Presse du 22 & 23 juin 2015

Mots clés : France / Arabie / Visite du vice-Prince héritier à Paris - Conseil des ministres – Yémen – France / Arabie / Terrorisme / Justice – Arabie / C.C.E.A.G. / Irak – Arabie / Media / Wikileaks.

Titres Généraux :

Al Watan : * Le Prince Mohamed bin Salman en visite à Paris aujourd’hui.

Al Hayat  : * Le Président Hollande et le Prince Mohamed bin Salman se rencontrent demain à Paris.

AL Riyadh : * Le Cabinet royal : Le vice-Prince héritier effectue aujourd’hui une visite en France.

Al Jazirah : * Le vice-Prince héritier entame aujourd’hui une visite officielle en France.

Sharq Al Awsat : * Le vice-Prince héritier se rend à Paris et rencontrera demain le Président Hollande afin d’examiner des sujets régionaux et signer des accords.

I - INFORMATIONS PRIORITAIRES

* France / Arabie saoudite / Visite du vice-Prince héritier à Paris : Le Cabinet royal a diffusé hier un communiqué indiquant qu’en réponse à l’invitation du gouvernement français, et sur instructions du Roi Salman, le vice-Prince héritier Mohamed bin Salman effectuera aujourd’hui une visite à Paris au cours de laquelle il rencontrera le Président Hollande et des responsables français afin d’examiner les relations bilatérales et la coopération.

Dans Al-Hayat, Randa Takkieddine indique que le Prince Mohamed bin Salman aura des entretiens avec le Président Hollande et avec le ministre des AEDI, M. Fabius. Jeudi, il aura des entretiens avec le ministre de la Défense, M. Le Drian.

Cette visite s’inscrit dans le cadre de la co-présidence, par le vice-Prince héritier saoudien et M. Fabius, de la commission franco-saoudienne, formée à l’issue de la visite du Président Hollande à Riyad, où il était l’hôte d’honneur du sommet consultatif du C.C.G. Ladite commission devrait se réunir au Quai d’Orsay afin d’examiner les projets communs inscrits dans le programme de travail adopté par le Roi Salman et le Président Hollande dans divers secteurs, dont les transports, la santé, la défense et la sécurité. La commission poursuivra ses travaux à Riyad les 12 et 13 octobre prochain.

Une source française s’attend à ce que les deux parties examinent également le don saoudien à l’armée libanaise.

Quant à Michel Bounajem, il cite dans Al-Charq Al-Awsat une source française selon laquelle « une série d’accords devrait être signée à l’Elysée, soit avant les entretiens soit après, portant très probablement sur les investissements, le nucléaire civil, les transports et la coopération dans le secteur naval. Les entretiens entre le Président et le vice-Prince héritier portera sur les dossiers régionaux, la Syrie, l’Irak, le Yémen et les efforts français en vue d’une relance des négociations de paix.

Le Prince Mohamed bin Salman sera accompagné d’une importante délégation officielle, incluant les ministres des Affaires étrangères, du Commerce et d’autres ministres, hauts responsables et conseillers.

Une rencontre entre M. Fabius et son homologue saoudien est également prévue en amont de la réunion de la commission afin de revoir les positions des deux pays vis-à-vis des dossiers au menu.

Selon la source, « les relations bilatérales se fondent sur une base solide d’entente politique et de vision commune » pour traiter les dossiers embrasés dans la région, à savoir le dossier nucléaire iranien, la sécurité du Golfe, la Syrie, l’Irak, la lutte contre le terrorisme et enfin le Yémen.

Al-Riyadh consacre également deux pages à la visite du vice-Prince héritier à Paris sous les titres suivants : « La visite du vice-Prince héritier à Paris sera une valeur ajoutée au renforcement des relations bilatérales.

Les relations franco-saoudiennes : une grande histoire de coordination et d’évolution permanente.

La France et l’Arabie : concertations incessantes et divers accords pour un avenir meilleur ».

* Al-Hayat publie la tribune de M. Jamil Al-Ziyabi consacrée à la visite du vice-Prince héritier à Paris, moins de 72 heures après celle de sa visite inédite en Russie. Il s’agit d’un nouveau bond dans la diplomatie saoudienne, qui est désormais une diplomatie d’initiative, d’anticipation et d’attaque, où se trouvent les intérêts stratégiques de l’Arabie qui en récoltera les fruits au cours des jours à venir.

