Presse du 23 & 24 mars 2014

Mots clés : France / Arabie – Arabie / Etats-Unis / C.C.G. – Arabie / Etats-Unis –Arabie / Koweït / C.C.G. – Sommet arabe – Arabie / Grande-Bretagne – Russie – Arabie / Intérieur – Arabie / Intérieur / Province orientale.

Titres Généraux :

Al Watan : * Le Général Al-Turki aux oulémas de Qatif : Dénoncer le terrorisme ne suffit pas.

Sharq Al Awsat : * Arabie : Retour de 25% des Saoudiens qui combattent en Syrie.

Al Hayat : * L’Arabie insiste sur l’interdiction de hisser des drapeaux étrangers. Seules les ambassades et les organisations étrangères sont exemptées.

AL Riyadh : * Le Prince héritier examine avec la ministre britannique de l’Intérieur la coopération entre les deux Royaumes.

Al Jazirah : * Les ministres arabes des Affaires étrangères achèvent les préparatifs du sommet du Koweït et préparent l’ordre du jour.

I - INFORMATIONS PRIORITAIRES

* France / Arabie saoudite / Militaire : La presse saoudienne indique que le vice-ministre de la Défense, le Prince Salman bin Sultan, est arrivé hier en France pour une visite officielle de plusieurs jours. Il a été accueilli par le CEMA, le Général Pierre de Villiers.

* Arabie saoudite / Etats-Unis / C.C.G. : La conseillère pour les affaires de sécurité nationale américaine, Suzan Rice, a révélé que les divisions au sein du C.C.G. ont poussé la Maison blanche à renoncer à des démarches, qui n’ont pas été révélées préalablement, pour organiser un sommet des chefs des pays membres du C.C.G. avec le Président Obama lors de sa visite prévue vendredi en Arabie saoudite. Le Président américain maintiendra les entretiens prévus avec le Roi Abdallah, à l’issue de sa tournée européenne.

Rice ajoute que « la situation entre les pays membres du C.C.G. est devenue plus complexe récemment. Les Etats-Unis maintiennent des relations de coopération fortes avec tous les pays membres mais jugent que le moment n’est pas opportun à la tenue d’une réunion collective ».

Cette situation accroit, probablement, les difficultés dans les démarches que tente l’Administration Obama pour rassurer les alliés du Golfe au sujet de sa diplomatie relative au programme nucléaire iranien et combler le fossé des différends qui les opposent à Washington au sujet de la gestion de la guerre civile en Syrie.

Selon Reuters, il est possible qu’Obama exploite ses entretiens avec le Roi Abdallah pour corriger les relations avec le Royaume, qui est le plus ancien allié des Etats-Unis dans le monde arabe. Bien que des responsables américains aient exprimé le souhait d’une réconciliation entre les pays membres du C.C.G., il n’en demeure pas moins que Rice n’a pas évoqué une éventuelle médiation de Washington.

Elle a toutefois indiqué que les entretiens du Président Obama avec le Roi Abdallah et le Prince héritier d’Abou Dhabi, lors de la conférence sur la sécurité nucléaire prévue à La Haye la semaine prochaine « révéleront nos démarches pour encourager la coopération permanente entre nos partenaires au sein du C.C.G. » (Al-Hayat, 23/03).

* Arabie saoudite / Etats-Unis : Le vice-ministre saoudien de la Défense, le Prince Salman bin Sultan, a effectué une visite au siège de la CIA, dans le cadre de sa visite actuelle aux Etats-Unis. Il a été reçu par le directeur de l’agence avec qui il a évoqué les sujets d’intérêt commun (presse du 23/03).

* Arabie saoudite / Koweït / C.C.G. : Une source diplomatique du Golfe a révélé que le Koweït allait reporter sa médiation pour assainir le climat entre les pays membres du C.C.G., jusqu’après le sommet arabe prévu mardi. La décision du Koweït s’explique par une volonté d’examiner la crise dans un cadre strictement limité aux pays du Golfe afin que le sommet puisse faire la lumière sur plusieurs dossiers importants dont le processus de paix en vue de la visite prévue du Président Obama en Arabie, ainsi que les mécanismes de réforme de la Ligue arabe, la crise syrienne et le terrorisme (Al-Charq Al-Awsat, 23/03).

