Presse du 28 & 29 octobre

Mots clés  : France / Iran / Nucléaire - Conseil des ministres – Sommet saoudo-koweïtien - C.C.E.A.G. / Yémen – Monde arabe – Arabie / Syrie / Conférence de Berlin – Arabie / Liban / Discours de Nasrallah – Elections tunisiennes – Arabie / Conseil de la Choura / Démographie / Société – Arabie / Garde nationale – Arabie / Koweït / Pétrole – Arabie / Culture / Cinéma – Arabie / Justice.

Titres Généraux :

Al Hayat  : * Riyad considère que les politiques barbares du régime d’Assad sont à l’origine de la crise des réfugiés.

AL Riyadh : * Le Roi et l’Emir du Koweït examinent les perspectives de coopération et les développements régionaux et internationaux.

Al Jazirah : * Le Roi et l’Emir du Koweït évoquent la coopération bilatérale.

Sharq Al Awsat  : * 7 points importants dans un message des pays du C.C.G. au Conseil de sécurité concernant le Yémen.

I - INFORMATIONS PRIORITAIRES

* France / Iran / Nucléaire  : Al-Charq Al-Awsat publie un article de son correspondant à Paris, Michel Bounajem, consacré à la prochaine réunion sur le nucléaire iranien.

Les négociateurs iraniens et les représentants des 6 pays doivent reprendre, le 18 novembre prochain à Vienne, les négociations au sujet du programme nucléaire iranien. Ils ont un délai de six jours pour parvenir à un accord final ou proclamer leur échec. En attendant, les experts des deux bords sont en contact pour échanger les informations et préparer l’ultime rendez-vous décisif, qui affectera la région et les relations de l’Iran avec la communauté internationale.

Lors d’une rencontre avec un groupe restreint de journalistes, une source français officielle a présenté un tableau détaillé des résultats du dernier round de négociations à Vienne, des difficultés qui entravent l’accord, des perspectives de chances de succès et enfin des décisions que pourraient adopter les deux parties en cas d’échec.

La source française affiche son pessimisme car « les choses semblent difficiles et complexes » en raison des « différences considérables » entre les positions des deux bords au sujet des principaux points litigieux d’une part, et du fait que l’Iran n’a pas fait les choix difficiles, d’autre part. Il s’est également abstenu d’entreprendre les « démarches nécessaires » qui prouvent incontestablement que son programme nucléaire est pacifique et qui permettent de conclure un accord final. En dépit du sérieux des négociateurs, ajoute la source, il semblerait que le souci principal de l’Iran soit d’obtenir la levée immédiate des sanctions internationales en contrepartie d’un minimum de concessions, qui lui permettent de préserver son programme nucléaire en y apportant des modifications minimes. La balle est donc dans le camp iranien et il faut que ses dirigeants adoptent les décisions politiques nécessaires pour parvenir à un accord, car dans le cas contraire les sanctions seront maintenues.

Paris confirme que les négociateurs font face à trois obstacles essentiels. Le plus complexe concerne l’ampleur du programme iranien. La source française refuse toutefois de détailler le nombre de centrifugeuses que l’Iran souhaite garder et ce que pourraient accepter les six pays, ou d’évoquer le taux d’enrichissement et les quantités d’uranium. Il est cependant évident que les négociateurs n’ont pas encore réussi à combler, un tant soit peu, le fossé qui sépare les deux bords.

Selon une autre source diplomatique, l’Iran souhaite des dizaines de milliers de centrifugeuses, alors que les Occidentaux n’acceptent que quelques milliers uniquement et à un taux d’enrichissement ne dépassant pas 5%.

Le deuxième obstacle concerne l’avenir du réacteur d’Arac en cours de construction, destiné au traitement du plutonium qui peut mener à la fabrication de la bombe atomique. Les Occidentaux veulent que l’Iran s’en débarrasse. Celui-ci fait preuve d’une certaine « souplesse » bien que cela ne signifie pas obtempérer aux désirs occidentaux.

