Presse du 26 & 27 mars 2014

Mots clés : Arabie / Etats-Unis / Visite d’Obama – Sommet arabe – France / Arabie – Arabie / U.E. – Arabie / Intérieur – Arabie / Islam – Arabie / Economie / Industrie.

Titres Généraux :

Al Watan  : * Déclaration du Koweït : Entente sur les principes ; report du « règlement ».

Al Jazirah : * Les Chefs d’Etats arabes dénoncent les « massacres » du régime syrien.

Sharq Al Awsat : * Clôture du sommet du Koweït par l’adoption d’une feuille de route pour le règlement des conflits.

Okaz  : * Le sommet du Koweït s’engage à régler les conflits.

Al Hayat  : * Fermeture de l’ambassade de Syrie à Riyad.

AL Riyadh : * Le Prince héritier reçoit une responsable européenne et examine avec elle la situation humanitaire pénible du peuple syrien.

I - INFORMATIONS PRIORITAIRES

* Arabie saoudite / Etats-Unis / Visite d’Obama : Le Président Obama arrive vendredi en Arabie pour la première visite importante depuis 2009, qui reflète, selon un responsable américain, l’importance des relations bilatérales et le partenariat stratégique de 70 ans, qui dépasse les développements actuels.

Selon des experts, la stabilité régionale et la sécurité dans le Golfe, ainsi que les dossiers syrien et égyptien seront les principaux sujets au menu des entretiens. Riyad pourrait tenter d’exercer des pressions afin de pousser le processus de paix et garantir des élections intègres en Iraq.

Un responsable américain de l’institut Woodrow Wilson, David Ottaway, précise que « les relations stratégiques entre l’Arabie et les Etats-Unis et la coopération bilatérale seront examinées ». Ledit responsable a souligné la profondeur des relations stratégiques solides dans les domaines de la défense et de la sécurité. L’alliance dépasse les changements et les bouleversements qui surviennent dans la région. Washington ne substitue pas ses alliés.

Il est possible que les deux parties débattent également de la visite du Président iranien Rohani en Arabie.

Ottaway ajoute que la partie américaine a modifié sa position vis-à-vis des développements en Egypte elle recoupe largement désormais celle de l’Arabie.

Sur le dossier syrien, il est prévu que le Président américain examine la possibilité d’armer l’opposition modérée et de frapper les groupes terroristes en Syrie. Ce fut notamment le sujet abordé lors de la visite du Prince Mohamed bin Nayef à Washington le mois dernier.

On constate, par ailleurs, que le différend américano-saoudien subsiste au sujet de l’approche de la situation en Iraq et la position vis-à-vis de Malki ainsi qu’au sujet du processus de paix, que Riyad qualifie de pilier de la stabilité au Moyen-Orient.

Obama rencontrera le Roi Abdallah. Il sera accompagné des piliers de son Administration, notamment le Secrétaire américain au Département d’Etat, des chefs militaires et des services de renseignements (Al-Hayat, 26/03).

* C’est à Rawdat Khreim que le Roi Abdallah recevra le Président Obama. Le sommet saoudo-américain portera sur la sécurité dans le Golfe, le dossier nucléaire iranien et la crise syrienne.

L’ancien conseiller du Président Obama pour le Moyen-Orient, Dennis Ross qualifie les relations « d’inéluctables. Le Président Obama, devra au cours de cette visite, dissiper les craintes saoudiennes ».
De son côté, le Président de la commission des Affaires étrangères au Conseil de la Choura, Dr Khodr Al-Qorshi, affiche un grand optimisme quant aux résultats de la visite qu’entame demain le Président Obama. Le Royaume joue un rôle efficace dans la région. Les Etats-Unis ont conscience que la crise syrienne doit être réglée et sont résolus à nouer une coordination avec Riyad (Al-Hayat).