II - AUTRES INFORMATIONS

* Sommet arabe  : L’inquiétude prévaut à 48 heures de la tenue du sommet arabe prévu le 25 mars au Koweït, s’agissant du niveau de représentation des participants, bien que le ministre koweïtien de l’Information ait annoncé que 13 Présidents ont confirmé leur présence, ainsi que celle du Président du sommet, l’Emir du Koweït. Certains Présidents pourraient renoncer à venir et d’autres pays pourraient rabaisser le niveau de leur représentation, ce qui affectera incontestablement la qualité des résultats et des résolutions (Al-Hayat, 23/03).

* Dans sa tribune quotidienne dans Al-Charq Al-Awsat, Abdul Rahman Al-RAched dit ne pas attendre grand-chose de ce sommet qui se déroule dans un climat de tensions et de dissensions. Accepter les invitations ne garantit pas le succès de l’évènement. Il faut des intentions sincères et une disposition à consentir à des sacrifices. Les Arabes sont-ils prêts à faire face au massacre incessant en Syrie ? Qatar est-il disposé à renoncer à la politique de financement de l’anarchie ? Le gouvernement de Malki a-t-il l’intention de s’impliquer dans la modération ou de continuer à aller dans le sens de l’Iran ?

« Les batailles sont chaudes. Il est quasiment exclu d’assister à des surprises au Koweït. (…) Il faut continuer à être optimiste et à espérer des jours meilleurs où l’argent sera dépensé en faveur du développement de la région ».

* L’éditorialiste d’Al-Riyadh critique les sommets arabes en général, impuissants jusque-là à régler les problèmes. Les participants ne réussissent qu’à consacrer leurs différends et sont incapables de solidarité.

Ce sommet ne sera qu’un pâle plagiat des précédents : rencontres de complaisance et communiqué préparé d’avance sur des sujets éculés.
(…) Il est clair que le sommet arabe a perdu sa valeur, non pas pour son manque d’importance, mais du fait qu’il atteste que les Arabes sont divisés plutôt qu’unis.

* Arabie saoudite / Grande Bretagne : Le ministre de l’Intérieur, le Prince Mohamed bin Nayef, a reçu son homologue britannique et la délégation qui l’accompagne, arrivée le 22 mars, pour une visite officielle de plusieurs jours en Arabie (presse du 23/03).
Le Prince héritier a reçu la ministre britannique de l’Intérieur qui lui a transmis les salutations du Prince héritier Charles et du Premier ministre, David Cameron.

L’ambassadeur britannique a indiqué que la ministre examinera plusieurs dossiers importants au cours de sa visite, dont celui de la sécurité du Golfe, la situation en Syrie, les relations avec l’Iran et la situation sécuritaire en général.

Le ministre de l’Intérieur a également reçu son homologue britannique avec qui il a examiné les relations bilatérales et les sujets d’intérêt commun ainsi que la coopération.

* Russie  : L’éditorialiste d’Al-Watan critique, dans l’édition du 23 mars, la Russie qui a commis des erreurs importantes dans sa gestion de la crise ukrainienne, comme elle l’a fait et continue à le faire dans la crise syrienne.

Moscou fait fausse route si elle croit que ses positions lui permettront de recouvrer sa place de grande puissance, d’autant que la riposte occidentale et les sanctions pourraient affecter l’économie russe et susciter la colère de la population.

(…) La Russie va-t-elle continuer à perdre l’amitié des Etats et des peuples ? Ou s’assagira-t-elle et exercera-t-elle le rôle pacifique, qui est le sien, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité ?
La Russie doit savoir qu’il est honteux qu’elle s’expose à des sanctions internationales. Un grand pays est un pays qui sait gagner l’amitié et la confiance de tous sans perdre personne. Elle aurait effectivement pu être une grande puissance si elle avait exercé le rôle normalement dévolu d’apaisement des crises. Mais elle a opté pour l’abstention.

* Al-Riyadh du 23 mars intitule son éditorial : « Les petits dans la bataille des grands ». Le monde est à nouveau entraîné dans les polarisations entre l’Est, représenté par la Russie, et les pays de l’Otan à l’Ouest, résolus à mener une guerre économique, augurant de fortes pressions sur la Russie. Celle-ci réagit toutefois en prétendant que cette guerre existe depuis l’ancienne URSS, ne l’affectera pas et ne la poussera pas à capituler.

