Presse du 4 juin 2014

Mots clés : Arabie / Egypte – France / Arabie – Arabie / Qatar / Iran – Libye - Etats-Unis / Taliban.

Titres Généraux :

Al Watan : * Le Roi au Président égyptien : C’est un jour historique.

Al Hayat  : * Le Roi au Président Sissi : Toute atteinte à l’Egypte est considérée comme une atteinte à l’Arabie.

AL Riyadh  : * Le Roi appelle à une conférence des donateurs pour aider l’Egypte.

Sharq Al Awsat : * Les partisans d’Assad l’élisent sur les ruines de la Syrie.

I - INFORMATIONS PRIORITAIRES

* Arabie saoudite / Egypte : Au lendemain de l’annonce de la victoire du Général Sissi à la présidence de la République égyptienne, le Roi Abdallah lui a adressé un message relayé par l’ensemble de la presse saoudienne.

On y lit notamment : Je vous félicite pour la confiance d’un peuple qui a placé en vous ses espoirs, ses ambitions et ses rêves d’un avenir meilleur. Toute atteinte à l’Egypte sera considérée comme une atteinte à l’Islam et à l’arabité ainsi qu’à l’Arabie. C’est un principe inébranlable. Le peuple égyptien frère a pâti au cours de la dernière période d’un chaos que d’aucuns ont qualifié de « chaos créateur ». Permettez à votre frère qui aime sa seconde patrie de vous exprimer ses sentiments en toute transparence. Je vous rappelle que l’équilibre du pouvoir ne peut réussir qu’en frappant les velléités de tout malintentionné avec l’épée de la justice. Méfions-nous tous des intentions sournoises qui tentent d’édulcorer le visage hideux de l’injustice qui ne prend en compte que ses intérêts personnels. Que votre cœur soit suffisamment large pour tolérer l’opinion de tous ceux dont les mains ne sont pas entachées de sang. Je vous appelle tous à une conférence des donateurs de l’Egypte afin qu’elle puisse surmonter sa crise économique.

Le Roi a exhorté les amis de l’Egypte à s’abstenir des ingérences dans ses affaires internes.

* Abdul Rahman Al-Rached consacre sa tribune quotidienne dans Al-Charq Al-Awsat à la politique de Sissi vis-à-vis de la Syrie. Le nouveau Président a consacré l’essentiel de son discours à la situation interne en Egypte. On ignore encore quelles seront ses positions sur la scène internationale, mais l’Egypte pourrait très rapidement réapparaître sur celle-ci.

Avant de se poser la question au sujet de la Syrie, il faudrait s’interroger sur sa position vis-à-vis de l’Iran. Il faut s’attendre à ce qu’il lui soit plus hostile encore que le Président Moubarak. Les Frères musulmans avaient ouvert les portes du Caire au régime iranien : Morsi avait tenté de s’inspirer de leurs méthodes mais celles-ci ont entraîné sa chute.

Dans l’hypothèse où Sissi est hostile au régime des Mollahs, il sera forcément aux côtés de la révolution syrienne et dans les rangs où se trouve l’Arabie, les EAU, la Jordanie et les Etats arabes modérés. En effet, il est important de redessiner les alliances dans la région afin d’en garantir la stabilité.

* Al-Iqtissadiyah consacre son éditorial aux élections présidentielles en Egypte. Le chemin est encore long et semé d’embûches devant le nouveau Président. Nul ne peut l’envier pour l’ampleur de la tâche qui l’attend. Mais l’Egypte ne sera jamais seule dans cette période transitoire. L’Arabie s’est toujours tenue à ses côtés et ne cessera de le faire.

* Al-Watan également salue le soutien de l’Arabie à l’Egypte. Le Royaume, ayant été le premier à féliciter le nouveau Président, a parfaitement conscience de l’importance stratégique du pays qu’il va gouverner.

II - AUTRES INFORMATIONS

* France / Arabie saoudite : La presse rend compte de la cérémonie de remise de diplômes à l’université Nayef, en présence du Prince Mohamed bin Nayef, et de participants étrangers, dont le ministère français de l’Intérieur, représenté par le directeur de l’Académie nationale de la police française. Dans son discours, ce dernier a notamment indiqué que le Prince Mohamed bin Nayef est un ami du ministère de l’Intérieur français. Il a fait l’éloge du soutien qu’apporte le Prince à la coopération bilatérale et a rappelé que 25 officiers des forces spéciales de la sécurité diplomatique suivent actuellement un stage d’entraînement à l’Académie française dans le cadre de la lutte antiterroriste et l’intervention pour la libération des otages des avions diplomatiques.

* Par ailleurs, Al-Riyadh rend très brièvement compte de la visite d’une délégation française du secteur agricole au Fonds de développement agricole saoudien.