* Sommet arabe : La presse du 23 mars rend largement compte du déroulement du sommet arabe et relaie des extraits de l’allocution du Prince héritier Salman, président de la délégation saoudienne. Il a notamment plaidé en faveur du renforcement des efforts arabes pour lutter contre les tentatives de déstabilisation des pays arabes. Il faut une volonté forte, une détermination sincère et une coordination collective permanente de façon à garantir l’unité des rangs pour faire face aux défis.

S’agissant de la crise syrienne, le Prince Salman a indiqué « que pour sortir de l’impasse syrienne, il faut un changement du rapport des forces sur le terrain. Il faut donner à l’opposition le soutien et les aides qu’elle mérite. Il faut octroyer le siège de la Syrie à la coalition nationale afin d’adresser un message fort à la communauté internationale et l’inciter à revoir ses méthodes de gestion de cette crise.

Il a réitéré la position inébranlable du Royaume au sujet du processus de paix, afin que les Palestiniens puissent recouvrer leurs droits légitimes et former leur Etat indépendant ayant Jérusalem pour capitale.

Il est important, en matière de terrorisme, de prendre toutes les mesures nécessaires pour lutter contre le terrorisme et l’éradiquer. Ce phénomène est désormais dangereux pour la sécurité et la stabilité des pays de la région et de leurs populations et un moyen de semer la discorde.

Le Prince Salman a plaidé en faveur de relations normales entre les pays arabes, empreintes de confiance et de respect réciproques, et de non-ingérence dans les affaires des autres. Les litiges doivent être réglés par les voies pacifiques (presse du 26/03).

* Ce jour, elle relaie la déclaration du Koweït, qui met particulièrement l’accent sur les constantes et le règlement des conflits, notamment en Syrie et en Egypte.

Comme prévu, le seuil du succès était relativement bas. Aucune « percée » n’a été constatée au sujet des conflits en cours. La majorité, sympathisant avec l’opposition syrienne, a réussi à « consacrer » la position de la Ligue arabe en faveur de cette dernière. La déclaration du Koweït stipule que la coalition nationale syrienne est la représentante légale du peuple syrien. Une résolution spéciale convie les représentants de la coalition à participer aux réunions du Conseil de la Ligue « à titre dérogatoire aux règles en vigueur au sein de la Ligue, à compter de la prochaine session qui débutera en septembre 2014. Cette participation n’induit aucun engagement touchant la décision souveraine de chaque Etat membre ». Certains pays, l’Iraq et l’Algérie, ont émis des réserves au sujet de cette résolution, alors que le Liban s’est abstenu.

* En marge du sommet, le Prince Saoud s’est successivement entretenu avec le Président yéménite et le Président djiboutien sur les moyens de renforcer les relations bilatérales.

* Al-Riyadh intitule son éditorial : « Les vues sont toujours nébuleuses ». Nul ne prétend que le sommet du Koweït a été couronné de succès. Force est d’admettre que la position des pays arabes, en général, est faible, trouble et ils s’entredéchirent.
Le sommet a été réduit à quelques heures afin d’éviter les conflits et les heurts et l’annonce de son échec. Même le terrorisme, qui a pourtant frappé tous les pays arabes, a été quasiment marginalisé, en dépit de son ampleur sans précédent actuellement.

Le dernier sommet a sonné le glas de cette Nation. Le monde la regarde comme si elle était hors de l’histoire : un exemple récent frappant en témoigne, à savoir la situation en Syrie et en Ukraine. Dans le premier cas, les évènements semblent se dérouler hors de l’orbite normal ; alors que la seconde a secoué les eaux stagnantes et a entraîné une guerre politico-économique entre l’Est et l’Ouest, compte tenu de la position géographique de l’Ukraine. Il est clair que la Syrie ne bénéficie pas de la même importance que l’Ukraine.

Ce qui est d’autant plus affligeant dans le cas syrien est de voir le régime obtenir les armes nécessaires de Russie, alors que l’opposition est sous pression, par crainte que les armes ne finissent dans les mains des terroristes. C’est un argument inacceptable et il faut que les forces sur le terrain soient au moins égales, pour pousser les protagonistes vers la solution politique. Force est d’admettre que tant l’Orient que l’Occident placent cette région du monde dans la case des crises et des guerres.

