Presse du 4 janvier 2016

Mots clés : Arabie / Iran – Arabie / Tadjikistan – Arabie / France.

Titres Généraux :

Al Watan : * Est enfin arrivé le jour où les Arabes ont obtenu justice contre l’Iran.

Al Hayat  : * Les feux de l’ambassade d’Arabie « brûlent » les relations avec l’Iran.

AL Riyadh : * L’Arabie rompt ses relations avec l’Iran et expulse ses diplomates.

Al Jazirah  : * L’Arabie rompt ses relations diplomatiques avec l’Iran.

Sharq Al Awsat : * La fermeté saoudienne rompt les relations diplomatiques avec le « terrorisme iranien ».

Okaz  : * Le Roi reçoit le Président tadjik et assiste avec lui à la signature de quatre accords.

I - INFORMATIONS PRIORITAIRES

* Arabie saoudite / Iran  : La presse relaie la conférence de presse donnée hier par le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel Al-Jubaïr, afin de donner des informations sur les attaques contre les missions diplomatiques saoudiennes en Iran. « L’Arabie annonce la rupture de ses relations diplomatiques avec l’Iran et demande le départ de tous les membres de la mission diplomatique et des bureaux afférents.

Le comportement des Iraniens est une infraction flagrante à tous les accords, traités et chartes internationales. Les déclarations belliqueuses du régime iranien ont ouvertement encouragé ces attaques, qui s’inscrivent dans la continuité de la politique hostile du régime iranien dans la région, dont le but est d’ébranler la sécurité et la stabilité, de semer le trouble et les guerres. Ces évènements confirment que l’Iran offre l’asile aux chefs d’Al-Qaeda depuis 2001. L’Iran a également accueilli sur son sol certains impliqués dans les attentats d’Al-Khobar en 1999. Le régime iranien achemine des armes et des explosifs vers la région, y compris l’Arabie, où il a implanté des cellules terroristes afin d’y semer le chaos. L’histoire de l’Iran foisonne d’ingérences négatives et hostiles dans les affaires des pays arabes. Ces ingérences sont souvent accompagnées de destructions et de morts d’innocents. A la lumière de ces vérités, l’Arabie annonce la rupture de ses relations avec l’Iran ».

Le ministre a également accusé les Iraniens de retarder le départ des familles des diplomates saoudiens : « Lorsqu’il y a une incitation, que des manifestants se massent devant l’ambassade, que nous demandons aux autorités iraniennes de renforcer la sécurité et qu’il n’y a aucune coopération, c’est là un signe. Nous avons réitéré la demande aux autorités quelques heures plus tard mais en vain. Les choses sont claires. Ce n’est que lorsque l’ambassade a été envahie, que les forces de sécurité iraniennes y sont entrées ».

Interrogé sur les menaces reçues contre l’ambassade d’Arabie en Irak, le ministre a indiqué que « nous prenons toutes ces menaces au sérieux. Nous avons contacté le gouvernement irakien qui nous a confirmé respecter les lois internationales enjoignant la protection des sites diplomatiques. Il fait tout ce qu’il peut afin d’assurer cette protection.

L’Arabie est résolue à lutter contre le terrorisme sous toutes ses formes et n’autorisera personne à attaquer son sol ou son peuple. Elle agit selon ses intérêts. Une coordination est nouée avec les pays du C.C.G. Nous avons annoncé la rupture de nos relations avec l’Iran conformément à nos intérêts, d’autant que l’Arabie refuse d’avoir des relations avec un pays qui parraine le terrorisme, qui a causé la mort d’innocents en Arabie et qui s’emploie à semer l’anarchie et le confessionnalisme au Moyen-Orient et dans le monde musulman. L’Arabie se réserve le droit d’étudier toutes les alternatives, tant au niveau de la Ligue arabe, que de l’OCI ou des Nations unies.

Le Ministre a également précisé que « l’Arabie est résolue à combattre les mouvements hostiles dans la région. Nous avons réussi à contenir la mainmise de l’Iran dans certaines régions, notamment au Yémen. En Syrie, les Iraniens n’ont pas pu sauver Assad, il leur a alors fallu l’intervention des Russes. En Irak, il y a une résistance populaire de toutes les communautés contre les ingérences iraniennes dans la région. Nous constatons donc un recul de l’Iran dans certains pays musulmans. Je ne suis pas d’accord avec la théorie qui prétend que les pays arabes sont devenus la proie de l’Iran. La vérité prouve le contraire. L’Arabie soutient la puissance arabe commune et a formé la coalition militaire islamique pour lutter contre le terrorisme. Le but de cette coalition est de combattre le terrorisme sécuritairement, militairement, politiquement. Nous avons précisé aux Etats-Unis que l’Arabie dispose d’un système judiciaire indépendant et équitable et nous n’acceptons aucune critique à ce sujet. L’exécution des peines des condamnés a eu lieu suite à des procès équitables et réguliers, au cours desquels ils ont été, in fine, condamnés pour des meurtres d’innocents. Il est inacceptable de lier les sentences à une communauté ou à une région. Ce sont des terroristes condamnés pour leur implication dans l’assassinat d’innocents, abstraction faite de leur origine. L’Arabie n’accepte aucune ingérence dans ses affaires. Riyad est résolue à empêcher l’Iran de menacer sa sûreté et sa sécurité. Nous ne lui permettrons pas de former des cellules terroristes en Arabie ou dans les pays alliés ».

