Presse du 24 avril 2016

Mots clés : Arabie / Etats-Unis – Arabie / Intérieur / Eau – Yémen – Arabie / Intérieur / Economie – Arabie / Conférence – Arabie / Culture / Cinéma.

Titres Généraux :

Al Watan : * Les Houthis se débinent et l’émissaire onusien appréhende les pourparlers du Koweït.

Al Hayat  : * Le ministre saoudien de l’Eau et de l’Electricité est dispensé de ses fonctions.

Okaz  : * Demain, adieu à l’hégémonie du pétrole pour entamer la nouvelle ère de la transformation.

AL Riyadh  : * Demain débute la nouvelle ère en faveur de la prospérité de la patrie.

Al Jazirah : * Le Roi parrainera ce soir la conférence internationale consacrée au Prince Saoud Al-Faysal.

Sharq Al Awsat  : * L’opposition syrienne : Pas de négociations avant de satisfaire les demandes humanitaires.

I - INFORMATIONS PRIORITAIRES

* Arabie saoudite / Etats-Unis : Selon Al-Watan, les media américains auraient incité le Président Obama à renforcer les relations avec l’Arabie, à la lumière de sa dernière visite à Riyad et du sommet avec les Chefs d’Etats du Golfe. Ainsi, le Foreign Policy aurait jugé que la clé de la stabilité au Moyen-Orient est entre les mains de Riyad, alors que Téhéran continue à semer les graines du terrorisme dans la région. Quant au Washington times il souligne l’importance du partenariat avec Riyad. Le Wall street journal a, pour sa part, plaidé en faveur du développement nécessaire de la coopération avec l’Arabie, en tant que puissance importante au Moyen-Orient.

* Abdul Rahman Al-Rached intitule sa tribune dans Al-Charq Al-Awsat : « Obama et la réforme des relations ». C’est probablement la dernière visite d’Obama dans la région en tant que Président. Sa rencontre avec les Chefs d’Etats du C.C.G. fut la seconde séquence du sommet de Camp David. La situation ne s’est pas beaucoup améliorée dans les relations entre les Etats-Unis et le C.C.G. sur tous les dossiers liés à l’Iran, précisément la Syrie, l’Irak et le Yémen.

Au cours de l’année écoulée, la Maison blanche a signé l’accord nucléaire avec l’Iran sans rien apporter en contrepartie aux pays du Golfe. Entre-temps, l’Iran et ses alliés ont continué à s’emparer de la région en menaçant les pays du Golfe et leur stabilité.
Après le sommet de Camp David, les pays du Golfe s’attendaient à ce qu’en contrepartie de la signature de l’accord nucléaire, les Etats-Unis renforcent leur politique vis-à-vis du déploiement de l’Iran. Cet équilibre n’a pas vu le jour. Au contraire, l’Iran a bénéficié de la levée des sanctions, de la libération de ses avoirs gelés et de contrats. Les pays du Golfe s’étaient engagé à ne pas s’opposer à l’accord international, soucieux d’envoyer un signal clair aux Etats-Unis leur expliquant qu’ils n’étaient pas opposés à la réconciliation entre l’Occident et l’Iran mais hostiles à la politique iranienne d’exportation du chaos et des révolutions.
Tel est le déséquilibre dans la relation entre les Etats-Unis et le Golfe. Washington ne peut s’ouvrir à l’Iran et l’autoriser à menacer la sécurité et les intérêts des pays de la région, tout en demandant à ces derniers des concessions incessantes.

Il reste quelques mois à Obama avant la fin de son mandat. Il est encore temps de sauver les relations avec les pays du Golfe en rétablissant l’équilibre et en rectifiant les dysfonctionnements induits par la signature de l’accord nucléaire. Ils ne peuvent rester les bras croisés alors que l’Iran étend son hégémonie sur la Syrie, l’Irak et le Liban.

Il suffit donc au Président Obama de mettre en œuvre ses déclarations, en écartant la tête du régime syrien, en soutenant les résolutions onusiennes concernant la rébellion yéménite.

Obama le fera-t-il ? Les chances sont minimes. Le Président n’a rien dit et la politique de son pays ne le laisse pas espérer. Il ne semble pas désireux d’adopter de nouvelles positions, considérant qu’il n’a pas de raisons valables de s’allier avec les pays du Golfe,.

La politique de la distanciation semble être le choix préféré d’Obama depuis son accession à la présidence. Or, il a été démontré que cette politique est une grande erreur : il est impossible d’épuiser les pays de la région en un court laps de temps ; et par ailleurs, le chaos a été l’alternative à la non-implication dans les crises régionales. C’est ce chaos qui a entraîné l’émergence d’Al-Qaeda, de Daech et de dizaines d’organisations terroristes qui menacent le monde. Exercer des pressions sur l’Iran serait susceptible de mettre un terme aux crises en Irak, en Syrie, au Liban et au Yémen, ou du moins de mettre un frein à de grands affrontements.

