Presse du 25 juin 2015

Mots clés : Visite du vice-Prince héritier d’Arabie en France – France / Ecoutes américaines – Arabie / Intérieur – Arabie / Pakistan – Arabie / C.C.E.A.G.

Titres Généraux  :

Al Watan : * Paris et Riyad signent des accords militaires et nucléaires.

Al Hayat  : * Accords franco-saoudiens d’une valeur de 12 milliards de dollars.

AL Riyadh : * Le vice-Prince héritier et le Président Hollande assistent à la signature d’un certain nombre d’accords et passent en revue les relations bilatérales et les derniers développements régionaux.

Al Jazirah : * 10 accords signés entre Riyad et Paris, incluant une étude de rentabilité pour deux réacteurs nucléaires en Arabie.

Sharq Al Awsat  : * Riyad et Paris inaugurent un partenariat stratégique par la signature de dix accords.

I - INFORMATIONS PRIORITAIRES

* Visite du vice-Prince héritier d’Arabie en France : Toute la presse saoudienne consacre ses titres à la une à la visite du vice-Prince héritier, le Prince Mohammed bin Salman, à Paris et aux accords et contrats signés d’une valeur de 12 milliards de dollars. Elle consacre également un important espace éditorial en pages internes à cette visite et aux accords signés, accompagné d’une série de photographies.

Airbus vendra 23 hélicoptères au ministère saoudien de l’Intérieur pour une valeur de 500 millions d’Euros ; Riyad va lancer une étude de faisabilité sur la construction de deux réacteurs nucléaires français en Arabie.

Les observateurs ont jugé que la visite du vice-Prince héritier constitue un tournant qualitatif sans précédent dans les relations bilatérales. Les relations sont ainsi passées d’un partenariat à une relation de solidarité stratégique.

Avant la signature, le Prince Mohamed bin Salman et le ministre français des AEDI s’étaient entretenus puis M. Fabius a donné une conférence de presse avec son homologue saoudien, M. Al-Jubaïr, annonçant la finalisation de divers accords dans de multiples domaines, dont un accord en matière de financement des exportations entre la COFACE et le Public Investment Fund saoudien, ainsi que pour la vente d’avions et d’hélicoptères français.

La majeure partie des accords ont été signés en présence du Président Hollande et du vice-Prince héritier et sont considérés comme des investissements et non des achats directs, ce qui signifie des bénéfices considérables pour les deux parties sur les long et proche termes.

Les observateurs ont considéré que par rapport à l’Arabie, ils correspondent à sa quête permanente de diversification des sources de revenus, dont les résultats apparaitront d’ici trois à six mois.

Al-Hayat relève qu’aucun contrat d’armement propre au ministère saoudien de la Défense n’a été signé, hormis un seul pour équiper les garde-frontières d’hélicoptères.
Lors de la conférence de presse, M. AL-Jubaïr a souligné la volonté du Roi Salman de renforcer les relations avec la France.

Selon une source diplomatique française citée par Al-Charq Al-Awsat, les deux pays sont résolus à « accélérer la construction de cette relation sans perdre de temps ».
Aujourd’hui, le vice-Prince héritier doit rencontrer le ministre français de la Défense. Les dossiers de défense et militaires seront les principaux sujets au menu des entretiens.

Dans le cadre de la visite du vice-Prince héritier s’est tenue la réunion du conseil des affaires franco-saoudien, à l’occasion duquel le ministre saoudien du Commerce et de l’Industrie, Dr Tawfiq Al-Rabiah a indiqué que la visite du Prince Mohammed bin Salman profite aux intérêts de la relation bilatérale privilégiée entre les deux pays amis.

* Le rédacteur en chef d’Al-Charq AL-Awsat, Salman Al-Dossari, intitule sa tribune : « Le message des Saoudiens à la France ». Il est de notoriété publique que la majeure partie des positions diplomatiques saoudiennes vis-à-vis des dossiers du Moyen-Orient sont en harmonie avec celles de la diplomatie française. Paris est indubitablement aujourd’hui la capitale européenne la plus proche politiquement de Riyad. A cela, s’ajoute la lune de miel dans les relations entre les deux pays.