* De son côté, l’ambassadeur Oussama Al-Naqli, responsable de l’information et de la communication au MAE saoudien, a détaillé les incidents contre l’ambassade d’Arabie à Téhéran et le Consulat saoudien à Machhad, heure par heure. « (…). L’Arabie a décidé d’expulser la mission diplomatique iranienne de Riyad. Suite à ces exactions, le gouvernement saoudien a pris les mesures suivantes : 1/ il a convoqué l’ambassadeur d’Iran à qui il a remis une note de protestations faisant assumer à l’Etat hôte la responsabilité de la protection des missions étrangères ; 2/ l’Arabie a saisi le Conseil de sécurité de ces agressions, ainsi que le C.C.E.A.G., la Ligue arabe, l’O.C.I. et a demandé au Conseil de sécurité de garantir la protection des missions diplomatiques et de leurs agents conformément aux lois et aux traités internationaux ; 3/ des contacts ont été noués avec tous les pays avec lesquels l’Arabie entretient des relations afin de clarifier les déclarations belliqueuses du gouvernement iranien ; 4/ des mesures d’urgence ont été prises pour l’évacuation des familles des diplomates saoudiens mais les autorités iraniennes retardent leur départ.

* Le Haut comité des oulémas a également diffusé un communiqué dénonçant les déclarations de certains mollahs iraniens au sujet de l’exécution des sentences à l’encontre de terroristes en Arabie ; Ces déclarations irresponsables ne sont pas surprenantes de la part d’un régime confessionnel par excellence, qui soutient la mobilisation populaire en Irak qui tue sur base de l’identité et qui soutient le régime syrien terroriste ayant causé la mort de centaines de milliers de Syriens. L’ensemble du monde islamique s’oppose aux agissements confessionnels de l’Iran qui portent préjudice à l’unité des Musulmans. Ce régime n’a jamais servi les problèmes des Musulmans, en priorité la cause palestinienne.

* Irak  : L’ambassadeur d’Arabie en Irak, Thamer Al-Sabhan, a réfuté les rumeurs relatives à des agressions contre l’ambassade saoudienne à Bagdad, indiquant que la situation est calme pour l’instant. L’ambassade a pris toutes les mesures nécessaires pour garantir la sécurité et la sûreté de la mission diplomatique. Le gouvernement irakien a intensifié la présence sécuritaire devant le bâtiment.

* La presse publie à l’envi des réactions et des commentaires virulents qui fustigent l’Iran, Etat voyou, Etat terroriste qui ne parraine pas le terrorisme mais qui le fabrique, qui parlent des aboiements de Téhéran et soulignent le droit de l’Arabie à exercer sa justice en toute indépendance, dont la sécurité et la souveraineté sont des lignes rouges infranchissables.

La presse relaie également les réactions des pays arabes, musulmans et amis qui dénoncent et condamnent les attaques contre l’ambassade d’Arabie à Téhéran et à Machhad.

* Daoud Al-Charayan intitule sa tribune dans Al-Hayat : « Nimr Al-Nimr, reproduction chiite de Bin Laden ». Le journaliste évoque les réactions insensées à l’exécution d’Al-Nimr, qui était un homme de division et non de réforme. Il s’exprimait en tant que Chiite et non en tant que Saoudien, en cherchant à créer un Etat dans l’Etat. Soutenu par Téhéran, il incitait au chaos dans le pays. Il faisait partie intrinsèque du projet iranien dans la région. Il n’est guère différent des autres condamnés, hormis le fait qu’il était l’homme de l’Iran.

Il a pratiqué toutes les formes de violences. Le gouvernement saoudien a affiché à son égard une patience inégalée, alors que son projet n’était pas différent de celui d’Oussama bin Laden. Il n’avait aucun sentiment humain, au point que le jour du décès du Prince Nayef, il a incité la population à la désobéissance. Est-ce là un chantre de la réforme ?

La sentence contre AL-Nimr a révélé le vrai visage hideux du confessionnalisme du gouvernement irakien qui obtempère aux diktats iraniens, outrepassant même les instructions, en devenant plus royaliste que le roi. Les déclarations des politiciens irakiens semblent être une déclaration de guerre contre les Saoudiens. Bagdad, capitale de la culture arabe, se tient aujourd’hui aux côtés de Téhéran !

