent ne jouer qu’un rôle honorifique. Lorsque certains accomplissent leur devoir, ils semblent condamnés à des travaux forcés, à lire les règlements, à les reformuler mais sans que leur position ne soit prise en considération. Bien au contraire, elle est totalement ignorée.

Il s’agit là d’une vérité de la Palisse que tout le monde connait. Les membres du Conseil ont été critiqués par la presse, à croire que celle-ci parlait de la Chambre des communes en Grande-Bretagne, qui joue un rôle effectif.

Il est désormais incontestable que le Conseil de la Choura représente un fardeau pour la bureaucratie administrative. Il ne joue aucun rôle et ses membres se voient remettre des rapports et des règlements qu’ils s’emploient à revoir, mais vainement.
Ne restent que deux solutions : soit il subit le remaniement des autres hauts comités, soit la moitié de ses membres est élue afin qu’il puisse jouer un vrai rôle de contrôle.

* Abdul Rahman Al-Rached intitule sa tribune dans Al-Charq Al-Awsat : « Lorsque le Conseil de la Choura refuse la protection du patriotisme ». Des voix ne cessent de dénoncer les résultats du vote au Conseil de la Choura dont les membres ont refusé le projet de protection de l’unité nationale présenté par certains. Comment peut-il refuser d’étudier un tel projet, en dépit du danger ostensible et imminent induit par la multiplication des appels au racisme et au confessionnalisme, qui ont détruit tant de pays voisins, tels que l’Irak, la Syrie et le Yémen ? L’Arabie ne vit pas sur une comète isolée mais est menacée par les mêmes virus dangereux. Les appels provocateurs à son encontre ont déjà franchi les frontières.

Ceux qui ne pressentent pas le danger ne méritent pas la confiance considérable qui leur a été accordée. Leur vote n’est pas tant justifié par leur refus de l’unité nationale que par leur ignorance du danger qui menace leur pays.

Les membres du conseil qui ont présenté le projet ont pressenti les menaces qui planent et sont soucieux de les anticiper et de les éviter, contrairement à ceux qui refusent de voir les sociétés qui se sont effondrées tout autour, n’ayant pas réussi à trouver des dénominateurs nationaux communs qui unissent les diverses composantes. Ils ne voient pas que l’espace autour d’eux est rempli par ceux qui sèment la discorde et la haine et menacent leur pays.

La protection de l’unité nationale se fonde sur le discours du Roi Salman, référence de tous les pouvoirs, qui a rejeté toutes les classifications communautaires et confessionnelles.

Que peut-on faire désormais pour pallier la situation ? Certains ont préconisé une dissolution du Conseil de la Choura ; d’autres le recours au Conseil des ministres ; et d’autres des amendements à la Loi fondamentale de l’Etat.

« Je pense que la seule solution est le retour au Conseil de la Choura, d’autant que ses membres sont désignés par l’Etat qui est capable de régler les dysfonctionnements dans l’hypothèse où le conseil est incapable de résoudre les problèmes urgents ».

* Dans Al-Watan, Ali Saad Al-Moussa exprime également son choc après le vote du Conseil de la Choura contre l’unité nationale. (…) Il est honteux de constater que toute Constitution établie par un pays débute par une définition des droits et obligations dans la notion d’union nationale. « Je n’ai jamais entendu parler d’un peuple, tout au long de l’Histoire, à qui il a fallu plus d’un an pour élaborer sa Constitution. C’est ici, dans ce pays uniquement, qu’il a fallu six ans pour achever une étude marginale sur l’unité nationale, élaborée par l’élite de notre intelligentsia nationale. Ses efforts ont été torpillés en quelques secondes ».

* Quant à Fahd Al-Dughaïther, il se demande dans une tribune libre publiée dans Al-Hayat, s’il est désormais temps de procéder à une dissolution du Conseil de la Choura, suite à l’échec patent de la loi sur l’incrimination du confessionnalisme, en dépit des discours du Roi qui met en garde contre tout dérapage vers les discours haineux. Les opposants n’ont même pas d’arguments convaincants pour justifier leur refus. C’est là que réside la catastrophe. En effet, la présence de « blocs » minoritaires au sein de ce conseil qui imposent leurs idées « d’islamistes militants » doit réellement inquiéter.

(…) De telles positions expliquent le titre de l’article : en effet, la dissolution d’un parlement est une procédure normale partout et est une prérogative du Roi, lorsqu’il constate que ledit conseil n’a plus aucune valeur ajoutée pour le pays. Le malheur c’est que non seulement il ne représente aucune valeur ajoutée, mais il est désormais la cause de la paralysie. Il serait donc souhaitable de procéder à un remaniement en conservant les esprits éclairés, dont les idées sont systématiquement occultées lors des débats, et d’injecter du sang neuf et jeune ouvert à l’avenir et audacieux.

« Il est grand temps d’exploiter les esprits saoudiens pionniers, dont les vues sont assorties de détermination et de volonté de travailler. Il faut qu’ils trouvent leur place dans le nouveau remaniement afin d’accélérer l’étude et la révision de tous les projets pendants. Une telle action renforcera et confortera les piliers de l’Etat de demain. Le pays foisonne de tels individus. Leur choix n’est pas une action pénible. Il ne faut absolument pas céder à cette paralysie ».

Traduction & mise en page : Zéna GEDAY

Dernière modification : 22/06/2015

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