Presse du 27 octobre 2015

Mots clés  : Conseil des ministres – Crise syrienne – Arabie / Intérieur / Sécurité – Arabie / Climat – Arabie / Grande-Bretagne.

Titres Généraux :

Al Hayat : * Syrie : Les Etats-Unis et la Russie favorables à un élargissement aux pays de la région.

Al Jazirah : * Le Roi examine avec Poutine la situation régionale et adresse des invitations au Président des EAU et à l’Emir du Qatar pour le sommet de Riyad.

Sharq Al Awsat  : * Moscou et Assad ouvrent la porte aux concessions. Mascate sur la ligne des médiations.

AL Riyadh : * Le Conseil des affaires économiques et du développement adopte les orientations et les vues du ministère de l’Habitat.

I - INFORMATIONS PRIORITAIRES

* Conseil des ministres : Le Roi a présidé la réunion du Conseil des ministres qui s’est tenue au palais Al-Yamama à Riyad. Il a informé les ministres de la teneur du message qu’il a envoyé au Président égyptien, de celle des entretiens téléphoniques avec les Présidents russe, turc, afghan et les résultats des audiences accordées au Premier ministre bahreïnien, au Premier ministre éthiopien et au Secrétaire américain John Kerry.

Les ministres ont été informés des résultats de la réunion quadripartite consacrée à la situation en Syrie et à une solution pour mettre fin à la crise du peuple syrien.
Le conseil a pris connaissance des résultats des visites des ministres des Affaires étrangères indonésien, malaisien, singapourien et autrichien, en saluant les relations bilatérales avec ces pays et la volonté de tous de les développer de façon à servir les intérêts communs dans de nombreux domaines.

Les ministres ont évoqué la célébration du 70ème anniversaire de la fondation de l’ONU et ont souligné que les changements et les défis du monde contemporain, aux plans sécuritaire, économique, idéologique, écologique et sanitaire nécessitent un renforcement du rôle des Nations unies, une dynamisation de ses institutions et une relance des efforts visant à réformer l’organisation afin qu’elle puisse accompagner les développements internationaux.

Ils ont réitéré l’appréciation du Royaume pour les efforts déployés afin d’améliorer l’action du Conseil de sécurité et sa réforme ainsi que pour sa disposition à coopérer avec le reste des Etats membres afin d’atteindre ces objectifs nobles ; il faut que le conseil puisse être capable d’assumer ses missions essentielles, garantir la paix et la sécurité internationales et défendre la légitimité internationale.

Les ministres ont salué les deux prix obtenus par l’organisme de dessalement de l’eau à l’occasion du sommet mondial de l’eau.

Par ailleurs, le Conseil des ministres a élargi hier les prérogatives des 13 gouvernorats des régions en y ajoutant des bureaux pour femmes dans le cadre de la structure organisationnelle. Il a également adopté un règlement unifié qui renforce la parité entre les régions et garantit toute disparité.

* Crise syrienne : Le Roi Salman s’est entretenu au téléphone avec le Président Poutine avec qui il a évoqué les derniers développements régionaux.
De son côté, le ministre omanais des Affaires étrangères, Youssef bin Alawi, a été reçu hier à Damas par le Président Assad, avec qui il a évoqué les « idées proposées régionalement et internationalement pour tenter de résoudre la crise syrienne », quelques jours avant la réunion de Vienne entre les ministres des Affaires étrangères américain, russe, saoudien et turc afin de parachever le débat de la « solution russe ». Concomitamment, les ministres américain et russe des Affaires étrangères intensifient les contacts diplomatiques pour élargir la participation des pays de la région au règlement.

Ce soir, une réunion aura lieu à Paris, en présence de M. Fabius, entre les ministres des Affaires étrangères saoudien, émirien, jordanien, allemand, britannique et un représentant des Etats-Unis.

Une source de haut rang a indiqué à Al-Hayat que la réunion de ce soir a pour but de « nouer une coordination afin d’évaluer l’intervention russe, et jauger la réaction à cette intervention, à la lumière de l’activité américaine accélérant la recherche d’une solution politique. C’est ce qui contraint les Européens et leurs partenaires arabes à nouer une étroite coordination avec les Etats-Unis avant la réunion de Vienne.

De son côté, Michel Bounajem évoque cette réunion dans Al-Charq Al-Awsat et rappelle qu’en dépit du rôle militaire et politique croissant de la Russie, le ministre Lavrov n’a pas été convié à la réunion de Paris. Le deuxième grand absent de cette réunion sera l’Iran « qui n’a pas encore affiché, selon Paris, une volonté de jouer un rôle positif ».

Il faut rappeler que Moscou cherche à inclure Téhéran et d’autres parties, dont l’Egypte, la Jordanie, Qatar et les EAU aux tournées diplomatiques accélérées qui se concentrent toutes sur une perception commune de la phase transitoire.

Une source occidentale à Paris, bien que confirmant que l’objectif apparent de la réunion est la « concertation et la consultation », souligne que l’un des objectifs latents est de « confirmer les positions et les lignes » autour desquelles doivent s’articuler les négociations. Paris, qui campe sur une position intransigeante au sujet de Bachar Assad, contrairement à d’autres positions européennes et à celle des Américains empreintes de « souplesse », cherche à éviter « le glissement » vers des positions plus laxistes. Paris refuse également les élections législatives et présidentielles, que promeut Moscou, sous prétexte que « c’est la voie saine pour connaitre la volonté du peuple syrien ».