Quant à la prorogation des négociations au-delà du 24 novembre, Paris juge que « les conditions nécessaires ne sont pas réunies ». La prorogation ne pourra avoir lieu que si les deux bords s’approchent d’un accord qui nécessite un supplément de temps pour clore tous les dossiers techniques « complexes ».

* Conseil des ministres : Le Prince héritier a présidé la réunion du Conseil des ministres qui s’est tenue, le 27 octobre, au palais Al-Yamama à Riyad. Il a informé les ministres des résultats de ses entretiens avec le Président afghan Ghani, en faisant l’éloge des relations bilatérales et en confirmant le souci commun de les renforcer dans tous les domaines. Il les a également informés de ses entretiens avec le coordinateur de la coalition internationale de lutte contre Daech, le Général Allen.

Par ailleurs, les ministres ont jugé que la poursuite des évènements dans le monde arabe et leurs incidences sur la sécurité et la stabilité dans les pays voisins, les actes terroristes, les destructions sont des situations douloureuses et affligeants pour chaque Musulman. Ils ont souhaité, qu’avec cette nouvelle année de l’hégire, toutes les crises soient résolues et ont réitéré les appels de l’Arabie à la communauté internationale de redoubler d’efforts pour mettre un terme à tous les conflits et de faire face au terrorisme afin que le monde puisse connaitre la sécurité et la stabilité.

Le Royaume a condamné et dénoncé une fois de plus les actes terroristes perpétrés dans le nord du Sinaï et a présenté ses sincères condoléances aux familles des victimes, tout en souhaitant un prompt rétablissement aux blessés.

Le Conseil des ministres a réitéré ses mises en garde contre la gravité des plans israéliens visant à judaïser la Mosquée Al-Aqsa et à la diviser. Il s’agit d’une violation flagrante de la sacralité de la mosquée, des principes du droit international et des résolutions des Nations unies pertinentes. Il a rappelé, à cet égard, le communiqué de la Ligue arabe contenant des mises en garde contre les dangers induits par ce plan, qui va déstabiliser la région et menacer la paix et la sécurité mondiales.

Les ministres ont également souligné la teneur de l’allocution des Etats membres de l’O.C.I. devant le Conseil de sécurité , relatif à une disposition sur la situation au Moyen-Orient, condamnant les violations israéliennes incessantes à la mosquée Al-Aqsa et nuisant aux fidèles qui y prient, confirmant l’identité islamo-arabo-palestinienne de Jérusalem occupée : la communauté internationale doit nécessairement assumer ses responsabilités de protection de la paix et de la sécurité mondiales et prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre fin à l’occupation israélienne des territoires occupés.

Par ailleurs, le Conseil des ministres a donné son accord à la création de 17 clubs sportifs dans 11 régions.

* Sommet saoudo-koweïtien  : Le Roi a reçu à Riyad l’Emir du Koweït, Cheikh Sabah Al-Ahmed Al-Jaber al-Sabah. Ils ont évoqué les perspectives de coopération bilatérale ainsi que les derniers développements régionaux et internationaux.

Al-Charq Al-Awsat relaie les déclarations du sous-secrétaire au MAE koweïtien, Khaled Al-Jarallah, qui indique que le but essentiel de la visite de l’Emir du Koweït est d’atténuer les tensions entre les pays membres du C.C.G. et de préparer un contexte favorable au succès du prochain sommet du Golfe prévu à Doha avant la fin de l’année.

* C.C.E.A.G. / Yémen : Les pays du C.C.G. ont récemment présenté une demande auprès du Conseil de sécurité afin de mettre en œuvre les résolutions concernant le Yémen et d’imposer des sanctions à ceux qui bloquent la réconciliation, quels qu’ils soient.

C’est le Koweït qui a présenté la demande en tant que Président en exercice du C.C.G.

M. Abdallah Al-Moallemi, délégué saoudien auprès des Nations unies, a indiqué que la demande a été présentée jeudi dernier et contient de nombreux points : il s’agit essentiellement d’attirer l’attention du Conseil de sécurité aux évènements qui se déroulent au Yémen, de faire assumer audit conseil ses responsabilités vis-à-vis de la dégradation de la situation sécuritaire, de mettre en œuvre les résolutions du Conseil de sécurité à tous les niveaux, d’imposer des sanctions à ceux qui entravent la réconciliation, individus et entités et d’accélérer la recherche d’une solution à la dégradation de la situation (Al-Charq Al-Awsat).

