Presse du 7 janvier 2016

Mots clés : Arabie / Iran – France / Islam / Religions – Yémen – Arabie / Chine – Arabie / Diplomatie –Arabie / Conseils municipaux / Femmes.

Titres Généraux  :

Al Watan : * L’Iran poste ses agents dans les medias et les chaines arabes.

Al Hayat  : * L’Iran dans l’impasse : Djibouti rompt ses relations, la Jordanie condamne, l’Egypte limite les voyages, Qatar rappelle son ambassadeur, Oman regrette.

AL Riyadh  : * Les membres de l’ambassade et du Consulat d’Iran quittent le Royaume.

Al Jazirah : * Le Roi reçoit un appel du Souverain Hachémite qui condamne les agissements iraniens hostiles.

Sharq Al Awsat  : * L’Iran est encerclé actionne ses cellules à Bahreïn.

Okaz  : * Après les « excuses », l’Iran encourage les « médiateurs ».

I - INFORMATIONS PRIORITAIRES

* Arabie saoudite / Iran : Les réactions à la crise saoudo-iranienne se poursuivent. La presse y consacre toujours un large espace éditorial, y relayant les condamnations et les prises de position.

Qatar, a rappelé son ambassadeur à Téhéran en signe de protestation contre les attaques contre les missions diplomatiques saoudiennes ; Djibouti a rompu ses relations avec l’Iran ; la Jordanie a convoqué l’ambassadeur d’Iran auprès d’Amman pour protester contre les agressions ; le Sultanat d’Oman a déploré, dans un communiqué « timide », l’attaque contre les missions diplomatiques saoudiennes en Iran.

Quant à Erdogan, il a rejeté les critiques contre Riyad, suite à l’exécution des sentences de la semaine dernière, en rappelant « qu’il s’agit d’une affaire saoudienne interne. 46 des condamnés étaient sunnites alors que trois uniquement étaient chiites. 400 mille Syriens ont été tués en Syrie. Comment ceux qui ont gardé le silence à ce sujet peuvent-ils provoquer un tel tollé contre l’exécution d’un seul prisonnier en Arabie ? ».

Alors que la crise s’aggrave entre Riyad et Téhéran, certains pays tentent l’apaisement et essayent de contenir les flammes qui ravagent la région et d’atténuer les tensions.

Les Etats-Unis ont, par la voix de leur Secrétaire au Département, appelé les deux pays à l’apaisement. De nombreux pays, dont la Russie, Oman, l’Iran, la Turquie et le Pakistan ont proposé de jouer le rôle de médiateur.

* Dans sa tribune dans Al-Charq Al-Awsat, Tareq Al-Homaid se demande si « l’Arabie a aidé les extrémistes iraniens », comme certains le laissent croire dans les media occidentaux, contre le réformiste Hassan ROhani.

Or de telles assertions sont de purs mensonges et reflètent une connaissance superficielle et naïve de l’Iran.

De quel droit l’Iran se mêle d’un citoyen saoudien ? Est-ce parce qu’il est Chiite ? L’Occident reconnait-il ainsi le droit à l’Iran de se poser en référence de tous les Chiites et par conséquent de révoquer tout appartenance patriotique ?

Ensuite, l’Occident, précisément l’Administration américaine, s’imaginent-il que Rohani a consenti à toutes ces concessions dans le dossier nucléaire en dépit du guide suprême et de la garde révolutionnaire et contre leur volonté ? Si tel est le cas, il s’agit d’une naïveté inégalée. Le guide dispose d’une liberté absolue et Rohani n’aurait en aucun cas osé le défier.

Si qualifier l’exécution d’Al-Nimr est une provocation, celle des terroristes d’Al-Qaeda l’est aussi ainsi que ceux de Daech. Par conséquent dans la logique occidentale, il ne faut pas s’en prendre à ces deux organisations terroristes.

Il est évident que l’Occident n’a pas compris que l’Iran ne changera jamais. Ceux qui ont incendié l’ambassade d’Arabie aujourd’hui sont ceux-là mêmes qui ont attaqué les ambassades américaine et britannique dans le passé et qui soutiennent Assad. L’Iran ne changera jamais, que le Président soit un réformateur ou un conservateur. L’Arabie est un Etat souverain qui accomplit son devoir moral et légal et lutte contre le terrorisme que l’Iran attise dans la région depuis 40 ans.

* Al-Riyadh intitule son éditorial : « L’Iran sur les pas de la Corée du Nord ». A la mi-juin de l’an dernier, un mois avant l’accord nucléaire entre l’Iran et les grands, le Président Rohani avait reçu le ministre nord-coréen des Affaires étrangères et les deux parties avaient convenu de poursuivre leur coopération. Ils avaient alors trouvé de nombreux points communs, notamment l’hostilité envers l’Occident, la polémique qu’ils provoquent tous deux dans leur environnement régional et les dommages qu’ils causent à leurs voisins.

Les deux pays ont un long passé de coopération nucléaire et balistique. L’Iran a reconnu officiellement avoir produit un gramme et un microgramme de plutonium utilisé dans la fabrication des bombes atomiques. La Corée du Nord, de son côté, a des technologies très avancées qui lui permettent d’utiliser une très petite quantité de plutonium.

