Presse du 6 & 7 avril 2014

Mots clés  : Liban – Arabie / Frères musulmans / Enseignement - Grande-Bretagne / Frères musulmans – Processus de paix – Arabie / Etats-Unis / Militaire – Arabie / Société / Sports / Filles / Conseil de la Choura – Arabie / Croix rouge - Arabie / Santé.

Titres Généraux :

Al Hayat : * Des fanatiques devant le Conseil de la Choura s’opposent au débat sur le sport dans les écoles de filles.

AL Riyadh : * Le Prince Salman reçoit une responsable suisse et évoque avec elle les sujets d’intérêt commun.

I - INFORMATIONS PRIORITAIRES

* Liban  : Al-Riyadh du 6 avril consacre son éditorial aux élections présidentielles libanaises sous le titre : « D’un Michel à l’autre, le Liban dans l’impasse ». Le Liban est l’épicentre du jeu politique. Son problème découle de l’accoutumance de ses Chrétiens à la « paternité » de la France. Par la suite, les Etats-Unis se sont immiscés dans le jeu. Quant aux Sunnites, ils sont perdus entre divers pôles de puissance. Les Chiites, pour leur part, sont dirigés par le wali al-faquih en Iran. Ce menu politique aux goûts si divers souffre, de façon pérenne, d’une crise d’Etat obligé de réunir ceux qui ne peuvent s’unir autour d’une opinion, d’une personne ou d’un régime. Certes, la succession de Michel Sleiman n’est pas chose aisée. La candidature de Michel Aoun, bénie par une entente franco-américaine, se justifie probablement par le fait qu’il serait un substitut objectif susceptible de parvenir à des solutions avec l’Iran, la Syrie et leur représentant le Hezbollah.

Le remède à la maladie libanaise n’est disponible dans aucune usine ou pharmacie, car son problème est un problème cumulatif. Ne sont-ce pas les Libanais qui ont inventé la formule « ils se sont entendus pour ne pas s’entendre » ? Certes, le registre de Aoun est aussi mauvais que d’autres, mais il pourrait être une partie de la solution et du succès. Il pourrait être l’homme qui pourrait contenir certaines tensions prédominantes dans toutes les communautés.
L’une des causes de l’instabilité du Liban est incontestablement son voisinage avec la Syrie.

La présidence libanaise est un choix dans lequel interfèrent plusieurs parties, de grandes puissances régionales et arabes, voire Israël qui le considère comme son second front chaud après les Palestiniens.

Quoi qu’il en soit, le tableau en général reste nébuleux. Le Hezbollah est resté une puissance militaire et confessionnelle. L’armée ne dispose pas d’une telle puissance et n’a pas réussi à protéger les Sunnites. On voit apparaître parmi eux un courant préconisant un soutien militaire qui leur soit propre pour défendre leur présence. Tout ceci signifie donc un retour de l’armement des milices et des guérillas entre les communautés qui pourrait évoluer vers une guerre civile. Aoun ou tout futur président devra prendre en compte ces éléments et devra savoir gouverner dans un pays instable.

* Okaz du 6 avril consacre également son éditorial au Liban et à l’hémorragie qu’il subit. Il est évident que la bataille pour les présidentielles sera féroce, bien que deux hommes uniquement aient jusque-là fait clairement acte de candidature. Mais de nombreux autres noms circulent dans les coulisses. Cette bataille pourrait aller au-delà du Liban et conduire ce pays à la catastrophe.

(…) Il est important d’afficher de la sagesse dans cette phase critique. Il faut que chaque partie fasse prévaloir les intérêts du pays sur les siens étroits et sectaires, d’autant que le Liban ne peut plus subir un surcroît de problèmes.

Quel que soit le candidat que choisiront les Libanais, l’important est de parvenir à un consensus minimal sur un Président qui conduira son pays vers la sécurité. Le Liban a suffisamment enduré.

* Arabie saoudite / Frères musulmans / Enseignement : Les universités saoudiennes continuent à clamer fermement qu’elles luttent « contre l’idéologie des organisations », répondant ainsi aux accusations itératives au sujet du fait qu’elles sont infiltrées par les Frères musulmans et que certaines servent d’asile à ce groupe terroriste prohibé. Toutefois, les réponses aux questions posées par Al-Hayat sont restées vagues et concises.

Le porte-parole de l’université islamique Al-Imam à Riyad, Dr Mohamed Al-Alam, indique que celle-ci, qui est la cible principale des accusations, « déploie des efforts considérables pour lutter contre les idées destructrices et égarées ».

Cependant, l’universitaire saoudien, Dr Ahmed Al-Faraj, confirme la présence de leaders de la confrérie dans les universités saoudiennes. « La branche « sourouriste » de l’organisation des Frères musulmans a infiltré de nombreuses universités. Le ministère de l’Enseignement supérieur dispose de plans pour transformer les universités de centres éducatifs contrôlés par des organisations non-patriotiques en véritables institutions nationales scientifiques ».

