Presse du 9 & 10 décembre 2013

Mots clés : C.C.E.A.G. / Sommet du Koweït – Arabie / Etats-Unis - Conseil des ministres – France / Syrie – Arabie / Pologne.

Titres Généraux :

Al Watan : * Au Koweït, le sommet de la « cohésion ».

Al Hayat : * Le sommet du Koweït ajournera « l’union ».

AL Riyadh : * Le Conseil des ministres a pris connaissance de l’ordre du jour du sommet du Koweït et a pris les « mesures adéquates ».

Al Jazirah : * Le Prince héritier préside la délégation saoudienne au sommet du Koweït, aujourd’hui.

Sharq Al Awsat : * Sommet du Golfe au Koweït aujourd’hui pour renforcer la coopération.

I - INFORMATIONS PRIORITAIRES

* C.C.E.A.G. / Sommet du Koweït  : Al-hayat du 9 décembre cite le ministre yéménite des Affaires étrangères, Abou Bakr Al-Qorbi, selon lequel, lors de ses rencontres avec de hauts responsables britanniques et américains, ces derniers ont exprimé leur « grande inquiétude au vu des divisions au sein du C.C.E.A.G. à la veille du sommet du Koweït ».

Les dissensions sont apparues à l’occasion du « sommet de la sécurité régionale », organisé à Manama par l’Institut international des études stratégiques. Le ministre omanais des Affaires étrangères a lancé « une bombe » en annonçant que son pays est disposé à se retirer du C.C.G. en cas de succès des efforts en vue de former une union.

Le Prince Turki Al-Faysal a, pour sa part, réagi en indiquant qu’Oman avait le droit d’exprimer sa position mais ceci n’empêcherait pas pour autant l’union. Il a également appelé l’Iran à mettre un terme à ses ingérences dans les affaires arabes « de Bahreïn jusqu’à la Palestine ».

* Al-Hayat du 9 décembre publie la tribune hebdomadaire de Jamil Al-Ziyabi intitulée : « Pourquoi Oman a décidé de se retirer ? » Le petit Sultanat d’Oman a toujours été mystérieux et paisible, agissant avec beaucoup de flegme. Sa prise de position n’est pas surprenante d’autant qu’il l’avait déjà exprimée en 2011. Mais récemment, il s’est manifesté de plus en plus souvent, voulant marquer sa présence et son influence.

Une année durant, il a accueilli sur son sol les négociations secrètes entre Washington et Téhéran, n’informant aucun autre Etat membre, ni même le Secrétariat général, négociations s’étant conclues par l’accord de Genève. Sa colère a explosé à la veille du sommet du Golfe, refusant l’union.

« Je pense que les raisons du refus sont purement politiques, notamment la crainte de perdre sa souveraineté et d’être entraîné dans une spirale de conflits. De surcroît, Oman est lié à l’Iran par moult traités, dont un « de non-agression ». En outre, les pays du C.C.G. ont été incapables de former un organisme économique réel ».
(…) Certes, la position claire du Sultanat d’Oman force le respect. Il est important de dissiper ses craintes et de le rassurer. Les autres pays membres peuvent le faire, de la même manière qu’Oman a eu le courage d’exprimer ouvertement ses positions.

Que signifient les « trois non » exprimés par Oman à la veille du sommet ? (non à l’union, non à la devise commune et non au renforcement des forces du Bouclier de la Péninsule). Nombreuses sont les questions qui se posent mais il est faux de croire qu’Oman et d’autres pays du Golfe pourront sacrifier leurs acquis de plus de trois décennies. Le destin commun est supérieur aux menaces de retrait !

* L’éditorialiste d’Al-Riyadh, évoque dans l’édition du 9 septembre, « la crise chaude entre les pays du Golfe » et rappelle que cet organisme est le fruit d’une entente consensuelle et non d’une obligation. Cependant, bien que les trois décennies d’action commune n’aient pas mené à des résultats positifs, il n’en demeure pas moins que toutes les composantes doivent assumer le blâme. Il ne s’agit d’ailleurs pas d’une caractéristique du Golfe, mais bien d’une spécificité de tous les pays arabes, incapables de former un bloc, une fédération ou une union.