* Monde arabe : Sous le titre « Réveillez-vous, Ô Arabes », le journaliste Khaled Al-Malek, brosse, dans Al-Jazirah, un tableau inquiétant de la situation qui prévaut dans le monde arabe et de l’avenir qui lui est réservé. A cela s’ajoute le silence officiel médiatique pour rassurer les populations face au spectacle sanglant en Irak, en Libye, au Yémen et en Syrie, à l’instabilité au Liban, en Egypte et en Tunisie.

Il aurait été souhaitable que les résultats de l’entrée en scène, timide, des forces des grandes puissances pour écraser les éléments terroristes aient été plus rapides et plus efficaces, réduisant ainsi le temps nécessaire à l’élimination de ces forces terroristes qui représentent un réel danger pour la région et ses populations. Ce que nous voyons n’incite en rien à l’optimisme.

Daech se déploie et se renforce en Irak et en Syrie. Nul ne réfrène les visées expansionnistes des Houthis, qui s’emparent des villes yéménites l’une après l’autre.
La plus grande erreur que commettent les grandes puissances est de garder ce mutisme terrifiant face aux évènements au Yémen, d’apporter une contribution timorée à la lutte contre Daech. Pourtant, force est de reconnaître que plus la guerre durera, plus elle attirera de nouveaux éléments terroristes et favorisera la mainmise sur des armes de toutes sources. Si les forces de la coalition, précisément les Etats-Unis, étaient réellement désireuses de se débarrasser de cet ennemi, elles n’auraient pas eu besoin de tant de temps.

L’avenir nous réserve de nombreuses surprises qui ne seront nécessairement pas favorables à la sécurité et à la stabilité des peuples de la région et à leurs populations, d’autant que certains pays de la région, l’Iran, jouent avec le feu et n’hésitent pas à attiser les feux du confessionnalisme.

« Nous ne cachons pas nos appréhensions de voir ces batailles se multiplier, d’autant que des mercenaires étrangers à la région, en provenance parfois de pays pauvres, y participent, appâtés par le gain. Il n’y a aucun espoir de voir ces scènes tragiques s’achever de sitôt, compte tenu de l’absence de toute coordination entre les pays de la région, d’autant que la Ligue arabe est censée assumer ce rôle. Or, cette Ligue est malheureusement le grand absent.

Certes, l’Arabie dispose d’atouts solides mais il faut craindre pour les pays dont les régimes sont fragiles et qui n’ont que des capacités militaires limitées. Les feux pourraient se déployer plus rapidement que prévu ! »

II - AUTRES INFORMATIONS

* Arabie saoudite / Syrie / Conférence de Berlin : La presse relaie l’allocution du Royaume, lue par le vice-ministre saoudien des Affaires étrangères, le Prince Abdul Aziz Bin Abdallah, à la conférence de Berlin consacrée aux réfugiés syriens. L’Arabie a notamment confirmé l’incapacité de la communauté internationale à imposer les solutions équitables auxquelles aspire le peuple syrien. Ce sont également les peuples et les pays voisins qui paient le prix de cette tragédie humanitaire. Celle-ci est le résultat direct des politiques barbares auxquelles a eu recours le régime syrien contre son peuple depuis le mois de mars 2011. L’Arabie continue à apporter son soutien aux réfugiés.

* Arabie saoudite / Liban / Discours de Nasrallah : Al-Watan consacre son éditorial au récent discours de Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah libanais. Il a utilisé 13 fois le mot « takfir » (anathème) dans son discours destiné à certains Libanais qui se laissent aisément mener intellectuellement et émotionnellement pour croire les affabulations de Nasrallah.

Chaque fois que le Hezbollah a l’impression d’une défaite politique ou militaire imminente, Nasrallah apparait sur les écrans pour accuser l’Arabie de soutenir le terrorisme ou le « takfir ».