Nous sommes les seuls à blâmer pour ces problèmes créés, qui ont permis aux autres de se jouer de nos destins. Tout projet arabe meurt dans l’œuf avant même d’éclore. Nous sommes complètement aveugles et aucune règle ne régit les relations entre les peuples et les régimes en place, entraînant le terrorisme, les rébellions et les frustrations.

L’échec de ce sommet n’est qu’une reproduction de tous les échecs passés. Il s’agit d’une crise de régime et non de volonté des peuples. En évoquer les causes serait trop long tant que les vues restent toujours aussi nébuleuses.

II - AUTRES INFORMATIONS

* France / Arabie saoudite : Le Prince Khaled Al-Faysal, ministre de l’Education et de l’Enseignement, a reçu hier à son Cabinet l’ambassadeur de France, M. Bertrand Besancenot. Ils ont évoqué la coopération bilatérale et ont marqué leur volonté de la poursuivre et de trouver de nouveaux domaines de coordination en matière d’éducation et d’enseignement (Al-Riyadh).

* Arabie saoudite / U.E.  : Le Prince Salman a reçu hier la responsable de la coopération internationale, des aides humanitaires et des crises à la commission européenne. Ils ont examiné les sujets d’intérêt commun et la situation humanitaire régionale et internationale en particulier en Syrie.

* Arabie saoudite / Intérieur : Le ministre de l’Intérieur, le Prince Mohamed bin Nayef, a inauguré l’Académie Mohamed bin Nayef pour la sécurité diplomatique et a parrainé la cérémonie de remises de diplômes aux participants à trois stages spécialisés en études militaires et comportement diplomatique.

Le directeur général de la sûreté publique a indiqué que ces nouveaux diplômés seront affectés à la protection des ambassades saoudiennes à l’étranger, des ambassades étrangères en Arabie et celle des délégations étrangères en visite dans le Royaume (presse du 23 mars).

* Arabie saoudite / Islam  : Le sous-secrétaire au ministère des Affaires islamiques, Dr Tawfiq Al-Sudairy, a confirmé que les muftis, les ministres des Affaires islamiques dans les pays arabes, les oulémas et les penseurs sont parfaitement conscients de la gravité du takfir et des fatwas indument émises et de la nécessité de régler ce problème. Il est important de contrôler ce domaine dans tous les pays arabes.

* D’autre part, une source du ministère saoudien des Affaires islamiques a recommandé aux imams et aux prédicateurs dans les mosquées d’éviter de ressasser les thèmes des prêches du vendredi et de ne pas trop les prolonger, car cela rebute les fidèles et les ennuie.

En effet, les observateurs du ministères et les plaintes des fidèles ont poussé le ministère à adresser de telles directives.

De surcroît, le ministère va sanctionner les imams et les prédicateurs qui abordent des sujets politiques ou confessionnels, s’attaquent à des personnes, des Etats ou des institutions, ouvertement ou implicitement (Al-Iqtissadiyah).

* Arabie saoudite / Economie / Industrie : Suite à la décision du Conseil des ministres d’autoriser la création de la société saoudienne des investissements industriels, le ministre des Finances, Dr Ibrahim Al-Assaf, indique que le Fonds d’investissements publics, dont il est président du conseil d’administration, participera à hauteur de 50% au capital de la nouvelle société qui est de deux milliards de riyals, aux côtés d’Aramco et de Sabic. Le but de cette nouvelle société est d’exploiter ses productions de base et celle des sociétés saoudiennes stratégiques pour les investir dans des industries de transformation et des industries auxiliaires, sur des bases commerciales. Son but est également d’investir dans tous les secteurs économiques stratégiques (Al-Watan).

Traduction & mise en page : Zéna GEDAY

Dernière modification : 31/03/2014

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