Presse du 25 mars 2014

Mots clés : Conseil des ministres – France / Arabie – Arabie / Etats-Unis – Syrie – C.C.E.A.G. – Arabie / Hongrie – Arabie / Industries.

Titres Généraux :

Al Hayat : * Le sommet du Koweït s’ouvre aujourd’hui mais les « attentes sont modestes ».

Al Jazirah : * Le Prince héritier préside la délégation saoudienne au 25ème sommet arabe au Koweït.

Al Watan : * Koweït : le sommet de « la réorganisation interne » examine les dossiers « problématiques ».

Okaz  : * Réunions chaudes en marge pour éviter un échec du sommet du Koweït.

AL Riyadh : * Le Prince Meqren examine le renforcement des relations économiques avec le Premier ministre hongrois.

Sharq Al Awsat  : * L’Arabie s’engage dans le marché de l’industrie navale mondiale.

I - INFORMATIONS PRIORITAIRES

* Conseil des ministres : Le Prince Salman a présidé la réunion du Conseil des ministres qui s’est tenue au Palais Al-Yamama à Riyad. Au nom du Roi, il a souhaité plein succès aux participants au 25ème sommet arabe qui se déroule au Koweït.

Les ministres ont discuté de rapports relatifs aux évènements sur les scènes arabe, régionale et internationale. Après avoir pris connaissance du rapport de la commission d’enquête internationale sur la Syrie, ils ont exprimé leur profonde inquiétude face aux souffrances des réfugiés syriens, d’autant que les rapports internationaux révèlent une dégradation de la situation, en particulier celle des femmes et des enfants. Il est important, ont-ils souligné, de juger les coupables de ces crimes contre l’humanité et ces crimes de guerre, de les traduire en justice et de soutenir les réfugiés syriens en leur apportant les secours nécessaires.

Par ailleurs, le Royaume confirme son intention de protéger et de renforcer les Droits de l’Homme au niveau national et d’y contribuer aux niveaux régional et international. Sa participation aux réunions régulières du Conseil des Droits de l’Homme à Genève en témoigne.
Sur la scène locale, les ministres ont salué la teneur du discours du Roi devant la 2ème conférence des ministres de la Jeunesse et des Sports des pays islamiques, qui s’est ouverte la semaine dernière à Djedda : le Roi a recommandé de s’intéresser aux jeunes et de les préparer, à tous les niveaux, à faire face aux exigences actuelles et aux défis futurs.

Le Conseil des ministres a fait l’éloge de la tenue du 2ème forum économique arabo-hongrois, co-présidé par le Prince Meqren et le Premier ministre hongrois : c’est une occasion de mieux connaître les opportunités économiques et les facilités qui seront accordées aux investisseurs dans tous les domaines. L’Arabie est résolue à profiter des ressources et des atouts des pays amis, par des échanges commerciaux, une coopération en matière d’investissements et des partenariats économiques. Il a salué la politique de la Hongrie et ses relations avec les pays arabes.

Il a également fait l’éloge de la nomination de 72 créateurs et créatrices saoudiens, lauréats des olympiades nationales de la créativité scientifique pour 2014.

Par la suite, le Conseil des ministres a autorisé la création d’une société anonyme, la société saoudienne pour les investissements industriels, au capital de plus de 2 milliards de riyals.

* France / Arabie saoudite : Toute la presse saoudienne indique, avec photos à l’appui, que le vice-ministre de la Défense, le Prince Salman bin Sultan, actuellement en visite en France, s’est rendu hier au MAE, où il a été accueilli par le ministre Fabius et un certain nombre de responsables. Ils ont évoqué les sujets d’intérêt commun.
Le Prince Salman bin Sultan a également été reçu au ministère de la Défense par M. Le Drian.

* Arabie saoudite / Etats-Unis : Abdul Rahman Al-Rached consacre sa tribune à « Obama en visite à Riyad ». Tant que le Président Obama n’a pas annulé sa visite prévue à Riyad, celle-ci est considérée comme la visite la plus importante depuis son accession à la Présidence, d’autant que c’est le seul pays de la région qui l’accueillera. Que d’hypothèses ont été avancées au sujet des discussions prévues. Toutefois, la Maison blanche n’a quasiment rien laisser filtrer, hormis les propos concis de Suzan Rice.

Les relations saoudo-américaines sont probablement les seules relations constantes dans la région. Certes, elles ont été émaillées de crises, la présidence d’Obama n’y faisant pas exception. Sa politique a souvent été différente de celle de Riyad, notamment au sujet de l’Egypte, de Bahreïn, de la Syrie et de l’Iran. Le Roi Abdallah est un homme courageux qui a souvent pris des décisions audacieuses sur les dossiers précités.

Les Etats-Unis dont les positions ont été divergentes, excepté sur le Yémen, doivent comprendre qu’amitié ne signifie pas pour autant inféodation. La défiance dans la région s’explique par le sentiment général que le Président Obama a opté pour une politique d’isolement et de sortie de la région. Il n’a donc pas le droit de décider pour les Saoudiens de quelle manière gérer leurs affaires et défendre leur existence.

En dépit de ces divergences, Riyad a parfaitement conscience que les relations avec Washington sont une affaire stratégique et non tactique.