* Al-Riyadh intitule son éditorial : « Riyad et Paris au seuil d’une nouvelle étape ». Le partenariat stratégique entre Riyad et Paris s’engage dans un tournant important. Les deux pays sont résolus à concrétiser leur coopération et leur partenariat. Tout observateur de la présence française dans le monde arabe notera qu’elle marque de nombreux points. Cette présence se matérialise par des ententes politiques et une grande confiance qui se reflète par une coopération militaire et technique. Le Président français avait bien dit lors du sommet consultatif dont il était l’hôte d’honneur : « Nous sommes fidèles à nos amis et à nos engagements. La France n’hésitera pas à entreprendre une action si elle est nécessaire, même s’il s’agit d’une action militaire ».

La confiance réciproque est donc un élément important et essentiel dans la relation historique bilatérale, qui connait actuellement une relance sans bornes qu’il faut exploiter. La cohésion et l’entente pour aller de l’avant dans les relations semblent plus mures, plus confiantes et plus dynamiques que par le passé.

Il y a moins de deux mois, le Président Hollande s’exprimait de Riyad. Demain, le vice-Prince héritier co-présidera la commission mixte commune et signera des accords au cours de cette visite importante.

L’aspect politique de cette visite ne peut être occulté, d’autant que la France et l’Arabie sont en contact permanent durant cette période au cours de laquelle est formulé l’accord nucléaire avec l’Iran. La coordination sur ce sujet particulier est un signe ostensible des relations qui lient les deux pays. A cela s’ajoute l’étroite coopération au sujet du dossier syrien, d’autant que le ministre Fabius a révélé des négociations en cours pour écarter Bachar. Paris semble également être résolue à jouer son rôle influent dans le processus de paix, après s’en être écarté durant le mandat du Président Sarkozy. Les obstacles semblent être toutefois nombreux pour faire face au Likoud qui n’est pas coopératif dans l’élaboration d’un processus politique qui permette la formation d’un Etat palestinien.

Des missions lourdes et importantes attendent la visite du vice-Prince héritier à Paris. Les activités saoudiennes sur la scène internationale sont remarquables. Il est difficile d’en ignorer le sens, d’autant qu’elles peuvent se prêter à un tas de commentaires.

* Processus de paix : Dans son éditorial, Okaz fustige le Premier ministre israélien hostile à toute paix et résolu à éliminer les Palestiniens. Il n’a jamais été soucieux de trouver une paix juste et globale au Moyen-Orient. Aujourd’hui, son refus de l’initiative française confirme son intransigeance et son refus de la paix.

Pourtant, cette initiative française mérite d’être débattue par la communauté internationale et soutenue par les champions de la paix afin de trouver une solution équitable à la cause palestinienne.

* Conseil des ministres : Le Roi a présidé la réunion du Conseil des ministres qui s’est tenue au palais Al-Salam à Djedda. Il a remercié tous ceux qui lui ont adressé des messages de félicitations à l’occasion du début du mois de Ramadan et a informé les ministres des résultats de ses entretiens avec le Président pakistanais et avec le ministre turc des Affaires étrangères.

Les ministres ont salué le discours du Roi à l’occasion du Ramadan et ont souligné son refus de toute classification confessionnelle et communautaire.

Ils ont écouté un rapport sur la visite du vice-Prince héritier en Russie, ses entretiens avec le Président Poutine, avec les hauts responsables russes, et sur la signature d’accords, de mémorandums d’entente et de programmes exécutifs, dans le domaine des utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire, de l’espace, de la coopération militaire, du logement, du secteur pétrolier et des investissements. Ils ont fait l’éloge des relations bilatérales solides et de la volonté des deux pays de les renforcer dans tous les domaines.

Ils ont salué le communiqué de clôture de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’O.C.I. consacrée au Yémen : l’Arabie soutient tous les efforts déployés pour mettre fin à la crise yéménite et refuse fermement toute ingérence étrangère dans les affaires du Yémen, qui n’a pas fait l’objet d’une demande expresse de son gouvernement légitime.