La présence des Frères musulmans dans les universités saoudiennes date des années 50 du siècle dernier, lorsque ceux-ci ont été la cible de frappes en Egypte. Certains cadres et leaders ont réussi à prendre la fuite et ont été accueillis par les pays du Golfe. Par la suite, ces derniers ont également accueillis des Frères musulmans fuyant la Syrie, après les évènements de Homs et de Hama en 1982. La majeure partie d’entre eux s’est orientée vers l’enseignement, tant public que supérieur. Ils ont donc réussi à infiltrer aisément ce domaine, en particulier dans les universités, formant ainsi des disciples. Leur tâche a été facilitée du fait qu’ils contrôlaient la nomination des enseignants et des clubs d’étudiants dans les universités. L’université Al-Imam, qui compte plus de 50 mille étudiants, a été leur cible privilégiée.

Ayant promis de répondre aux questions du journal, le porte-parole de l’université s’est pourtant contenté d’indiquer ce qui suit : « Les recteurs de l’université déploient des efforts importants pour lutter contre les idées destructrices et égarées. Ils ont exprimé leurs positions officielles lors de divers conférences et congrès ».

Mais des sources de l’université ont confirmé la présence de « partis et de groupes. Ces partis ne se contentent pas d’être en conflits avec d’autres au sein du campus, et dans les classes. Ils débattent de ces problèmes violemment lors de conférences et de congrès. Les étudiants se réunissent même avec leurs enseignants hors du campus. La majeure partie de ces parties renie la direction de l’université ».

Quant au chercheur en sécurité, Ahmed Moukli, il admet la présence des frères musulmans dans les universités saoudiennes. Cette idéologie est arrivée avec les enseignants égyptiens, tels que Mannah Al-Qattan à l’université Al-Imam, et Al-Ghazali à Oum al-qoura. Ils attiraient les étudiants les plus brillants dans les clubs itinérants et les clubs de lecture ou diverses associations sociales. Les membres des Frères musulmans choisissaient les enseignants parmi les tenants de leur idéologie et combattaient ouvertement ceux qui s’opposaient à la leur, comme ce fut récemment le cas dans une université saoudienne. Ils ont monté les étudiants contre le recteur exploitant alors le printemps arabe (Al-Hayat, 06/04).

* Grande-Bretagne / Frères musulmans : La décision britannique d’enquêter sur les Frères musulmans continue à susciter de nombreuses réactions dans la presse saoudienne.

* Al-Charq Al-Awsat y consacre son éditorial et évoque les diverses interprétations faites de cette décision, notamment des pressions saoudiennes exercées sur Londres. Or, il s’agit d’une hypothèse improbable compte tenu du nombre de dissidents qui ont trouvé refuge en Grande-Bretagne.

La sécurité interne dans le pays justifie, à elle seule, une telle décision. Aucun Etat ne peut tolérer une reproduction de l’expérience des promoteurs de l’idéologie fanatique et de ceux qui encouragent à la haine et sont à l’origine de tant d’actes terroristes.

Il est certain que les autorités britanniques sont préoccupées par l’afflux de Frères musulmans vers Londres, où leurs activités politiques et médiatiques se sont multipliées, contre les pays arabes. La confrérie a également l’intention d’exploiter Londres comme centre d’opérations pour ses batailles en vue de récupérer les positions perdues dans les pays arabes et de déstabiliser ces derniers.
D’aucuns en Europe ont également constaté que tous les changements politiques qui ont conduit les Frères musulmans au pouvoir ont été la cause d’une recrudescence, sans précédent, des actes de violence dans les pays où ils se trouvaient.

Nul ne peut prévoir les résultats de l’enquête britannique et les mesures qui seront prises. Toutefois, l’annonce d’une telle enquête porte des indications importantes. Désormais, toute activité suspectée terroriste devient intolérable. Les idées de haine et d’incitation à la haine n’ont plus de place dans le monde d’aujourd’hui.

* Al-Riyadh consacre également son éditorial au même sujet et l’intitule : « La Confrérie et la Grande-Bretagne : alliance et affrontements ». Les historiens attestent que c’est la Grande-Bretagne qui a fondé les Frères musulmans, avec l’Allemagne et plus tard les Etats-Unis. Les dissidents du mouvement confirment d’ailleurs cette version. Cheikh Mohamed Al-Ghazali l’avait taxé de « maçonnique ».

Aujourd’hui, le Premier ministre Cameron a diligenté une enquête sur la philosophie et les valeurs de ce mouvement. D’aucuns ont prétendu qu’il s’était soumis aux pressions saoudiennes. Or, cette assertion est totalement fausse, puisque la Grande-Bretagne abrite sur son sol des mouvements hostiles au régimes arabes. Abou Qotada a longtemps vécu en Grande-Bretagne, jusqu’à outrepasser la loi. Il est évident que cette enquête n’a pas pour but d’assouvir un désir de vengeance ou de coopération avec les Etats qui les ont condamnés. Il s’agit désormais d’une mesure sécuritaire préventive, fondée sur des informations précises, qui ne se soumet à aucune pression étrangère.