* Dans sa chronique quotidienne dans Al-Hayat, Abdul Aziz Al-Sweid, accuse l’Occident d’avoir encouragé les ambitions iraniennes dans la région. Cet Occident, incarné par les Etats-Unis, a offert son premier cadeau au rêve perse en Irak. L’accord nucléaire a signé le début de l’entrée en vigueur du projet de rêve perse.
L’Occident n’est pas concerné par les feux qui ravagent la région, les guerres, les réfugiés et les victimes. Il n’est concerné que par les intérêts politiques et économiques qu’il peut en récolter.

(…) Aujourd’hui Téhéran vit l’utopie de la force, en s’appuyant sur les Etats-Unis qui lui ont permis de s’emparer de l’Irak et sur la Russie en Syrie. Cette illusion perse est le capital du projet occidental-sioniste dans le monde arabe. Ces données confirment que le conflit avec l’Iran va durer. Ses outils ne sont pas uniquement militaires et politiques mais aussi culturels et médiatiques. Il est de notoriété publiques que les outils arabes et du Golfe sont faibles. Ces derniers ont-ils une stratégie et des plans d’action ? Certes non. En l’absence d’une force culturelle et médiatique professionnelle aux objectifs clairs, leur réputation et leur image seront ternies non seulement régionalement mais aussi internationalement.

* Abdul Rahman Al-Rached qualifie AL-Nimr dans sa tribune dans Al-Charq Al-Awsat de cheikh extrémiste et non de leader politique. A l’instar des groupes sunnites radicaux, il a incité à l’opposition armée et à la mort. Il est responsable juridiquement devant le pouvoir saoudien d’incitation aux crimes.

Qu’ils soient sunnites ou chiites, les hommes religieux ne peuvent bénéficier d’aucune immunité dans pareilles situations. Le problème du monde aujourd’hui découle de ce clergé fanatique qui mène à la destruction et au chaos et qui menace la paix partout dans le monde. Il est illogique de demander aux Saoudiens d’exécuter des leaders religieux sunnites et de laisser les autres inculpés en liberté.

* Quant au rédacteur en chef d’Al-Charq Al-Awsat, Salman Al-Dossari, il critique dans sa tribune la vison occidentale de la lutte contre les terroristes, qui devrait se faire selon les lois et les critères occidentaux.

(…) Jour après jour, le fossé s’approfondit entre l’Occident et l’Orient. La majorité des Occidentaux s’imagine que la seule solution pour la région est le clonage de leur expérience. Il s’agirait du remède miracle pour résoudre tous les problèmes du Moyen-Orient. Or, ils occultent le fait que chaque pays a son propre environnement, chaque région a sa nature et il est impossible d’appliquer une expérience, quel que soit son taux de réussite, à une autre région distante de milliers de kilomètres, profondément différente culturellement et socialement.

Cette vision occidentale et la notion de libertés et de droits vont continuer à creuser le fossé avec l’Occident, bien qu’il faille, dans cette région du monde, augmenter le seul des libertés tout en préservant les Droits de l’Homme, mais certainement pas selon la conception occidentale.

Il ne faut pas oublier que Nimr Al-Nimr a commis des crimes pour lesquels il a été condamné dans le droit saoudien. Faut-il que Riyad s’inspire du droit français ou britannique, uniquement lors du procès de Nimr ? Les Etats-Unis accepteraient-ils que les auteurs d’actes terroristes sur son sol soient qualifiés d’activistes et d’opposants ?

* Al-Riyadh consacre son éditorial au comportement de l’Iran, dont l’histoire passée foisonne d’exemples d’attaques contre les missions diplomatiques étrangères. Ces agressions nuisent à l’Iran qui apparait comme un Etat conduit par un groupe de fauteurs de troubles et de « hooligans », que les autorités sont incapables de réfréner.

(…) La dénonciation et la condamnation de l’attaque contre l’ambassade et le consulat d’Arabie n’exemptent pas, pour autant, le pouvoir iranien de la responsabilité. Ces attaques ont été largement encouragées par les déclarations de certains responsables politiques, religieux et militaires iraniens, suite aux exécutions en Arabie.

Compte tenu du contrôle considérable des forces de sécurité à Téhéran, il est certain que les attaques contre l’ambassade se sont déroulées sous les yeux du régime iranien.

II - AUTRES INFORMATIONS

* Arabie saoudite / Tadjikistan : Le Roi a reçu hier le Président tadjik, Emomali Rahmon, et la délégation qui l’accompagne. Ils ont évoqué les relations bilatérales et les domaines de coopération, ainsi que la situation régionale et internationale.

A l’issue de l’audience, et en présence du Roi et du Président, quatre accords ont été signés dans le domaine de la lutte contre la criminalité, le sport, les services de transport aérien, ainsi qu’un mémorandum d’entente scientifique et éducatif.
Le Président tadjik a également eu des entretiens successifs avec le Prince héritier et le vice-Prince héritier.

* Arabie saoudite / France  : La SFDA a interdit provisoirement l’importation de volailles de cinq régions françaises, suite à la réapparition de la grippe aviaire et des rapports de l’OIE (Al-Hayat).

Traduction & mise en page : Zéna GEDAY

Dernière modification : 04/01/2016

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