presse du 16 décembre 2015

Mots clés : Arabie / Coalition militaire islamique – Arabie / Egypte – France / Syrie / Russie – Arabie / Irak.

Titres Généraux  :

Al Watan : * 4,3 millions de soldats formeront le noyau de la coalition militaire islamique.

Al Hayat : * L’Arabie envisage l’envoi de forces spéciales du Golfe en Syrie.

Sharq Al Awsat : * Soutien international à la coalition islamique, qui envisage l’envoi de commandos en Syrie.

Okaz  : * Deux « tempêtes » arabo-musulmanes en 2015, sous commandement saoudien.

AL Riyadh  : * Le Roi Salman recommande l’augmentation des investissements saoudiens en Egypte à 8 milliards de dollars et son approvisionnement en pétrole pour les cinq prochaines années.

Al Jazirah : * Le Roi reçoit des Princes, le Mufti et des oulémas.

I - INFORMATIONS PRIORITAIRES

* Arabie saoudite / Coalition militaire islamique : (cf. RDP du 15 décembre) Lors d’une conférence de presse donnée hier à Paris, le ministre saoudien des Affaires étrangères, M. Adel Al-Jubair, a indiqué que cette coalition dont la formation a été annoncée hier par le vice-Prince héritier Mohamed bin Salman, est « sans précédent, a pour but d’aider les Etats à lutter contre le fanatisme, le terrorisme et la violence, via ses deux volets sécuritaire et militaire. L’Arabie et d’autres pays envisagent l’envoi de forces spéciales en Syrie, dans le cadre des efforts que conduisent les Etats-Unis pour lutter contre Daech. Il y a des négociations en cours actuellement entre l’Arabie, les EAU, Qatar et Bahreïn dans ce but et cela n’est pas exclu. Cette coalition n’est ni chiite ni sunnite. C’est une coalition contre le terrorisme ; l’Arabie participe à la coalition internationale et c’est l’un des Etats dont les avions contribuent à la lutte contre le terrorisme en Syrie et en Irak. Toutefois, l’entrée des forces en Irak nécessite une demande faite par le gouvernement irakien qui doit solliciter une aide.

A la question de savoir si l’Arabie avait tardé à former cette coalition, Al-Jubaïr a répondu : Non, nous n’avons pas tardé. Nous déployons divers efforts dans la lutte contre le terrorisme et l’Arabie est en tête des Etats qui coordonnent les efforts. C’est, par ailleurs, chaque Etat qui déterminera la forme de sa contribution. Il n’y a aucune restriction ou limite à la participation. La lutte contre le terrorisme nécessite un volet militaire. Le nombre des pays participant à cette coalition va augmenter. C’est une coalition bénévole et nous envisagerons une coopération avec les partenaires hors des pays musulmans, d’autant que l’Islam prohibe le meurtre des innocents. Il est possible qu’une force de frappe soit constituée au sein de cette coalition, qui interviendra en cas de besoins.

Les membres de la coalition procéderont à un échange d’informations et à l’entrainement. Ils enverront des forces, s’il le faut pour combattre les extrémistes tels que Daech et Al-Qaeda. A la question de savoir si cette initiative prévoit l’envoi de forces sur le terrain, le ministre a répondu que rien n’est exclu. Toute dépend des demandes qui nous parviendront et des besoins.

La coalition aura un bureau d’opérations à Riyad et deux volets : l’un militaire, sécuritaire et de renseignements, et l’autre idéologique. Les détails seront précisés au cours des semaines à venir.

Selon Al-Watan, citant Al-Jubaïr, cette coalition comprendra des oulémas, des politiciens et des experts pour lutter contre les idées terroristes.

A la fin de sa conférence, le ministre a rappelé que la position de l’Arabie vis-à-vis d’Assad est constante. « Le groupe de Paris s’est réuni avant-hier. Tous les efforts seront couronnés par un processus dans lequel Assad n’a aucun rôle à jouer ».

* Al-Watan évalue le nombre de militaires qui seront affiliés à cette nouvelle coalition à 4,3 millions.

* Le Haut comité des oulémas a salué la formation de cette coalition islamique de lutte antiterroriste. Dans un communiqué de presse publié hier, son secrétariat général indique que « le terrorisme est une menace pour le monde, en priorité le monde musulman, qui en est la principale victime. Il menace également les citoyens, la stabilité et la sécurité. Il sert de prétexte pour déformer l’image de l’Islam, pour porter atteinte à sa sécurité et ses intérêts vitaux et pour s’ingérer dans ses affaires. La lutte contre le terrorisme est une obligation imposée par l’Islam ». Le comité exhorte tous les pays islamiques à adhérer à cette coalition qui est un nouveau départ.