* Arabie saoudite / Qatar / Iran : L’Arabie a réitéré, par la voix du sous-secrétaire au MAE en charge des relations bilatérales, le Prince Turki bin Mohamed, sa position vis-à-vis des conflits avec le Qatar et la nécessité de « mettre en œuvre activement », le document de Riyad.

Rien ne laisse présumer une détente dans les relations pour l’instant, hormis des réunions qui ont lieu de temps à autre pour le suivi des rapports de la commission ad hoc chargée de vérifier la mise en œuvre des engagements de Doha.

S’agissant des relations avec l’Iran, le Prince n’a ni démenti ni confirmé l’existence d’une médiation du Golfe pour rétablir les relations entre Téhéran et Riyad. « Il y a une invitation adressée au ministre iranien des Affaires étrangères. Tout dépend de la partie iranienne et de sa volonté d’y répondre ».

Le Prince Turki bin Mohamed n’a pas caché la surprise de l’Arabie suite à des informations données par le ministre soudanais des Affaires étrangères, révélant que l’Iran a demandé au Soudan l’autorisation de construire des plates-formes de défense orientées vers l’Arabie (Al-Watan).

* Libye  : Al-Riyadh consacre son éditorial à la Libye, qui s’est transformée depuis la chute du dictateur, en terrain ouvert à toutes sortes de conflits. C’est un pays à la superficie immense mais à la démographie faible. L’instabilité au Mali pays voisin, les frontières ouvertes avec des pays arabes qui craignent les trafics d’armes avec des extrémistes ont induit en Libye un problème sécuritaire dangereux, non pas sur la scène interne uniquement mais aussi pour tous les pays voisins.

Certes, le Général Haftar n’a pas un passé militaire glorieux. Toutefois, il était le principal adversaire de Kadhafi. Son appel au sauvetage de son pays a permis la formation d’une nouvelle coalition qui tente de rétablir la paix. Bien que bénéficiant du soutien de nombreux, il n’en demeure pas moins suspect, étant qualifié de nouvel homme des Américains.

Haftar a appelé l’Egypte à frapper les groupes armés, en particulier islamistes et Frères musulmans. Mais cet appel est irréalisable car l’Egypte, dans la situation actuelle, ne peut ouvrir des batailles dans un pays où s’enchevêtrent les conflits et les ingérences étrangères. Elle ne souhaite pas créer en outre un précédent. Elle ne peut aider Haftar, bien qu’étant pour l’instant le sauveur, mais dont la personnalité reste obscure. Elle ne peut en aucun cas s’attirer l’inimitié du peuple libyen.

La situation en Libye est nébuleuse et aucun observateur ne parvient à l’analyser ou à prévoir ses résultats. En l’absence d’une armée forte, la Libye s’expose au jeu de toutes sortes d’ingérences et à une éventuelle guerre civile de longue haleine qui pourrait éreinter tous les protagonistes. Les solutions pourraient alors être trop tardives.

* Etats-Unis / Taliban : Dans sa tribune quotidienne dans Al-Charq Al-Awsat, Tareq Al-Homaid fustige les Etats-Unis qui viennent d’achever un échange de prisonniers avec les Taliban, à la faveur d’une médiation qatarienne.

Une telle opération ne peut être qualifiée que de fait politique et sécuritaire extrêmement dangereux et sensible. Elle a démontré aux terroristes quel est le meilleur moyen pour obtenir la libération de leurs prisonniers, en prenant en otage des Américains et des étrangers, pour les échanger contre les détenus d’Al-Qaeda et associés, d’autant plus qu’il existe des « médiateurs » ayant des objectifs propagandistes.

Il est clair que l’Administration américaine a obtempéré au chantage des groupes armés et extrémistes et le risque d’enlèvement d’étrangers pourrait désormais décupler.

Il aurait été préférable qu’Obama, comme il l’avait promis, reconsidère la situation du camp de Guantanamo. En outre, si cette libération avait été obtenue dans le cadre d’un processus de réconciliation afghane global et un retrait américain, elle aurait été acceptable.

Dans ce cas, le gouvernement d’Obama s’est soumis au chantage du terrorisme. Certes, Obama ne veut pas être un nouveau George Bush dans la lutte antiterroriste, mais il ne doit pas pour autant être un Bill Clinton laxiste face à ce fléau. Cet échange de prisonniers signifie clairement que les terroristes peuvent aisément faire du change aux Etats et les contraindre à libérer leurs détenus en prenant en otages des occidentaux. Il faudra s’attendre à une recrudescence de tels actes dans les jours à venir.

Traduction & mise en page : Zéna GEDAY

Dernière modification : 05/06/2014

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