La visite qu’effectue donc le vice-Prince héritier à Paris est porteuse d’un message politique extrêmement important aux milieux français, à savoir que les positions solides de leur pays à l’égard des principaux problèmes de la région renforcent le pacte historique par un partenariat militaire, économique et industriel qui aura des répercussions positives sur les deux pays.

Trois axes essentiels résument le nouveau format de la relation franco-saoudienne : le nouveau pouvoir saoudien qui cherche à ouvrir de nouveaux horizons avec les pays européens ; les positions françaises très proches de la diplomatie saoudienne –qui n’ont quasiment jamais été divergentes- constituent une base solide et importante sur laquelle se fondent le renforcement des relations ainsi que la récente initiative de M. Fabius au sujet de la cause palestinienne ; et enfin, l’Arabie s’oriente vers une complémentarité économique avec un allié historique qui est la France : en effet Riyad a besoin de partenaires économiques parmi ses alliés et il est incontestable que les Français sont en tête de ces grands alliés.

Il est certain que les accords signés confirment que les deux parties sont gagnantes à court et long terme.

La visite du Prince héritier est porteuse d’un message indiquant que Riyad traite avec un allié dont les positions politiques sont toujours en cohésion avec les siennes. La conjoncture régionale et internationale est propice au renforcement de l’alliance stratégique entre les deux pays. Elle contribuera également à la formation d’un pôle stratégique futur en vue de l’adoption de positions communes plus fortes qui contribueront au règlement des principaux dossiers de la région, demeurés trop longtemps en suspens. Il est temps que ces alliances les extirpent du gel dans lequel ils sont coincés.

* Okaz intitule son éditorial : « La France qui soutient les causes arabes ». Le soutien aux causes régionales et aux droits arabes, en particulier ceux légitimes du peuple palestinien, caractérise la politique étrangère de la France. Celle-ci se distingue également par la constance de ses positions, tout au long de son Histoire dans la région. Elle mérite donc le respect dont elle bénéficie. Cette diplomatie est désormais le moteur politique qui permet à la France de se rapprocher davantage des causes arabes. Ce soutien et cette proximité se sont matérialisés à travers une série d’initiatives relatives aux crises régionales. La France a notamment été le premier Etat à apporter son soutien à la tempête décisive au Yémen.

Lorsque la boussole saoudienne s’oriente vers la France, son but est de renforcer le dialogue stratégique avec le pouvoir décisionnel français afin de trouver des solutions équitables aux problèmes et aux crises de la région en feu.

Il est certain que la visite du vice-Prince héritier aura des effets positifs et dynamisera l’action politique franco-saoudienne afin de contenir les crises et accélérer les solutions.

* Al-Iqtissadiyah intitule son éditorial : « Riyad et Paris, des politiques qui font la différence ». La visite du vice-Prince héritier à Paris consacre l’importance du rôle des deux pays sur la scène internationale ainsi que le développement incessant des relations bilatérales.

Cette visite est d’autant plus importante qu’elle intervient alors que le chaos le plus total règne au niveau du pouvoir décisionnel international, dont les causes sont connues de tous. Il incombe donc à des Etats importants tels que la France et l’Arabie d’agir pour contenir les dommages induits par de telles décisions.
L’Arabie et la France sont membres de grands groupes, dont le G20. Leur rôle n’est ni protocolaire ni nominatif mais il fait toute la différence à l’heure où la sagesse fait totalement défaut dans les décisions internationales.

La présence économique et commerciale de la France sur la scène saoudienne est de plus en plus remarquable, de même que l’afflux des investissements saoudiens en France ainsi que la coopération militaire.