* Cette coalition annoncée par l’Arabie, a suscité des réactions islamiques, arabes et internationales de soutien. De nombreux pays ont publié des communiqués officiels apportant leur soutien à l’Arabie qui dirige cette coalition et dont le bureau des opérations militaires sera à Riyad.

Le Premier ministre turc a jugé que la solidarité est la meilleure riposte à ceux qui font l’amalgame entre Islam et terrorisme. L’Egypte apportera son soutien à tout effort de lutte antiterroriste. La ministre allemande de la Défense s’est félicitée de cette coalition. Le Premier ministre libanais a jugé qu’il s’agit d’une démarche qui profite aux intérêts des populations islamiques qui assument une responsabilité historique de lutte contre ce phénomène. La Jordanie a salué le rôle que joue l’Arabie en confirmant qu’Amman est disposée à contribuer efficacement à tout effort antiterroriste. L’OCI a apporté son soutien absolu à la coalition. Les Etats-Unis, par la voix de leur Secrétaire américain à la Défense ont indiqué : « Nous attendons d’en savoir davantage sur les détails de cette coalition, bien qu’elle soit en conformité avec les appels incessants que lancent les Etats-Unis aux pays sunnites de jouer un rôle plus important dans la lutte contre Daech ».

Quant à Al-Azhar, il a jugé que la décision de l’Arabie est une décision historique et une revendication urgente des populations musulmanes afin de faire face au terrorisme noir.

Al-Charq Al-Awsat cite des sources diplomatiques françaises qui ont jugé que la formation de cette coalition est une démarche extrêmement positive. Il existe une étroite coopération avec les Etats islamiques, dont l’Arabie et la coalition internationale de lutte contre Daech.

* Dans une tribune libre publiée dans Al-Hayat, Mohamed Al-Yami, note qu’il s’agit de la première conférence de presse donnée par le vice-Prince héritier et ministre de la Défense, consacrée à la lutte contre le terrorisme.

Le terrorisme étant lié à l’Islam il faut donc que tous les pays musulmans mobilisent leurs capacités pour révéler la véritable image de cette grande religion. Certes, cette coalition aura un volet militaire qui restera secret, ce qui est parfaitement légitime. En revanche, elle luttera idéologiquement et médiatiquement contre ce fléau. La lutte contre cette idéologie constituera une véritable prévention. Les pays membres doivent promouvoir la tolérance, la modération, le rejet de la violence, la lutte contre le fanatisme et l’extrémisme et œuvrer à protéger les jeunes contre ces idées. L’enseignement ne doit plus être une simple mémorisation, ayant démontré sa faiblesse. Il faut qu’il sache consacrer les libertés contrôlées, ne pas réfréner la créativité et mettre en exergue la beauté de la vie.

Certes, tous ces pays ne peuvent d’un coup de bâton magique, épurer la terre des terroristes et des extrémistes mais ils peuvent améliorer la vie de leurs citoyens de façon à leur permettre de ne plus combattre la vie et de l’aimer.

* L’éditorialiste d’Al-Riyad juge qu’il s’agit d’un changement historique dans la lutte contre le terrorisme, puisqu’historiquement c’est bien la première fois que 34 pays islamiques s’allient dans un pacte militaire dont le but est de lutter contre le terrorisme, fléau de la oumma musulmane et des Musulmans.

Cette coalition dispose d’une puissance militaire considérable. Outre les matériels et les équipements, elle bénéficie de capacités importantes dans le domaine des renseignements et des données.

Cette coalition est conforme aux chartes des Nations unies et de l’O.C.I. et aux chartes et lois internationales qui qualifient le terrorisme de fléau à éradiquer. Il est indispensable donc de la soutenir et d’y adhérer.

* La presse publie de nombreux commentaires louangeurs au sujet de la formation de cette coalition et fait également l’éloge du vice-Prince héritier. On relève l’insistance à faire prévaloir le caractère islamique de cette coalition à qui il incombe en priorité de défendre ses propres intérêts et non pas à l’Occident. Ils saluent le commandement de l’Arabie qui a toujours su assumer ses responsabilités vis-à-vis de ses coreligionnaires.

* Arabie saoudite / Egypte : Le Roi Salman a émis hier des directives stipulant l’augmentation des investissements saoudiens en Egypte à 8 milliards de dollars, ainsi que l’approvisionnement de l’Egypte en pétrole pour les cinq prochaines années, tout en soutenant la navigation sur le Canal de Suez, grâce aux navires saoudiens.

Cette annonce a été faite par le vice-Prince héritier et ministre de la Défense qui a co-présidé la délégation saoudienne à la deuxième réunion du conseil de coordination saoudo-égyptien qui se tient au Caire.

Le Président égyptien a reçu le vice-Prince héritier et a examiné avec lui les relations bilatérales et les moyens de les développer.