* Al-Jazirah publie la tribune de Mohamed Al Al-Cheikh consacrée à la visite d’Obama à Riyad. L’auteur analyse les motifs de la froideur dans les relations entre les Etats-Unis et les pays du Golfe qu’il impute essentiellement à l’accord nucléaire d’une part et aux récentes déclarations d’Obama à The Atlantic d’autre part.
Il admet par ailleurs que cette visite a permis, selon les déclarations et les informations qui ont filtré, de combler un tant soit peu le fossé.

Quoi qu’il en soit, force est d’admettre que les relations entre le C.C.G. et les Etats-Unis n’ont jamais connu la dégradation qu’elles ont connues sous la présidence d’Obama. Ses interventions politiques dans le monde arabe ont été un facteur essentiel de l’anarchie et des troubles dans la région, à commencer par l’Irak qu’il a livré aux Iraniens, son soutien à la politique des Frères musulmans et enfin la cour qu’il a faite à l’Iran pour signer l’accord nucléaire à tout prix. Face à ce cumul d’erreurs, il ne peut qu’admettre ses fautes et s’excuser.

* L’éditorialiste d’Al-Riyadh se demande dans l’édition du 22 avril si le sommet entre les Etats-Unis et le C.C.G. a atteint ses objectifs. Les deux bords ont été soucieux de donner un nouvel élan à leurs relations, en abordant leur importance mutuelle, les opportunités de coopération bilatérale, y compris économiques, et le rôle essentiel de chacun dans la lutte contre le terrorisme, en évoquant également la nécessité de faire face aux actions déstabilisatrices de l’Iran.

Certes, les propos du Roi Salman ont clairement reflété l’appréciation des pays du Golfe vis-à-vis des Etats-Unis. Le Président Obama a, pour sa part rappelé l’engagement de son pays à les défendre. Tout cela a pour but de rassurer les alliés du Golfe contre tout déséquilibre qui pourrait constituer une menace.

Il est possible de prétendre que le sommet a été un succès, ayant permis notamment aux Etats-Unis de renouveler l’engagement américain en matière de défense et de sécurité. C’est un engagement réciproque compte tenu de la menace que représente Daech pour la sécurité internationale. La détermination de l’Arabie à mener une intervention terrestre en Syrie contre Daech n’est que la preuve de son engagement à lutter contre le terrorisme partout.

Par ailleurs, le communiqué commun du sommet a conforté la volonté des deux pays de condamner le rôle iranien destructeur, de voir Assad disparaitre de l’avenir politique syrien, de confirmer des accords de défense et de coopération, en convenant de manœuvres militaires au mois de mars prochain. Ce sont donc des paramètres qui permettent de prétendre que ce sommet fut un succès, l’essentiel demeurant la préservation de l’esprit des deux sommets de Camp David et de Riyad et la concrétisation des décisions.

* Arabie saoudite / Intérieur / Eau  : Le Roi a promulgué un décret royal dispensant le ministre de l’Eau et de l’Electricité, l’ingénieur Abdallah Al-Hossain, de ses fonctions et chargeant le ministre de l’Agriculture, Abdul Rahman Al-Fadli, du portefeuille.

* Yémen  : Al-Riyadh consacre son éditorial au Yémen et l’intitule : « Pas de paix au Yémen sans désarmement ». L’auteur critique les déclarations de la délégation houthie qui refuse de déposer les armes avant même le début des négociations. Or, de telles déclarations augurent de l’échec de celles-ci, en dépit des efforts considérables déployés par le Koweït et le Président Hadi qui a fait patienter sa délégation quatre jours. Il est clair que celui-ci souhaite une paix permanente et la mise en œuvre de la résolution onusienne qui prévoit le désarmement des Houthis. Sans celle-ci, la guerre ne sera pas finie. Il s’agira uniquement d’une longue trêve en attendant le déclenchement d’une nouvelle guerre.

II - AUTRES INFORMATIONS

* Arabie saoudite / Intérieur / Economie : C’est demain que le Prince Mohamed bin Salman annoncera le nouveau plan de transformation économique du Royaume. De nombreuses réformes économiques et de développement sont attendues qui profiteront toutes aux citoyens.

* Arabie saoudite / Conférence : Toute la presse indique que le Roi ouvrira ce soir la conférence consacrée au Prince Saoud Al-Faysal, organisée par le Centre du Roi Faysal à Riyad.

* Arabie saoudite / Culture / Cinéma : Le Président du Conseil d’administration de l’association saoudienne de la Culture et des arts, Dr Sultan Al-Bazeï, a confirmé que le « 7ème art » en Arabie subit les pressions de courants qu’il qualifie « d’extrémistes intellectuellement » pour empêcher l’organisation de festivals du film cinématographique. « Ils pensent que nous pavons la voie à l’ouverture de salles de cinéma en Arabie ».

Toutefois, il a indiqué en marge du 3ème festival des films saoudiens qui s’est achevé à Dammam, que « l’ouverture de salles de cinéma est imminente. Elles existaient par le passé mais ont été fermées au cours des dernières années » (Al-Hayat).

Traduction & mise en page : Zéna GEDAY

Dernière modification : 24/04/2016

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