L’Arabie ne revoit pas ses relations internationales mais s’emploie à les consolider de manière à répondre à ses intérêts. La visite du vice-Prince héritier à Paris va ouvrir de nouveaux horizons sur tous les plans.

Il n’existe pas de limites aux relations entre Riyad et Paris du moment qu’elles profitent aux deux pays. L’essentiel reste l’harmonie qui préside à leur positions sur la scène internationale. Tout progrès bilatéral à tout plan est en soi un bond en avant.

* Al-Charq Al-Awsat publie la tribune de M. Nabil Amro intitulée « Fabius pêche dans les eaux troubles de Kerry », faisant référence à l’initiative que vient de lancer le ministre français des Affaires étrangères au sujet du Moyen-Orient.
M. Fabius pêche actuellement dans les eaux troubles de Kerry et ouvre à la diplomatie française, qui était plus ou moins engourdie ces derniers temps, les portes d’influence au Moyen-Orient. Le Ministre doit nécessairement aller de l’avant dans son initiative et mobiliser des parties internationales importantes en sa faveur et proposer la solution régionale qui correspondra le mieux à la situation au Moyen-Orient, post-printemps arabes.

Il est certain que la France a de nombreux mobiles vitaux pour s’infiltrer dans cette région du monde de façon plus efficace et plus réussie. Mais cette incursion ne sera pas efficiente si elle ne s’accompagne pas de persévérance et de méthodologie et si elle n’est pas entérinée par l’U.E.

* France / Ecoutes américaines : Al-Riyad intitule son éditorial « la paranoïa américaine ».

Les Etats-Unis ont placé les trois derniers Présidents français sur écoute. Elle avait agi de même avec Mme Merkel. Si tel est son comportement avec ses alliés et amis européens, quid alors de ses amis au Moyen-Orient ? La rapacité de Washington pour de telles écoutes a débuté après le 11 septembre. Dès lors les notions de privé et de liberté, qu’elle scande haut et fort et dont elle se targue, se sont entremêlées et n’étaient plus que des slogans.

Les Etats-Unis espionnent des démocraties où le sens de la responsabilité, de la censure, de la liberté de presse, des parlements élus, des démocraties ancestrales et des institutions de la société civile est puissant. Ce sont des pays tels que la France et l’Allemagne qui les ont initiés aux bases de la politique et au pouvoir décisionnel.

Il est clair qu’aujourd’hui Washington met sa réputation et ses amitiés en péril. Elle pousse vers un nouveau concept dans les relations internationales qui torpille la notion de confiance que les responsables américains n’ont de cesse de répéter.
Force est de reconnaître que Washington est atteinte d’une réelle paranoïa, espionnant des chefs d’Etat de nuit alors qu’en plein jour, elle les rencontre, coordonne avec eux et les qualifié d’alliés de paix et de guerre.

II - AUTRES INFORMATIONS

* Arabie saoudite / Intérieur : Le Roi a promulgué hier deux décrets royaux, l’un nommant Hamad bin Mohamed Al-Dwayleh au poste de vice-ministre de la Santé pour les affaires de Santé et l’autre dispensant le Président du comité général de l’audiovisuel, Dr Riyad bin Kamal bin Khodr bin Jabr, de son poste.

* Arabie saoudite / Pakistan : Le Prince héritier Mohamed bin Nayef a reçu hier le Président pakistanais et a offert un repas en son honneur.

* Arabie saoudite / C.C.E.A.G.  : Le Roi a reçu hier le Secrétaire général du C.C.G., Dr Abdul Latif Al-Zayani, et a examiné avec lui certains sujets relatifs au processus d’action commune ainsi que les derniers développements régionaux et internationaux.

D’autre part, le Prince héritier a reçu M. Al-Zayani avec qui il a évoqué les sujets qui seront inscrit au prochain sommet ordinaire des chefs du C.C.G. prévu à Riyad (Al-Riyadh).

Traduction & mise en page : Zéna GEDAY

Dernière modification : 25/06/2015

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