Politiquement, chacun brandit ses cartes. La Russie campe sur ses positions et se tiendra aux côtés de l’Iran dans son projet nucléaire. Mais force est de reconnaître que, s’agissant de Téhéran, les sanctions occidentales ont eu bien plus d’impact et c’est ce qui l’a incité à se réjouir ouvertement des négociations qui ont eu lieu récemment. Ce pays représente incontestablement une carte de compromis avec la Russie.

Ce qui se passe avec l’Iran, se reproduit également sur le front syrien : la victoire politique de la Russie et son soutien ouvert à Assad pourrait encourager la partie adverse à doter l’opposition avec des armes sophistiquées qui pourraient induire un changement dans le rapport de forces sur le terrain et contraindre Assad à accepter des solutions auxquelles il s’opposait. La Russie pourrait alors être considérée, à nouveau, par les Arabes et le monde musulman comme le véritable ennemi du peuple syrien. Mais quid dans l’hypothèse où le contraire survient, à savoir des solutions russes assorties de pressions directes sur Assad et un projet de règlement en cohérence avec les conclusions de Genève-1 ? En ce faisant, la Russie coupera l’herbe sous les pieds de ses adversaires sur les scènes iranienne et syrienne.

Il est certain que la crise ukrainienne sera transfrontalière. L’Occident pourrait entraîner la Russie vers de nouveaux fronts et intensifier les pressions économiques, bien que le Président Poutine soit, jusque-là, perçu comme un héros dans son pays. En outre, les déclarations occidentales n’ont aucune valeur et force est d’admettre que ce sont les Russes et les Chinois qui sont les vainqueurs des confrontations au sein du Conseil de sécurité.

L’Europe pourrait-elle se dispenser du pétrole et du gaz russes, en trouvant d’autres substituts, tels que le gaz de schiste américain ? Mais il faut du temps pour mettre ce projet en œuvre. A cela s’ajoutent les accords militaires bilatéraux ou multilatéraux qui peuvent devenir des cartes entre les deux parties et entraîner un retour à la course à l’armement.

La bataille est multidirectionnelle. Nul ne sait quelle tangente elle prendra d’autant qu’elle pourrait entraîner tout le monde dans son sillage.

* Arabie saoudite / Intérieur : Conformément à des instructions officielles, il est strictement interdit de hisser des drapeaux étrangers dans certaines régions saoudiennes. Seules les ambassades et les organisations internationales sont exemptées de cette interdiction.

Une source fiable a indiqué que le ministère de l’Intérieur a reçu des directives au sujet de drapeaux étrangers hissés dans certaines régions saoudiennes dont on ignore la raison et le but. Or, les autorités gouvernementales sont très strictes à ce sujet, conformément à l’article 6 de la Loi fondamentale du pays.

* Arabie saoudite / Intérieur / Province Est : Lors d’une conférence de presse donnée hier à Riyad, le Général Mansour Al-Turki, porte-parole du ministère de l’Intérieur, a évalué à 25% le nombre de combattants saoudiens en Syrie rentrés en Arabie. Parmi eux, se trouvent des individus dont les noms figurent sur les listes de recherchés impliqués dans des actes terroristes.

Il a également donné des détails sur les évènements dans la région Est, en précisant que ceux qui sont impliqués dans lesdits évènements n’ont pas de lien matériel ou idéologique avec le Hezbollah saoudien.
Il a annoncé l’arrestation des auteurs de l’attaque contre le véhicule de diplomates allemands dans la région orientale au cours du mois de janvier dernier, alors qu’ils se trouvaient à Al-Awamiyah.

Interrogé notamment au sujet du communiqué des oulémas chiites, prohibant le port d’armes contre l’Etat, le Général Al-Turki a insisté sur le rôle des citoyens qui « sont les premiers gendarmes ». Mais il ne suffit pas que les oulémas dénoncent et condamnent, il faut également que chacun lutte selon ses responsabilités.

Traduction & mise en page : Zéna GEDAY

Dernière modification : 24/03/2014

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