* France / Syrie / Russie : Le correspondant d’Al-Charq Al-Awsat à Paris, Michel Bounajem, cite une source française fiable qui s’exprime sur les motifs qui expliquent les « observations » américaines sur le document de Riyad, adopté par l’opposition syrienne jeudi dernier, et qui fut débattu lors de la réunion ministérielle des dix pays arabes et occidentaux à Paris.

La première critique américaine, selon la source, reproche audit document d’avoir dévié de la feuille de route adoptée à Vienne le 14 novembre dernier et d’être concrètement revenu au communiqué de Genève de l’été 2012, qui stipule d’une part, une période transitoire et d’autre part, le transfert de toutes les prérogatives exécutives au « comité du pouvoir transitoire ». Or, ces deux conditions ne figuraient plus dans le communiqué de Vienne, que le document de Riyad a pourtant repris. En outre, l’insistance de l’opposition syrienne réunie à Riyad sur le départ d’Assad avec le début de la transition, est contraire, concrètement à la position américaine « permissive » au sujet du maintien d’Assad pour « une période donnée », qui partira avec la fin de la transition. Enfin, la dernière réserve américaine concerne « l’inquiétude » de Washington vis-à-vis des organisations qu’elle juge « nébuleuses », telles que Ahrar Al-Cham, l’armée de l’Islam.

Paris estime que les positions du groupe 1+3, l’Arabie, Qatar, la Turquie et la France, ne doivent pas être nécessairement « conformes » à celles de Washington, d’autant que ces positions intransigeantes sont des positions de négociations, à savoir que l’opposition ne peut être plus souple que ce qu’elle a montré au début des négociations alors que le régime demeure intransigeant, voire refuse toute négociation et lui demande de déposer les armes avant toute chose.

S’agissant des réserves russes, la source indique que Paris est surpris par Moscou qui veut désigner la délégation de l’opposition qui négociera avec le régime et imposer des individus tels que Qadri Jamil ou Haitham Al-Mannah, lequel a refusé de participer à la réunion de Riyad.

Paris blâme la diplomatie russe qui prétextait « la division » de l’opposition et le « divorce » entre l’opposition politique et les organisations militaires pour justifier son attachement au soutien du régime et dénoncer le « vide » de l’autre côté.
Selon la source, la Russie commet une erreur : plutôt que d’entériner le document de l’opposition, elle continue à bombarder indifféremment les positions des organisations militaires qui combattent Daech et le régime.

Il existe également un autre point de divergence entre l’opposition et les orientations de Washington. La première refuse toute trêve avec le régime avant d’obtenir des garanties solides au sujet de la situation humanitaire dans les zones encerclées, la libération des détenus par le régime et l’arrêt du bombardement des zones civiles. Washington –qui affiche une souplesse que d’aucuns qualifient exagérée avec Moscou- veut une trêve, parallèlement au début des négociations, jugeant nécessaire de pousser la Russie vers ces négociations et en conséquence de lui complaire.
La logique américaine est fondée sur une « conviction » selon laquelle Moscou est désormais prête à pousser le régime à agir et à entamer les négociations. La feuille de route de Vienne prévoit six mois de négociations, suivis par la formation d’un comité gouvernant et non un comité de transition, puis l’élaboration d’une nouvelle Constitution et l’organisation d’élections 18 mois après. Le sort d’Assad est ainsi laissé à une phase ultérieure pour éviter « d’acculer » la Russie. Le problème de cette approche est qu’elle mécontente l’opposition qui réclame une vision claire.

Un autre point sensible, est celui de la classification des organisations armées, sur lequel insiste Moscou et qu’elle considère comme une condition pour le début des négociations entre le régime et l’opposition. Or, il y a en Syrie actuellement, plus de 800 organisations armées. C’est une mission difficile dont a été chargée la Jordanie. Il est éventuellement possible de se référer à la liste des Nations unies qui comporte cinq organisations, dont Daech, Al-Qaeda et Al-Nosra. C’est un dossier complexe selon Paris qu’il faut étudier soigneusement.

Kerry s’est donc rendu à Moscou avec une mission claire, à savoir convaincre les Russes de l’importance de la réunion de Riyad en dépit des réserves, d’autant que cette réunion constitue une base sur laquelle les négociations peuvent débuter.

II - AUTRES INFORMATIONS

* Arabie saoudite / Irak : L’ambassadeur d’Arabie auprès de Bagdad, Thamer Al-Sabhan, a indiqué que la mission diplomatique saoudienne débutera son travail au cours des prochaines 48 heures, avec un chargé d’affaires. L’ambassadeur prendra ses fonctions dès l’achèvement des procédures protocolaires. C’est le Roi Salman qui a recommandé l’ouverture de l’ambassade, par souci de renforcer les relations bilatérales.

Traduction & mise en page : Zéna GEDAY

Dernière modification : 16/12/2015

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