(…) Certains en Grande-Bretagne prétendent que toute décision qui risque de classer la confrérie comme organisation terroriste pourrait inciter ses membres à se radicaliser et à rejoindre Al-Qaeda.

Or, c’est déjà le cas qui ne requiert aucune justification. Leur comportement en Egypte est le prototype de celui d’Al-Qaeda, Daech et autres. Leur accorder une trêve c’est leur donner le temps de renforcer leurs rôles dangereux dans la région et ailleurs.

Quoi qu’il en soit, les Britanniques sont-ils parvenus à la conviction que les Frères musulmans sont un danger qu’il faut rapidement combattre ou alors les informations dont ils disposent ont tiré la sonnette d’alarme de la prudence ? Les jours à venir le révèleront.

* Processus de paix : Abdul Rahman Al-Rached intitule sa tribune dans Al-Charq Al-Awsat : « L’échec d’Indyk et la fin du rêve de Kerry ». Martin Indyk essuie aujourd’hui un échec patent. Le rêve de Kerry meurt dans l’œuf.

(…) Les projets de paix ne peuvent réussir avec un bouquet de fleurs et une boîte de chocolats. Le meilleur exemple est l’accord de paix entre l’Egypte et Israël qui n’a pu être signé qu’après la guerre de 73.
Faut-il donc que les Palestiniens reviennent à la violence pour contraindre les Israéliens aux négociations et à l’acceptation d’un Etat palestinien ? Certes non, d’autant que la balance des forces sur le terrain est déséquilibrée. En outre les groupes armés à Gaza sont essentiellement dirigés par des parties étrangères, dont l’Iran, qui veut contraindre Israël à accepter son programme nucléaire et la reconnaître comme un Etat influent dans la région.

Les choix sont restreints et pénibles. Des jours difficiles sont prévus. Israël a prouvé qu’il est un Etat théocratique extrémiste. Les forces civiles n’ont pas réussi à enrayer ses ambitions religieuses, qui vont mener à une recrudescence des combats.

Israël fait face à l’arme démographique qui est une arme à double tranchant. Elle constitue un fardeau pour le gouvernement palestinien, à l’heure où l’Administration américaine menace d’arrêter ses subventions s’il recourt à l’arme de l’adhésion aux organisations internationales avant la conclusion d’un traité de paix. C’est une guerre douce, dont les armes sont fourbies par l’argent et la diplomatie. Le Président Abbas doit préparer ses concitoyens au pire s’il décide de la mener.

II - AUTRES INFORMATIONS

* Arabie saoudite / Etats-Unis/ Militaire : Les exercices « Sadaqa-3 » (friendship 3) et « Saqr Al-sahra 3 », ont débuté dans la région Nord-ouest du Royaume, entre les forces armées terrestres saoudiennes et américaines (presse du 06/04).

* Arabie saoudite / Société / Sport / Filles / Conseil de la Choura  : Des « fanatiques » ont anticipé hier la réunion du Conseil de la Choura qui devait être consacrée à un débat sur deux résolutions, l’une relative au sport dans les écoles de filles, et l’autre concernant l’attribution de l’enseignement dans les maternelles à des enseignantes dans les écoles privées. Ces fanatiques se sont donc rassemblés devant le siège du Conseil de la Choura et ont demandé à rencontrer son Président, Dr Abdallah Al Al-Cheikh.

Al-Hayat a tenté d’obtenir un commentaire du porte-parole du Conseil, Dr Mohamed Al-Mehanna, mais en vain.

Une source fiable a indiqué que le Conseil a interdit à ses membres toute déclaration à la presse au sujet du dossier de l’enseignement du sport dans les écoles de filles, en raison du rassemblement de ces fanatiques. En conséquence, aucune évolution n’est attendue sur ce dossier.

Les Saoudiens ont échangé hier des photos sur Twitter, montrant ces individus massés devant le Conseil de la Choura et demandant à rencontrer le Président (Al-Hayat).

* Arabie saoudite / Croix rouge : Le Président du comité du croissant rouge saoudien, le Prince Faysal bin Abdallah bin Abdul Aziz, assistera aujourd’hui à la cérémonie d’ouverture du siège de l’Organisation arabe du Croissant et de la Croix rouges, à Riyad (Al-Hayat).

* Arabie saoudite / Santé : La presse indique qu’un infirmier saoudien est décédé hier à Djedda, des suites des complications du coronavirus.

Le directeur des affaires sanitaires à Djedda s’est abstenu d’évoquer les mesures qui seront prises pour gérer les cas atteints par le virus, d’autant que la saison du petit pèlerinage (omra) débute et que le mois de Ramadan approche. Il s’est contenté de préciser qu’il s’agit d’un dossier stratégique et sensible.

La maladie a déjà fait 64 morts et le ministère de la Santé a adopté certaines mesures préventives pour tenter d’enrayer l’épidémie.

Traduction & mise en page : Zéna GEDAY

Dernière modification : 09/04/2014

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