La source ajoute que le rôle de « médiateur » que veut jouer Moscou est déplacé. Elle est partie à la crise. Par ailleurs, s’agissant des élections, comment peut-on les envisager dans un pays où la moitié de la population est soit réfugiée soit exilée. Cet appel est contraire aux principes de Genève-1 qui préconise la formation d’une autorité de transition dont le rôle sera de convoquer, lorsque les conditions le permettront, des élections.

Paris veut enfin empêcher Assad de se porter candidat aux élections. En bref, le but de la réunion est « de parvenir à des positions collectives qui mènent aux négociations ».

* Le rédacteur en chef d’Al-Riyadh, Turki Al-Sudairy, consacre une tribune au « retour inopiné de la Russie » au Moyen-Orient après plus de trois décennies d’éloignement.

(…) Celle-ci n’a jamais été l’ennemie d’un pays particulier ; bien au contraire elle entretient des relations positives avec la majeure partie des pays arabes et il existe de réelles opportunités de développement et de rapprochement, à l’heure où les Arabes sont las des promesses américaines, en particulier contre Daech, le régime syrien et Israël. Le retour de la Russie mettra un terme au monopole américain et constituera un début de changement, qu’il faudra gérer prudemment et avec pragmatisme. Les règles du jeu devront être différentes de celles qui prévalaient dans les années 60, car le conflit n’est plus idéologique mais stratégique. Les Arabes recherchent la stabilité et les Américains veulent que les Arabes aient toujours besoins d’eux. Quant aux Russes, ils ont besoin d’alliés à travers le monde afin de mettre un terme aux ingérences occidentales dans la côte russe, en particulier en Crimée.

« Il ne faut pas que mes propos soient interprétés comme qualifiant le retour de la Russie dans la région d’élément positif. Mais c’est une occasion qu’il est possible d’exploiter positivement, si les Arabes misent sur leurs intérêts stratégiques à long terme, pour anéantir Daech et freiner l’expansion iranienne, sans épuiser les Arabes matériellement et militairement. Dans ce cas nous les aiderons à atteindre leurs objectifs et ils nous permettront d’atteindre les nôtres ».

* Dans sa tribune quotidienne dans Al-Jazirah, Jasser Al-Jasser s’interroge sur les dessous de toutes ces rencontres, réunions et actions dans le but de régler la crise syrienne, transformée en tragédie quotidienne, dont les répercussions ont atteint les Etats européens, voire au-delà.

La crise syrienne menace désormais d’atteindre l’Europe, notamment la Russie, lorsque tous les combattants tchétchènes et caucasiens reviendront chez eux. C’est pourquoi Moscou s’implique aujourd’hui pour tenter de les éradiquer ou du moins de les contenir. C’est l’une des raisons de la participation directe de l’armée ruse dans les batailles en Syrie.

Les Russes, qui mènent les initiatives, grâce à la suprématie de leur Président dont les manœuvres dépassent celles du Président américain, continuent à faire des propositions, à participer aux réunions, associant leur présence militaire sur le terrain à une présence politique intense, et tentant de convaincre les autres puissances internationales du nécessaire maintien du régime de Bachar en dépit de tous les crimes et horreurs dont la Syrie a été le théâtre.

Ils prétendent vouloir donner à Bachar une dernière chance sous prétexte de préserver les institutions de l’Etat syrien, qui aideront à l’éradication du terrorisme. Pourtant toutes les données démontrent que son maintien attisera le terrorisme après avoir contribué à créer la milice la plus dangereuse de tous les temps, dont les chefs étaient dans ses prisons.

Cette insistance au maintien d’Assad sapera tous les efforts internationaux en faveur d’une solution politique. C’est pourquoi, l’élargissement du cercle des contacts internationaux n’a pour but aujourd’hui que de noyer la position qui refuse le maintien de Bachar et la poursuite de la solution militaire par laquelle ils finiront par imposer le fait accompli et maintiendront Bachar à la tête du pouvoir.

II - AUTRES INFORMATIONS

* Arabie saoudite / Intérieur / Sécurité : Un kamikaze a perpétré hier un attentat à la ceinture explosive dans une mosquée de Najran, causant deux morts et 26 blessés. Un septuagénaire a empêché le kamikaze d’atteindre les fidèles, ce qui l’a poussé à actionner sa ceinture.

L’attentat a été revendiqué par DAech qui précise dans son communiqué que l’auteur est « Abou Ishaq Al-Hijazi ».

* Arabie saoudite / Climat : Les astronomes ont donné des informations contradictoires au sujet de l’influence du phénomène « El Niño » sur les taux de pluviométrie en Arabie, d’autant que des pluies diluviennes s’abattent sur le nord du pays. Les services météorologiques saoudiens attribuent ces pluies à El Niño. Lesdits services prévoient également des changements climatiques dus à ce phénomène, lequel avait entraîné des inondations à la Mecque et à Djedda en 2009.

* Arabie saoudite / Grande-Bretagne : La presse relaie l’article de l’ambassadeur d’Arabie à Londres, le Prince Mohamed bin Nawaf, publié dans le « Telegraph ». Celui-ci s’inquiète de la manière dont la presse britannique débat de certains sujets qui concernent son pays, en rappelant le rôle vital de l’Arabie dans le monde arabe. Il indique également que plus de 50 mille familles britanniques vivent et travaillent en Arabie, grâce aux contrats commerciaux évalués à des dizaines de milliards de livres sterling et aux investissements saoudiens en Grande-Bretagne. Aucun pays ne dépense dans la lutte contre le terrorisme autant que l’Arabie. Elle est une bonne source de renseignements et a permis à la Grande-Bretagne de déjouer certains attentats. Il réfute également les allégations mensongères au sujet du rôle saoudien dans la crise des réfugiés syriens.

Traduction & mise en page : Zéna GEDAY

Dernière modification : 28/10/2015

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