Oman a toujours été un Etat pacifiste. Toutefois, les déclarations de son ministre des Affaires étrangères ont été précipitées, bien que reflétant une position individuelle. L’union ne cible aucun Etat. Bien au contraire, son but est d’unir plusieurs Etats afin qu’ils joignent leurs actions et confirment leur rôle économique et sécuritaire. Si Oman a conscience de cette finalité, nul ne l’oblige à respecter cet accord ou à s’en retirer. La décision omanaise, si elle est maintenue, n’entraînera pas une catastrophe mais nous perdrons un pays dont le rôle et la position sont importants.

Des débats houleux auront lieu à l’occasion du prochain sommet du Koweït à ce sujet. Aucune solution ne pourra être trouvée, en raison des méthodes complaisantes qui ont prévalu tout au long des décennies passées. Ces paradoxes s’expliquent par des motifs psychologiques, sociaux et politiques, en priorité la crainte d’un dérèglement de la souveraineté nationale, entre un Etat central et d’autres qui gravitent autour. Pourtant, un tel format n’a pas pour autant constitué une entrave pour l’U.E. Quoi qu’il en soit, les problèmes peuvent être réglés par l’intelligence et la réflexion et non par l’émotivité.

* Le rédacteur en chef d’Al-Iqtissadiyah, Salman Al-Dossary, critique dans l’édition du 10 décembre, Oman qui par une simple phrase, torpille 33 ans d’action commune. Force est d’admettre que cette menace est inédite d’autant que l’union est stipulée dans les statuts du C.C.G. Il semblerait que les pays membres doivent s’attendre à de nouvelles surprises de la part de Mascate.

Oman semble prêt à sacrifier les subventions consenties par ses pairs et qui cesseront spontanément, dès le retrait, soit un montant de 7 milliards de dollars. La question qui s’impose est de savoir qu’est-ce qui motive Oman ? Force est d’admettre que les visites des responsables omanais à Téhéran sont bien plus nombreuses que celles qu’ils effectuent à Riyad ou ailleurs. Ce sont peut-être ces visites qui sont au cœur de la politique omanaise ?

Le sommet aura lieu aujourd’hui. Si Oman décide de se retirer, il est inutile d’essayer de l’allécher et de lui complaire. « Que le Sultanat se retire afin qu’il ne soit pas un obstacle pour les autres. Ce retrait serait préférable pour tous ! »

* Al-Riyadh de ce jour intitule son éditorial : « Serait-ce le sommet de la fin des complaisances affables ? » Il faut avoir le courage d’appeler les choses par leurs noms et de se poser les questions qu’il faut, notamment celle de savoir si ce conseil a les atouts nécessaires pour se transformer en union ?

Certes, certaines politiques internes sont un droit souverain propre à chaque Etat, mais au bout de 30 ans il est néanmoins légitime d’exiger des réalisations plus importantes que celles du droit à se déplacer avec la carte d’identité.

Le sommet du Koweït ne sera pas un sommet ordinaire après les déclarations d’Oman. A cela s’ajoutent les conflits latents entre les Etats membres qui risquent d’exploser à tout moment. Nous sommes donc à un tournant critique : soit, faire montre de franchise et d’ouverture, en étant positifs et en s’acceptant les uns les autres ; soit, le conseil continuera à tourner à vide.

Il faut de la volonté pour changer les notions et les concepts, or cette volonté n’existe malheureusement pas.

* Dans Okaz, Hmoud Abou Taleb rappelle qu’il ne faut pas que la décision souveraine d’Oman soit pour autant un obstacle aux ambitions du C.C.G. en vue de former une union qui sera la soupape de sécurité de l’avenir des autres pays membres. Certes, les paramètres pourraient changer, entraînant un changement de positions de certains. Quoi qu’il en soit, tout laxisme dans le respect des échéances pourrait être fatal, compte tenu des dangers qui planent.

* Arabie saoudite / Etats-Unis : Le Prince Salman a reçu avant-hier à Riyad, le Secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel, et la délégation qui l’accompagne. Ils ont évoqué les derniers développements régionaux et internationaux et la coopération bilatérale.