Reste le dossier nucléaire iranien pour lequel Obama a affiché un enthousiasme ostensible alors que Riyad doute de ses résultats. Dans ce cas, il faut laisser une chance aux négociations, d’autant que l’Arabie sera gagnante si Washington réussit effectivement à rectifier le tir de la politique de l’Iran et à la pousser vers la modération, en renonçant à la militarisation et aux affrontements. Certes, l’espoir est ténu mais qui sait ?

Enfin, s’agissant de l’intérêt que manifestent les Etats-Unis pour la stabilité interne en Arabie, il est légitime, eu égard au poids dont bénéficie le Royaume, qui a réussi sa guerre contre Al-Qaeda et a prouvé sa résistance à l’ère des printemps arabes, en réussissant à gérer sa situation interne mieux que ne se l’imaginent ses amis américains.

* Syrie  : Al-Riyadh intitule son éditorial : « La Syrie, pôle de la guerre régionale ». Aucun évènement en Syrie ne peut désormais surprendre d’autant que ce pays est ouvert à toutes les éventualités, depuis l’apparition de tant de protagonistes, combattant pour de multiples prétextes.

(…) Toutefois, l’avion syrien abattu par la Turquie est un élément nouveau. L’échauffement du front entre les deux pays pourrait dégénérer vers le pire si l’armée du régime syrien entreprend de nouvelles infiltrations aux frontières turques. Cependant, compte tenu de sa situation géographique sur la mer noire et de la nouvelle crise entre les Russes et l’Occident, Ankara ne veut pas qu’une action quelconque contre la Syrie soit interprétée comme un défi lancé aux Russes ou une exploitation de la situation actuelle. Mais elle pourrait être contrainte à réagir si Assad s’engage dans un bras de fer militaire avec elle.

La Syrie est désormais l’archétype des batailles régionales et internationales pour des règlements de compte. L’une de ses manifestations la plus ostensible est le soutien illimité de l’Iraq de Malki, homme honni dans son pays, n’ayant d’amitiés régionales qu’avec l’Iran. Il craint effectivement un renforcement des Sunnites en Syrie qui viendra étayer la position des sunnites iraquiens. L’homme ne réfléchit pas avec les principes de la cohabitation et de la distanciation des évènements dans un pays voisin. A l’instar d’Assad, il n’est mu que par des mobiles communautaires. Tel est le complexe des deux régimes et la cause de leur collusion.

La crise syrienne pourrait perdurer des années encore et contaminer l’Iraq et le Liban.

* C.C.E.A.G.  : Al-Jazirah publie la chronique de Jasser Al-Jasser intitulée : « A quoi servent les bons offices auprès des tenants d’intentions malveillantes ? » L’auteur s’en prend au Qatar, qui, selon lui, accueille sur son sol « l’académie du changement » et la finance. Le but de celle-ci est de former la jeunesse arabe, en particulier celle du Golfe, en vue d’un changement des régimes politiques. C’est un fait avéré. Il exploite ses media pour menacer la sécurité arabe : la chaîne Al-Jazirah s’est muée en tribune pour encourager les discordes et l’anarchie. A cela s’ajoutent les centres de recherches et d’études où pullulent les experts étrangers, qui planchent sur des études visant à changer les régimes politiques dans les pays du Golfe. Enfin, il accueille sur son sol tous les instigateurs qui complotent contre la sécurité du Golfe, dont les Frères musulmans, fers de lance de la confrontation avec les régimes politiques en place.
Est-il donc utile, suite à tous ces détails, de s’essayer à des médiations et de bons offices du moment que ce pays campe sur ses positions et marque son attachement à cette stratégie, contraire à celle de la fondation du C.C.G. ?

II - AUTRES INFORMATIONS

* Arabie saoudite / Hongrie : Le Prince Meqren bin Abdul Aziz a reçu hier le Premier ministre hongrois et la délégation qui l’accompagne. A cette occasion, un accord de non-double imposition a été signé entre les deux pays ainsi que le protocole annexe.
Les deux parties ont également évoqué les perspectives de coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations économiques et commerciales.

Le Prince héritier Salman a reçu le Premier ministre hongrois avec qui il a examiné les derniers développements régionaux et internationaux. Ont notamment assisté aux entretiens, le Prince Saoud Al-Faysal et le Prince Mohamed bin Salman, chef de Cabinet du Prince héritier.

* Arabie saoudite / Industries  : Une source fiable du Fonds des investissements publics, a révélé que la part du Fonds dans la société arabo-saoudienne d’investissements industriels (société anonyme saoudienne), dont la création a été annoncée en Conseil des ministres, avec un capital de 533 millions de dollars est de 50%. Sabic et Aramco se partagent le reste.

La source, qui a requis l’anonymat, a indiqué que la nouvelle société se concentrera, dans un premier temps, sur les industries lourdes et de transformations. L’entrée sur le marché international de la fabrication navale sous toutes ses formes, est l’un des objectifs essentiels de la nouvelle société. Son but est également de contribuer à la diversification de l’économie nationale ; elle participera à la création d’emplois au profit des citoyens et attirera les capitaux (Al-Charq Al-Awsat).

Traduction & mise en page : Zéna GEDAY

Dernière modification : 31/03/2014

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