L’Arabie regrette que les négociations de Genève se soient achevées sans un accord. Elle apprécie les efforts des Nations unies en vue de la mise en œuvre de la résolution 2216 et les démarches des Etats participants afin d’assurer le succès des efforts onusiens et la coopération positive du gouvernement yéménite légitime pour faire cesser les souffrances du peuple yéménite.

* Arabie saoudite / Yémen : La presse du 22 juin indique que de violents affrontements ont eu lieu aux frontières saoudo-yéménites, à proximité de la région de Jazan. Les forces saoudiennes ont repoussé les rebelles houthis qui ont tenté de s’approcher. Les avions de la coalition ont bombardé certaines positions rebelles à Saada.

II - AUTRES INFORMATIONS

* France / Arabie saoudite / Terrorisme / Justice  : Le Haut tribunal a validé le jugement rendu par le tribunal pénal spécialisé et par la cour d’appel pénale, condamnant à mort les deux inculpés de la cellule de Walid Al-Radadi, complices dans l’assassinat de ressortissants français à Médine en février 2007.

* Arabie saoudite / C.C.E.A.G. / Irak : Le Secrétaire général du C.C.G., M. Al-Zayani, a convoqué le Chargé d’affaires de l’ambassade d’Irak à Riyad, M. Ahmed Anwar Abdul Hamid, à qui il a remis un message de protestation des pays du C.C.G. au sujet du communiqué du MAE irakien relatif au jugement rendu à Bahreïn contre un ressortissant bahreïnien qui a commis des actes contraires à la loi. Les pays du C.C.G. ont demandé au gouvernement irakien de mettre un terme aux activités des organisations terroristes qui exploitent l’Irak pour former leurs éléments à des actes terroristes, qui encouragent les trafics d’armes et d’explosifs afin de déstabiliser Bahreïn et les pays du Golfe.

Dans leur message, les pays du C.C.G. ont déploré le communiqué du MAE irakien qui est une dérogation flagrante aux us diplomatiques, une ingérence ostensible et inacceptable dans les affaires internes de Bahreïn, une atteinte à la justice bahreïnienne et au principe de la souveraineté nationale, une infraction à la Charte de la Ligue arabe et à celle des Nations unies et aux principes de bon voisinage.
Les pays du C.C.G. ont appelé les frères en Irak à mettre un terme immédiat et définitif à toutes les formes d’ingérences dans les affaires internes de Bahreïn et des autres pays du C.C.G. sous quelque prétexte que ce soit.

* Arabie saoudite / Media / Wikileaks : Al-Riyadh se demande dans son éditorial du 22 juin pourquoi un « Wikileaks saoudien » en ce moment précis ? Le site Wikileaks diffuse actuellement des documents et des correspondances obtenues lors d’une cyberattaque contre le MAE saoudien au début du mois dernier. De nombreuses questions se posent au sujet des intentions de leur publication en ce moment particulier.

Nous sommes désormais face à un nouveau genre de guerre sur la toile. Il faut reconnaître que les positions adoptées par l’Arabie depuis le début des printemps arabes ont suscité la colère de nombreux pays, eu égard à la manière dont elle a réussi à échapper au chaos. La date de publication de ces documents coïncide avec celui de la tempête décisive qui a eu d’importantes répercussions régionales et internationales et a fait l’objet d’un quasi-consensus arabe. Certaines parties ont jugé nécessaire de torpiller ce consensus et d’ébranler la confiance dans l’Arabie.

A cela s’ajoute la guerre que mène le Royaume contre les groupes terroristes. Il n’est donc pas exclu que ceux-ci aient cherché également porter préjudice à l’Arabie.
Ce n’est pas la première fois que cette dernière est la cible de telles attaques. Quoi qu’il en soit, celle-ci tire la sonnette d’alarme sur la nécessité de protéger les sites sensibles notamment gouvernementaux, d’autant que de nombreux sites étrangers ont été la cible d’incursions électroniques menées en dépit des armées d’informaticiens mobilisées pour lutter contre de telles cyberattaques. Il ne faut pas laisser la tâche à des techniciens étrangers mais en charger des citoyens.

Traduction & mise en page : Zéna GEDAY

Dernière modification : 23/06/2015

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