Il s’agit d’une manœuvre politique qui reflète la politique « criminelle » de la République iranienne dans la région.

* Elections tunisiennes : Al-Charq Al-Awsat publie la tribune libre de M. TAreq Al-Homaid, consacrée aux élections tunisiennes, sous le titre : « l’Etat de Bourguiba, non le parti d’Al-Ghannouchi ». Les élections de Tunisie attestent que l’Etat tunisien a réussi alors que les Frères musulmans ont perdu, partout. Il en va de même pour le courant de l’Islam politique.

* Al-Riyadh consacre également son éditorial à « la démocratie en Tunisie ». Celle-ci a inauguré le printemps arabe et a été le premier pays à appliquer la démocratie. Elle a su sortir de la nébulosité du printemps vers une coalition nationale réussie. Elle est ainsi habilitée à être le parangon de la nouvelle démocratie induite par la première révolution populaire. Le succès est fulgurant dans un monde arabe toujours enfermé dans son aveuglement et son obscurantisme.

* Arabie saoudite / Conseil de la Choura / Démographie / Société : Le Conseil de la Choura a refusé d’approuver le document de politique démographique et a fait échec aux recommandations de la commission ad hoc qui avait demandé la suppression de la phrase « diminution du taux de fécondité en encourageant les naissances éloignées » et la correction du terme « santé procréative par santé de la mère et de l’enfant ».

Le Conseil a décidé de rendre le rapport de la commission de l’habitat relatif à la politique démographique afin qu’elle le réexamine (presse du 28/10).

* Arabie saoudite / Garde nationale : Le Prince Mitab bin Abdallah, ministre de la Garde nationale, a inauguré hier de nombreux projets relevant de son ministère dans la région de l’Ihsa. A cette occasion, il a notamment indiqué que les forces de la Garde nationale sont prêtes à repousser toute attaque que pourrait mener Daech ou d’autres organisations terroristes, et à tout moment (presse du 28/10).

* La presse de ce jour relaie les déclarations du Prince Mitab, ministre de la Garde nationale, qui a annoncé l’ouverture d’un bureau d’opérations commun entre tous les secteurs militaires afin qu’ils agissent comme une seule équipe.

* Arabie saoudite / Koweït / Pétrole : Le ministre koweïtien du Pétrole est sorti du silence qu’il a gardé tout au long de cette période au sujet de la polémique concernant les raisons de l’arrêt de la production au champ pétrolier d’Al-Khafji.
Il a confirmé que cette affaire n’affectera pas les relations fortes entre l’Arabie et le Koweït qui sont bien plus solides. Les deux pays sont liés par des relations de fraternité. Ces problèmes peuvent être réglés par le dialogue et la coopération. Nos portes sont ouvertes.

Toutefois, le ministre n’a donné aucune explication relative à l’arrêt de la production, contrairement au MAE koweïtien qui avait publié un communiqué précisant qu’il s’agit d’un problème purement technique et non politique. La partie saoudienne souhaite entreprendre certains travaux de maintenance relatifs à l’environnement. La production reviendra à ses niveaux antérieurs une fois les problèmes techniques réglés.

Aucune date n’a été donnée pour la reprise de cette production ou sur l’indemnisation du Koweït. La partie saoudienne garde le mutisme total, se refusant à tout commentaire (Al-Hayat, 28/10).

* Arabie saoudite / Culture / Cinéma : Un responsable du comité de l’information audiovisuelle de la Mecque a révélé que l’ouverture de salles de cinéma en Arabie est imminente. En effet, des offres présentées par certains investisseurs pour l’ouverture de salles de cinéma sont actuellement étudiées sérieusement (Al-Riyadh, 28/10).

* Arabie saoudite / Justice : La presse du 28 octobre rend compte du verdict de la cour pénale spécialisée à Riyad, qui a condamné trois avocats à des peines d’emprisonnement, pour avoir critiqué le Roi, attaqué la justice et être intervenu dans son autonomie, en se montrant outrageux envers la justice saoudienne dans les twitts.

Traduction & mise en page : Zéna GEDAY

Dernière modification : 30/10/2014

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