Or la Corée du Nord vient de tester sa première bombe H, ce qui est un tournant dangereux pour la sécurité régionale et internationale. Les grandes puissances n’ont pas dissimulé leur colère.

La reproduction de cette expérience est réellement possible dans cette région du monde. L’Iran n’est pas différente de la Corée du Nord. Les grandes puissances ont commis la même erreur dans la gestion de son dossier nucléaire et l’Iran est à trois mois du « seuil nucléaire » qui signifie la production de l’uranium utilisé dans la fabrication des armes.

La Corée du Nord a menti en signant l’accord-cadre avec les Etats-Unis en 1994. Elle a enrichi secrètement l’uranium. Lorsque l’affaire a été éventée, elle a expulsé les inspecteurs et a fait son premier test nucléaire. C’est le même scénario qui risque de se reproduire avec le régime de Téhéran à qui il est impossible de faire confiance, d’autant qu’il poursuit ses agissements hostiles à son environnement direct. Les grandes puissances, en priorité les Etats-Unis, seront contraintes de protéger un régime théocratique qui scande sa mort et sa chute. Les pays du Golfe subiront le même destin que la Corée du Sud, et deviendront les otages de la protection américaine. Qui saura tirer les leçons ?

* Les commentaires hostiles à l’Iran se poursuivent dans la presse : « L’Iran et son passé noir de nuisances » ; « la rupture des relations avec l’Iran : une position avancée contre le sectarisme » ; « le terrorisme iranien invisible » ; « l’Iran, mère du terrorisme, des meurtres et de la dépravation » ; « l’Iran, le vase a débordé » ; « le régime des mollahs, symbole du chaos et du terrorisme » ;

II - AUTRES INFORMATIONS

* France / Islam / Religions : Michel Bounajem consacre un article à l’audience accordée hier par le Président Hollande aux autorités religieuses en France et relaie des extraits de son allocution à cette occasion.

Un an après l’attaque contre Charlie Hebdo, la France vit toujours au rythme du terrorisme qui a à nouveau frappé violemment le 13 novembre.

Le Président a notamment rappelé dans son discours que le pays doit toujours affronter une menace redoutable qui est celle du terrorisme islamiste. (…) Dans ce contexte dramatique, il était particulièrement nécessaire d’écarter d’emblée tout amalgame entre la religion de paix que pratiquent les Musulmans de France et les utilisations odieuses de l’islam par les assassins commandités par Daech.

Compte tenu de la conjoncture actuelle en France et l’exacerbation de la xénophobie et de l’islamophobie, il était du devoir du Président de remettre les choses en place et de rappeler un certain nombre de vérités. « Je tiens à vous dire à mon tour aussi haut et aussi fort que vous l’avez fait que les Français de confession musulmane, par le sang qu’ils ont versé pour la défense de la patrie, par leur travail au service du pays, par leurs talents, font pleinement partie de notre histoire et de notre nation ».

Le discours sur la laïcité, qui est une valeur suprême de la République, est récurrent lors de chaque attaque en France. « Je n’accepte pas non plus que la belle notion de laïcité soit instrumentalisée par certains, en vue de combattre l’expression publique d’un culte ou pour stigmatiser tel ou tel groupe de croyants ».

Cette ardente défense de la cohabitation et de l’Islam dans la société française n’empêche pas pour autant le Président d’accuser ceux qui ont tué au nom de la religion en particulier ceux qui ont grandi et vécu en France.

* Yémen  : Un missile balistique a explosé dans le ciel de Sana hier, lancé par les milices houties au Sud de l’Arabie et fait de nombreuses victimes. Ce missile était destiné à l’Arabie.

* Arabie saoudite / Chine : Le vice-Prince héritier a reçu hier le vice-ministre chinois des Affaires étrangères. Ils ont évoqué les relations bilatérales et les moyens de les renforcer, ainsi que les sujets d’intérêt commun.

* Arabie saoudite / Diplomatie  : Le Roi a reçu les lettres de créances de nombreux ambassadeurs de pays islamiques, arabes et amis (Kenya, Angola, Chili, Malaisie, Equateur, Somalie, Libéria, Pérou, Irak, Roumanie, Canada, Grève, Tanzanie, Egypte, Maldives, Vietnam, Turkménistan, Sri Lanka, Corée, Chypre, Burundi). Le Roi leur a souhaité la bienvenue en rappelant que son pays est fier de ses amitiés.

* Arabie saoudite / Conseils municipaux / Femmes : Seul Al-Iqtissadiyah fait état de l’incident survenu lors de la première réunion du conseil municipal de Djedda qui a été retardée d’une heure. En effet, les deux femmes élues, Lama Al-Soulaiman et Racha Hafzi, ont catégoriquement refusé de s’assoir derrière une vitre qui les dissimule aux regards des autres membres et ont exigé d’être installées à la même table que les hommes.

Cette première réunion a failli être annulée en raison du chaos et des cris entre les membres, induits par la participation des femmes. Dix des nouveaux membres ne voulaient pas des femmes à la même table de réunion. L’administration a dû intervenir pour mettre un terme aux virulentes joutes verbales.

Traduction & mise en page : Zéna GEDAY

Dernière modification : 07/01/2016

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