Hagel a tenté de rassurer les alliés des Etats-Unis dans le Golfe en confirmant que l’armée américaine restera dans la région, en dépit de l’accord conclu avec l’Iran sur le nucléaire.

* Conseil des ministres : Le Prince héritier a présidé la réunion du Conseil des ministres qui s’est tenue au Palais Al-YAmama à Riyad. Les ministres ont souhaité que le sommet du Koweït soit couronné de succès.

Les ministres ont passé en revue des rapports sur les derniers développements dans la région et dans le monde ainsi que sur les résultats de la réunion ministérielle de l’OPEP qui s’est tenue à Vienne et qui a décrété le maintien du plafond de la production actuellement en vigueur.

Le Conseil des ministres a salué la stabilité du marché pétrolier mondial, l’équilibre entre l’offre et la demande. Les prix actuels sont adéquats pour les pays producteurs et consommateurs et pour l’économie mondiale. Le Royaume continuera à surveiller l’évolution des marchés pétroliers et poursuivra la coordination avec les pays du C.C.G. et les membres de l’OPEP pour perpétuer la stabilité.

Le Conseil des ministres a condamné l’acte criminel et terroriste perpétré contre le ministère yéménite de la Défense et a présenté ses condoléances au gouvernement et au peuple yéménites et aux familles des victimes

L’Arabie a présenté également ses condoléances à l’Afrique du Sud suite au décès de Mandela qui a joué un rôle essentiel dans l’indépendance de son pays.

Les ministres ont ensuite passé en revue les activités scientifiques et culturelles en Arabie.

* France / Syrie : Le correspondant d’Al-Charq Al-Awsat à Paris, Michel Bounajem, consacre un article à la position de la France vis-à-vis de Genève-2 et relaie les déclarations du ministre des Affaires étrangères. Il cite également une source occidentale qui « craint que si les élections se déroulent sous la supervision d’Assad, il est certain qu’il en sortira victorieux, sous une forme ou une autre, en raison des fraudes, de l’intimidation et diverses autres pressions ».

La source n’exclut pas une prorogation du mandat d’Assad pour deux années supplémentaires sous prétexte que la situation en Syrie « ne permet pas » d’organiser des élections. Ceci donnera au Président une nouvelle chance de résoudre le conflit militairement. Le fond du problème, selon la source, est qu’aucune des deux parties n’est convaincue par la solution politique à ce stade, pour des raisons contradictoires. Le régime, selon son analyse, considère qu’il a dépassé le « tournant dangereux » et que sa situation tant politique que sur le terrain s’est beaucoup améliorée, suite au renforcement des milices jihadistes qui ont pris le dessus sur l’ASL. A cela s’ajoute, le ballon d’oxygène fourni par l’allié russe sur la question des armes chimiques. Il ne juge donc pas que de nouvelles concessions soient nécessaires, en particulier la renonciation au pouvoir. C’est ce que laissent entendre les déclarations des ministres syriens, celles notamment de Walid Al-Moallem.

En revanche, l’opposition divisée considère que ses positions se sont délitées sur le terrain, tant face au régime que face aux organisations jihadistes, comparativement à la situation qui prévalait il y a un an. Le soutien occidental s’est relâché et ses paris sur une frappe américaine se sont évaporés. L’enchevêtrement de ces causes et les analyses paradoxales dans ses rangs expliquent son « extrême tiédeur » vis-à-vis de Genève-2. Elle craint de subir de nouvelles pressions pour de nouvelles concessions qui la décrédibiliseraient davantage, étant déjà la partie la plus faible.

II - AUTRES INFORMATIONS

* Arabie saoudite / Pologne : Le Prince héritier Salman a reçu hier le Président polonais avec qui il a examiné les relations bilatérales et les moyens de les renforcer dans tous les domaines. Ils ont également évoqué les derniers développements dans la région.

Les entretiens ont été conclus par la signature d’un accord de coopération bilatérale dans le domaine de la défense (presse du 9/12).

Traduction & mise en page : Zéna GEDAY

Dernière modification : 10/12/2013

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